ME
tirage et de refoulement plus où moins marqué (1).
Dans 20 cas, l’analyse n’a pas révélé d'oxyde de carbone : ce sont le plus souvent des cheminées en non activité et l’absence de ce gaz montre qu’il n’existe pas d’intercommunication avec d’autres coffres à fumées.
30 fois, nous avons trouvé des proportions oscillant entre 1/50.000 et 1/100.000 (13 cas), 1/10.000 et 1/50.000 (9 cas) et même 1/4.000 et 1/10:000 (8 cas) où nous avons constaté des émissions de fumées.
Certains de ces derniers méritent de retenir l’attention :
a) Au moment du rechargement, émission de fumées, oxyde de carbone 1/8.000, alors qu’une heure après la proportion descend à 1/35.000.
b) Absence d’oxyde de carbone, la cheminée étant en non activité ; l’allumage auquel il est procédé en notre présence s’accompagne de fumées et après quelques minutes nous décelons 1/5.000 aux abords de la
cheminée.
c) Le régime normal de la cheminée ne se produit que si l’on maintient la fenêtre entr’ouverte (oxyde
de carbone : 0) mais que celle-ci soit maintenue fer-
(1) Le danger est accru par l’utilisation des poêles à combustion lente : d'ARCET a montré que 60 %. de la chaleur produite par un poêle doivent servir à chauffer la cheminée pour assurer un bon tirage. Or, avec ces appareils, 80 %, de la chaleur restent dans l’appartement. Si l’on observe en outre que la production d’oxyde de carbone est plus considérable avec ces poêles, on s’explique la fréquence des accidents occasionnés par ce procédé de chauffage dont l'usage est extrêmement répandu.
Re ere
mée, des fumées sont rabattues et on note 1/5.000. d) Un poële brûle avec un feu vif : oxyde de carbone : 6. Si on procède au rechargement, on obtient 1/10.000 au bout de quelques minutes, aux abords de
la cheminée.
e) Un appareil à feu continu que nous avons étudié donnait couramment 1/7.500 d’oxyde de carbone, sans qu'aucune fumée soit perceptible.
Notons qu’à Paris, l’Ordonnance de police du 27 mars 1906 prescrit pour chaque foyer domestique un conduit de fumées spécial, s’élevant dans toute la hauteur de l’immeuble et dans lequel il est formellement interdit de pratiquer des ouvertures pour y faire arriver, en provenance d’un autre étage, de la fumée, des vapeurs ou des gaz, voire même de Pair. Nous observons parfois cependant des inobservations de ces règlements sanitaires et il en résulte un tirage défectueux. C’est ainsi qu’en novembre 1925, nous avons constaté les faits suivants : un poèle placé dans l’antichambre, présente sa tuyauterie d’évacuation piquée dans la hotte.de la cuisine, simplement obturée par une plaque de tôle : le tirage est médiocre, les produits de Ia combustion s’échappent pour la plus grosse partie dans le logement et nous trouvons à Panalyse 1/2.000 d’oxyde de carbone tant dans l’anti-
chambre que dans la cuisine.
CONDUITS DE FUMÉES DITS « UNITAIRES ». — Il est cependant certaines localités, notamment Lyon, Gre-
noble et Genève, où sont en usage des conduits de
OU ee
fumées dits «unitaires», et à Paris, il existe un groupe d'habitations à bon marché, rue V.-de-G., dans lequel toutes les cuisines (mais seulement celles-ci, les autres foyers étant construits conformément à lordonnance de police précitée) se trouvent desservies par 6 conduits de fumées dits «unitaires» du système « Aéros» desservant chacun les foyers de 5 cuisines superposées verticalement. Ces conduits sont constitués par un canal cylindrique unique partant du sous-sol et s’élevant verticalement jusqu’audessus du faîtage ; à chaque étage, une tubulure latérale permet l'évacuation des gaz brûlés d’un foyer. Le canal cylindrique est contenu à l’intérieur d’un canal prismatique à section carrée, formant gaîne et percé lui-même à chaque étage d’une petite ouverture servant à la ventilation du local.
L'ensemble de ces deux conduits, construits en ciment aggloméré, est surmonté d’un chapeau dont les parois latérales disposées en forme de lames de persiennes convenablement inclinées ont pour but d'activer le tirage en utilisant le vent.
Le permis d’habiter n’a d’ailleurs été délivré qu’en 1921, et une décision du Préfet de Police autorisant à titre exceptionnel une dérogation à l’ordonnance du 27 mars 1906 n’a été prise, qu'après étude par Île Laboratoire d'Hygiène et sous condition d’une surveillance qui s'exerce régulièrement chaque année. Disons que d’une façon générale nous constatons l'absence d’oxyde de carbone ou très exceptionnellement des traces de l’ordre du 1/100.000 et que le ti-
TL
rage de tous les conduits se maintient positif même en dehors de toute activité des foyers. Les conclusions favorables des premières expériences se trouvent chaque année confirmées.
Cependant ce système ne s’est pas étendu à d’autres immeubles et son extension ne nous paraît d’ailleurs
pas désirable.
