D'CO CE FU = DICO EURE
qui fut utilisée par de La HARPE et REVERDIN (1889) puis par Armand GAUTIER en 1898, par NicLoux en 1898, qui dose l’iode, par KoHN-ABREST en 1919, en dosant l’acide carbonique, et à titre de vérification, l’iode.
En 1905, notre maître Albert LÉVY — sous la direc- Uüon de qui nous avons fait nos premières recherches scientifiques et à la mémoire duquel nous adressons un hommage respectueux et reconnaissant —— a mis en pratique cette réaction au laboratoire, en collaboration avec notre camarade A. PECOUL, en simplifiant quelque peu la technique de NicLoux. Nous décrirons rapidement le mode opératoire, ce procédé ayant été utilisé par nous lors de nos premières recherches :
Pair suspect est prélevé dans une poche de caout-
ExTi es
chouc, puis à laide d’un aspirateur constitué par un récipient plein d’eau que l’on fait écouler lentement, il passe successivement dans trois tubes en U, contenant le premier de la ponce sulfurique pour retenir la vapeur d’eau, le second de Ia potasse concassée destinée à absorber l'hydrogène sulfuré et l’anhydride sulfureux susceptibles d'agir sur l’anhydride iodique, le dernier l’anhydride iodique chauffé au bain-marie à 80°. L’iode mis en liberté est recueilli dans 10 cmc. de chloroforme et la teinte rose violacée obtenue est comparée à une gamme de teintes obtenues en opérant dans les mêmes conditions sur des concentrations connues d'oxyde de carbone.
Cette méthode présente une très grande sensibilité puisqu'elle décèle des traces d'oxyde de carbone de l’ordre du 1/100.000 par passage de 3 litres d'air. Elle présente le grave inconvénient de voir sa sensibilité dépendre en grande partie de la pureté de lanhydride iodique, qui doit être exempt d’acide azotique. Niccoux, en 1912, a d’ailleurs indiqué un procédé excellent de préparation de l’anhydride iodique par oxydation de jiode.
Quoi qu’il en soit, cette méthode est abandonnée actuellement et c’est le procédé au sang que nous al-
lons maintenant exposer, qui est utilisé par fous. D
Méthode au sang. — Cette méthode, indiquée dès 1877 par VOGEL, a été surtout étudiée par OGier et KOHN-ABREST, puis par FLORENTIN et VANDENBERGHE,
1921, et NicLoux, 1923, qui l’ont mise au point et per-
mis de la rendre sensible à 1/100.000 d'oxyde de carbone.
Le principe en est le suivant : par agitation au contact d’hydrosulfite de soude alcalin, l'air à analyser est privé d'oxygène, on le fait ensuite barboter à travers une solution diluée d’hémoglobine qui fixe loxyde de carbone avec production de carboxyhémoglobine, on suit au spectroscope l’apparition des deux bandes caractéristiques du spectre de celle-ci qui se produit quand elle représente 25 à 30 % de l’hémoglobine totale et on note le volume de gaz barboté correspondant.
Par ailleurs, on établit expérimentalement une courbe en portant en abscisses des dilutions connues d'oxyde de carbone et en déterminant les volumes gazeux correspondants nécessaires pour que le dédoublement de la bande unique d'absorption de Fhémoglobine apparaisse. On conçoit par suite que dans l'analyse d’un mélange gazeux, le volume barboté nécessaire une fois déterminé expérimentalement, il soit facile, grâce à cette courbe, d’en déduire la proportion d'oxyde de carbone.
Telle est la méthode que nous utilisons au Laboratoire d'Hygiène depuis 1923.
L'hémoglobine est obtenue en partant de sang de bœuf pris à l’abattoir, additionné aussitôt du 1/10 de son volume d’alcoo!l à 95° ; le sang est ainsi rendu imputrescible et peut être utilisé pendant un an et plus, loxyhémoglobine est transformée après cinq à six
semaines, en méthémoglobine. Au moment de l’em-
UT 2 ploi, on prépare la solution d’hémoglobine de la façon suivante : dans une éprouvette de 20 à 25 cmc., on introduit 18 cmc. d’eau distillée, 0 eme. 25 à 0 eme. 30 de sang alcoolisé ci-dessus et après mélange, 2 cmc. d’une dilution aqueuse au 1/50 d’ammoniaque à 22° B. additionné d’une légère pincée (60 à 70 mgr.) d’hydrosulfite de soude en poudre. On mélange et l’oxyhémoglobine (ou la méthémoglobine) est transformée immédiatement en hémoglobine.
On introduit alors celle-ci dans un tube de WINKLER à 3 spires, dont la première porte une petite cuve à faces parallèles que l’on éclaire par une source lumineuse et sur laquelle est braqué le spectroscope. Il n’y
a plus qu’à procéder au barbotage du mélange gazeux
analyser, à suivre l’apparition des deux bandes et à noter à ce moment le volume barboté.
Après avoir indiqué la méthode que nous avons utilisée, nous exposerons les résultats que nous avons obtenus. Nous puiserons largement dans nos documents personnels et dans les déterminations de nos excellents camarades MaARcCy et CASTEX, auxquels nous sommes liés par une amitié vieille d’une quarantaine d'années, cimentée par une collaboration sans cesse plus étroite.
Ces recherches, publiées régulièrement, d’abord dans les Annales de l'Observatoire Municipal de Montsouris à partir de 1903, et depuis 1913, dans les Annales des Services Techniques d'Hygiène de la Ville de Parts, ont été effectuées successivement sous la direction de nos excellents maîtres et amis Albert
M. Bouyssy 2
ne
Lévy, HENRIET, D' Miquez, D' CAMBIER (1), aujourd’hui tous disparus, et à la mémoire de qui nous adressons ici un souvenir ému et reconnaissant, elles se poursuivent depuis 1934 sous la direction du D' GIRAULD, à qui nous avons apporté notre collaboration intime, empreinte d’une cordialité qui ne s’est jamais dé-
mentie, et qui compte parmi nos plus chers amis.
(1) Notre maître regretté, le Dr Camgter, nous fit le grand honneur de nous associer à ses travaux de 1910 à 1934 — époque à laquelle il quitta le Laboratoire d'Hygiène — notamment sur l’oxyde de carbone, les conduits unitaires de fumées, la ventilation du Chemin de Fer Métropolitain, les atmosphères confinées, l’épuration des eaux d’égout par les boues activées, l’étude des antiseptiques. et nous confia au 1°r janvier 1922 la direction du Contrôle de la Désinfection Privée, service nouvellement créé au laboratoire. Il nous encouragea à entreprendre nos études de médecine et fut toujours pour nous un conseiller et un ami. Sa fin, survenue en décembre 1935, affecta douloureusement tous ceux qui ont eu l’honneur de collaborer directement avec lui, d'apprécier sa vive intelligence, sa haute probité scientifique et de bénéficier du prodigieux exemple qu’il nous donna, d’une vie toute d'honneur, de modestie et de travail.