‹ Le danger hongroisChapitre 2 sur 12 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

L instinct de la domination qui est le grand obstacle à ce que la paix s établisse dans le monde est aussi développé dans le Magyar que dans le Prussien. « Ils sont remplis d’un désir farouche d opprimer les autres, et d’une cupidité effrénée », disait, en parlant des Magyars, leur allié, l’Empereur Léon U Philosophe. Or, si cet instinct, un composé d’orgueil et d’appétits matériels, semble suffisamment décelé chez l’Allemand t il est moins connu chez le Magyar, où il se manifeste sous une forme plus localisée et sous un maquillage chevaleresque, nobiliaire et imposant.

Le Germain prussianisé, c’est le futur conquérant qui, cyniquement et bruyamment, tirant orgueil de la peur qu’il inspire, s’aiguise les crocs à l’idée du festin de la victoire à venir. Le Magyar, c’est le conquérant dérangé dans sa diges~ lion et qui pleure sa Jérusalem perdue, demandant, à cor et à cris j qu on lui restitue ses Cananéens, Plethiens , Amorêens et Jésubien au dépens desquels il taisait si bon vivre. Mais, tenant à faire bonne figure dam le concert européen, il ne veut pas qu il soit dit que cela ne saurait se faire qu’au prix d’une nouvelle guerre et que ces peuples, de nouveau soumis à d’anciens maîtres se révolteraient comme ils se révoltèrent naguère ; et il demande que cette restitution sa fasse à l’amiable.

Nous avons donc en ce moment d’un côté une Allemagne qui prépare une nouvelle guerre, et de l’autre, les Magyars qui, au moyen dun chantage caractérisé refusent de se joindre aux puissances tendant à lui ban er la voie, à moins que leurs revendications ne soient préalablement satisfaites, sinon.. en attendant mieux, on continuera d’assassiner, comme on fit assassiner François-Ferdinand et Alexandre I de Yougoslavie.

’ Et ceci est le danger hongrois , en même temps que titre et sujet du présent livre .

Suite et mise au jour de mon précédent travail : Responsabilité de la Hongrie dans la guerre mondiale, il est, comme celui-ci, l’œuvre z'écue d’un homme libre de toute attache . On est à la fin de sa vie comme à la fin d J un bal masque où l’on assiste au démasquage. Ce qu’on y voit est rarement réjouissant. J’y dis donc ce que j’ai vu, et tel que je l’ai vu r sans beaucoup de façons, en homme qui ne fait. pas ■ de littérature, persuadé que la vérité vaincra et que je réussirai à confondre les docteurs qui montent encore la garde autour de son puits afin de l’empêcher d’en sortir.

R. Ch.

Paris, en novembre 1934*

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