‹ Le Danger Oxycarboné: En Temps de Paix - En Temps de GuerreChapitre 17 sur 58 · B. -— CHAUFFAGE AU CHARBON · texte numérisé non relu

B. -— CHAUFFAGE AU CHARBON

Nous ferons ici un très large appel à notre rapport sur l’'Hygiène du chauffage à Paris en 1936 (Annales des Services techniques d'hygiène de la Ville de Paris, t. XVIII 1957, en impression) en le complétant par quelques résultats particulièrement significatifs obtenus antérieurement.

Nous classons nos enquêtes d’après leur étiologie.

1. Défaut d'étanchéité des coffres à fumées. — Sur 176 cas étudiés en 1956, intéressant des coffres à fumée de cheminées individuelles, 104 prélèvements n’ont présenté aucune trace d'oxyde de carbone : dans 56, la proportion de ce gaz à été pratiquement négiigeable (1/50.006 à 1/100.000), elle est comprise entre 1/10.000 et 1/50.000 dans 6 échantillons d’air et 5 fois. entre 1/2.000 et 1/10.000.

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Signalons que nous avons observé à deux reprises l'existence de larges orifices non obstrués à l’entrée desquels l’analyse a décelé 1/3.000 et même 1/2.000 avec dans ce dernier cas, 1/7.000 dans la région simplement avoisinante, et l’on ne sait ce qui doit surprendre le plus : ou lapathie des occupants qui ne tendent pas d’obvier à une telle situation au pis-aller et provisoirement par de simples moyens de fortune, ou la négligence des propriétaires — nous osons à peine dire leur résistance — à effectuer les réparations qui s’imposent élémentairement par la simple inspection des locaux, sans qu’il soit nécessaire d’effectuer des prélèvements et de les analyser. Naturel-

lement, il n’est pas que les coffres à fumées « individuels », qui motivent des plaintes, et bien souvent, ce sont les coffres à fumées de calorifère, tant à air chaud, qu’à eau chaude ou à vapeur, que nous avons à examiner.

Mais si parfois les constatations ne prêtent à aucune hésitation, il n’en est pas de même dans la plupart des cas : En 1930 nous sommes appelés à procéder dans l'appartement occupé par M. B., Av. Low. à la vérification de l'étanchéité du conduit de fumées desservant le chauffage central et passant dans la mitoyenneté salle à manger-cuisine. Nous opérons deux prélèvements d’air par « ventousage » (nous reviendrons sur ce point ultérieurement à la rubrique « fissures > tant des régions de passage du conduit côté salle à manger que côté cuisine, l’analyse décèle 1/10.000 et 1/15.000

d'oxyde de carbone ; un troisième effectué dans la

Re ne salle à manger au voisinage du conduit, accuse 1/20.000.

Un ramonage ayant été effectué de façon à assurer un tirage efficace, de nouveaux prélèvements d’air obtenus dans les mêmes conditions ne contiennent plus aucune trace d’oxyde de carbone.

En février 1931, nouvelle enquête, nouveaux prélèvements d’air qui donnent à l’analyse 1/10.000 par ventousage, 1/40.000 dans l’atmosphère avoisinante.

Nous avons tenu à reproduire ici l’étude de cette plainte dans ses phases successives, pour souligner toute la difficulté du problème, l’influence prédominante des conditions du moment et montrer que notre rôle ne peut se borner à effectuer des échantillons d’air, à procéder à la recherche de l’oxyde de carbone et à conclure hâtivement : nous devons surtout faire une enquête approfondie, étudier les circonstances actuelles et passées, nous laisser guider par une expérience éclairée, par notre «flair», dironsnous, et faire œuvre, non de simple manœuvre, mais de chercheur intelligent et réfléchi, avant de tirer des conclusions et d'aboutir aux mesures qui s'imposent ; de même le clinicien averti étudie chez un malade l’histoire de sa maladie, fouille dans ses antécédents personnels et familiaux avant de poser un diagnostic et d’instituer une thérapeutique.

2. Défaut de tirage. — Nous avons procédé en 1936 à l’étude de 50 plaintes visant un tirage soit très

faible, soit même nul, soit encore des alternatives de

tirage et de refoulement plus ou moins marqué (1).

Dans 20 cas, l’analyse n’a pas révélé d’oxyde de carbone : ce sont le plus souvent des cheminées en non activité et l’absence de ce gaz montre qu’il n’existe pas d’intercommunication avec d’autres coffres à fumées.

30 fois, nous avons trouvé des proportions oscillant entre 1/50.000 et 1/100.000 (13 cas), 1/10.000 et 1/50.000 (9 cas) et même 1/4.000 et 1/10.000 (8 cas) où nous avons constaté des émissions de fumées.

Certains de ces derniers méritent de retenir l’atlention :

a) Au moment du rechargement, émission de fumées, oxyde de carbone 1/8.000, alors qu’une heure après la proportion descend à 1/35.000.

b) Absence d’oxyde de carbone, la cheminée étant en non activité ; l’allumage auquel il est procédé en notre présence s’accompagne de fumées et après quelques minutes nous décelons 1/5.000 aux abords de la

cheminée.

c) Le régime normal de la cheminée ne se produit que si l’on maintient la fenêtre entr’ouverte (oxyde

de carbone : 0) maïs que celle-ci soit maintenue fer-

(1) Le danger est accru par l’utilisation des poêles à combustion lente : d’ARCET a montré que 60 ©. de la chaleur produite par un poêle doivent servir à chauffer la cheminée pour assurer un bon tirage. Or, avec ces appareils, 80 % de la chaleur restent dans l’appartement. Si l’on observe en outre que la production d’oxyde de carbone est plus considérable avec ces poêles, on s’explique la fréquence des accidents occasionnés par ce procédé de chauffage dont l'usage est extrêmement répandu.

ART, joue mée, des fumées sont rabattues et on note 1/5.000.

d) Un poèle brûle avec un feu vif : oxyde de carbone : 6. Si on procède au rechargement, on obtient 1/10.009 au bout de quelques minutes, aux abords de

la cheminée.

e) Un appareil à feu continu que nous avons étudié donnait couramment 1/7.500 d’oxyde de carbone, sans qu'aucune fumée soit perceptible.

Notons qu’à Paris, l’Ordonnance de police du 27 mars 1906 prescrit pour chaque foyer domestique un conduit de fumées spécial, s’élevant dans toute la hauteur de l’immeuble et dans lequel il est formellement interdit de pratiquer des ouvertures pour y faire arriver, en provenance d’un autre étage, de la fumée, des vapeurs ou des gaz, voire même de l'air. Nous observons parfois cependant des inobservations de ces règlements sanitaires et il en résulte un tirage défectueux. C’est ainsi qu’en novembre 1925, nous avons constaté les faits suivants : un poëèle placé dans. l'antichambre, présente sa tuyauterie d'évacuation piquée dans la hotte de la cuisine, simplement obturée par une plaque de tôle : le tirage est médiocre, les. produits de la combustion s’échappent pour la plus grosse partie dans le logement et nous trouvons à Panalyse 1/2.000 d’oxyde de carbone tant dans l’anti-

chambre que dans la cuisine.

CONDUITS DE FUMÉES DITS « UNITAIRES ». — Il est ce-pendant certaines localités, notamment Lyon, Gre-

noble et Genève, où sont en usage des conduits de

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