Production d'oxyde de carbone dans diverses in
dustries. Nous nous bornerons à citer :
la métallurgie, les hauts fourneaux où la réduction
des oxydes est faite par le charbon :
{1} Cet incendie dû à l’inflammation subite des décors de frise a produit une sorte d’ «explosion muette » avec dégagement brusque d’une grande quantité d’un mélange CO + CO? — 2.000 litres par kilo de bois roux ! — 27 personnes trouvèrent la mort dans la buvette du foyer, asphyxiées par l’oxyde de carbone, en un endroit où la température n’avait pas dépassé 110 à 1200.
APR Zn O + GC— Zn + C0 Fe20: + 3C — 2 Fe + 3 CO les fours à chaux :
CO:Ca + C — Ca O + 2 CO l'industrie des sels de baryum :
SO'Ba + 4C—BaS + 4 CO la production de la soude par le procédé Leblanc :
SO'Na? +4 C — Na°’S + 4 CO
Techniques de dépistage de l’oxyde de carbone dans l’air.
Avant d'étudier ies circonstances de production d'oxyde de carbone dans la vie urbaine, nous croyons nécessaire d'indiquer les procédés mis en œuvre pour le déceler et en effectuer le dosage (détection chimiqgue).
Le problème du dépistage de l’oxyde de carbone dans l’air atmosphérique se pose très fréquemment, mais n’a pas encore reçu de solution simple absolument satisfaisante.
Nombreux sont les réactifs qui ont été proposés.
En 1891, BERTHELOT a préconisé l’emploi du nitrate d'argent ammoniacal qui est réduit et noirci par l’'oxyde de carbone. Sa sensibilité est de l’ordre du 1/4.000.
MERMET, en 1897, signale un réactif qui porte son
nom, formé de nitrate d’argent et de permanganate
de potassium qui vire du vioiet au brun, très lentement d’ailleurs (en quelques heures), dans une atmosphère renfermant 1/5.000 d'oxyde de carbone.
Armand GAUTIER, en 1898, après avoir signalé l’absence de spécificité de ces réactifs, propose le chiorure d’or.
En 1898, PorTan et DRroOUIN utilisent le chlorure de palladium que DESGREzZ et LaABAT, en 1919, emploient de la façon suivante : ils font passer l’air au moyen d’une poire de caoutchouc sur un papier imprégné d'une solution à 1 % de chlorure de palladium humide, pendu dans un flacon : le papier s’assombrit en cinq ou six minutes pour une teneur de 1/3.000 d'oxyde de carbone.
En 1920, LEGENDRE et THÉVENIN signalent un réactif aux chlorures d’or et de palladium : ils vident un tube à essai de 20 cmc. environ de capacité, plein d’eau, dans l’atmosphère suspecte, puis ils introduisent 3 cmc. du réactif et agitent énergiquement pendant quelques minutes. La limite de la sensibilité serait de l’ordre du 1/10.000.
Guasco, en 1912, se basant sur la propriété de oxyde de carbone d’être un gaz combustible, a construit un appareil appelé « Toximètre Guasco », sorte de thermomètre différentiel dont l’une des boules est entourée de petits blocs d’une substance platinée, qui s’échauffe au contact de l’oxyde de carbone et provoque l’ascension d’une colonne de liquide coloré, le long d’une réglette graduée empiriquement.
Outre que des gaz combustibles autres que l’oxyde
de carbone peuvent influencer le noir de platine, l’appareil manque de sensibilité et ne donne d'indications franchement valables qu'aux environs du 1/1.000. Ce n’est que la facilité de son mode d'emploi qui pourrait le faire préférer au grisoumètre de GRÉHANT signalé par cet auteur dès 1892, basé sur la combustibilité de l’oxyde de carbone, et qui joint à l’absence de spécificité une sensibilité pratique du même ordre.
Depuis quelques années, le Bureau des Mines des Etats-Unis construit des avertisseurs consistant en un couple thermo-électrique placé au sein d’un catalyseur d’oxydation d'oxyde de carbone, L’air suspect est aspiré au travers de ce catalyseur. En sa présence, loxyde de carbone s’oxyde en acide carbonique influençant le couple et un relais fait fonctionner une sonnerie ; mais le catalyseur utilisé, l’hopcalite (mélange d’oxyde de manganèse et de cuivre), est très altérable par lhumidité et dès lors un tel dispositif demande trop de surveillance et d’entretien.
Il existe également des détecteurs automatiques, à inscription continue, vastes appareils compliqués ne pouvant être utilisés partout. On a tendance à s’en servir de plus en plus pour vérifier la ventilation des tunnels à circulation automobile. Dans ces tunnels, on ne doit pas, en principe, admettre des concentrations pouvant être toxiques après une heure de séjour, mais il est clair cependant que le trafic étant interrompu par accident ou une cause quelconque, l’atmosphère produite par les gaz d'échappement des automobiles
à l’arrêt peut atteindre rapidement la zone critique.