3. Fissures. — Lorsque, au cours de nos enquêtes relatives à l’étanchéité des conduits de fumées, l’examen minutieux de la région de passage révèle l’existence de fissures plus ou moins profondes, nous effectuons des sondages à l’aide d’un fil de fer afin de nous rendre compte si le conduit lui-même est intéressé. Mais pour établir analytiquement les preuves de ces communications, un prélèvement d’air effectué aux abords de la région fissurée peut n’être aucunement concluant, car dans certaines circonstances et notamment quand la température du gaz circulant dans le conduit est assez élevée, le tirage peut s’établir normalement à son intérieur et l’analyse ne revéler dans ces conditions aucune trace d’oxyde de carbone.
Aussi avons-nous recours depuis 1926 à l’artifice suivant qui nous donne les plus heureux résultats : nous appliquons intimement une rondelle de caoutchouc évidée dans sa partie centrale, que nous coiffons d’un entonnoir dont la douille est mise en relation avec la poire aspirante et soufflante que nous utilisons pour effectuer nos prélèvements d’air. Ce
de système formant «ventouse » est déplacé le long de la région fissurée.
Concurremment, nous effectuons fréquemment un deuxième prélèvement d’air, sans ventouse, dans toute la zone avoisinante,
En 1936, 35 enquêtes ont porté sur des fissures intéressant des coffres de fumées dans les locaux habités.
6 fois seulement les prélèvements d’air effectués par ventouse se sont trouvés indemnes de toute présence d’oxyde de carbone, donnant ainsi la preuve que les fissures étaient superficielles.
Dans 8 cas, la proportion de ce gaz était comprise entre 1/50.000 et 1/100.000 : les fissures intéressaient bien le coffre à fumées, mais elles étaient pratiquement négligeables.
12 fois, la dose varie entre 1/10.000 et 1/50.000.
Enfin, dans 9 cas, elle oscille entre 1/3.500 et 1/10.000 et il est intéressant de comparer les résultats obtenus avec les teneurs observées dans les prélève-
ments effectués au voisinage sans ventouse :
Par ventouse Sans ventouse 4/3.500 1/65.000 1/5.000 1/75.000 1/5.000 0 1/10.000 traces 1/15.000 0 1/20.000 1/65.000 1/55.000 1/100.000
Ainsi les teneurs observées dans l’atmosphère
même de la pièce sont pratiquement négligeables,
Sd 2
tout au moins dans les conditions de nos prélèvements, car il est évident que les conditions de tirage venant à changer, les proportions pourraient se trouver considérablement augmentées.
Il est également intéressant de noter que la comparaison des résultats obtenus avec ou sans ventouse, permet de montrer l’existence de défaut d'étanchéité autre que des fissures visibles, et dont la recherche de la cause s’impose à l’homme de l’art. C’est ainsi
que nous avons enregistré :
Par ventouse Sans ventouse
1/60.000 1/65.000 1/55.000 1/80.000 Parfois même les teneurs sont inversées : 1/50.000 1/45.000 1/25.000 1/40.000
4. Siphonage. — Nous classons sous cette rubrique, toutes les plaintes visant des cheminées, en non activité, présentant un courant d’air descendant, par suite de l'appel produit par un foyer en activité existant dans une autre pièce de l’appartement.
45 enquêtes ont porté en 1936 sur de tels faits.
Nos prélèvements d’air ont lieu directement au débouché de la cheminée dans la pièce.
Dans 25 cas, absence totale d'oxyde de carbone : c'est de l'air extérieur qui est ainsi aspiré.
13 fois, l’oxyde de carbone varie entre 1/50.000 et 1/100.000 : l’air siphonné est vraisemblablement un mélange d’air extérieur et de gaz de combustion évacués par une cheminée dont la mitre placée sur le
faîte de l’immeuble est contiguë à celle de la chemi-
= Ms
née incriminée : par certaines conditions atmosphériques, vents notamment, il ÿ a partiellement siphonage d’une cheminée sur l’autre ; il suffira de surélever la mitre pour que l'inconvénient cesse. Mais parfois (7 cas) la cause est plus sérieuse : des fissures intéressent les conduits juxtaposés, dans leur traversée de l’immeuble ou parfois même de deux immeubles contigus et les proportions d'oxyde de
carbone sont plus élevées et plus constantes.
Voici les résultats enregistrés, avec comparative-
ment ceux obtenus dans l’atmosphère même de la
pièce.
Air siphonné Air de la pièce
1/8.000 (présence de fumées) 1/25.000 1/10.000 — 1/10:000 1/10.000 1/65.000 1/20.000 1/45.000 1/35.000 1/75.000 1/35.000 ne
En février 1921, nous avons été appelé à étudier un cas de siphonage particulièrement instructif sur plainte de M. D., rue C. : dans l’immeuble, les tuyaux de dégagement de divers chauffe-bains sont piqués sur un conduit unique, au mépris des règlements sanitaires : dès l’allumage du chauffe-bains de létage inférieur, il se produit un siphonage de l’appareil correspondant du plaignant provoqué par un foÿer en activité dans son appartement et on note 1/2.000 d’oxyde de carbone aux abords de cet appareil alors
M. Bouyssy 3