‹ Le Danger OxycarbonéChapitre 20 sur 56 · TES · texte numérisé non relu

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qu'avant l’allumage, l’analyse ne décelait aucune

trace de gaz.

D'une facon générale, les proportions maxima d'oxyde de carbone s’observent lorsqu'il existe des couches de charbon non incandescent, c’est-à-dire au moment de l’allumage, du rechargement et lorsqu'il

est fait usage de poèles à combustion lente.

5. Chauffe-bains. — En 1936, nous n’avons eu que 3 chauffe-bains susceptibles de retenir l'attention. Dans un seul cas, nous avons obtenu une proportion inquiétante d'oxyde de carbone, après dix minutes de fonctionnement : 1/5.000.

Mais ces appareils, qui brûlent dans un temps relativement court un fort volume de gaz d’éclairage dont la flamme est constamment refroidie par le courant d’eau qui circule, sont une cause fréquente et souvent méconnue par les intéressés, d’accidents graves et parfois même mortels.

Voici quelques proportions d'oxyde de carbone qu’il nous a été donné d’observer.

a) Février 1910 : M. J., Avenue de l’O., fut retiré évanoui de sa baignoire ; une enquête nous donna 1/3.000 après un fonctionnement de dix minutes.

b) Décembre 1921 : Un chauffe-bains installé dans des conditions de tirage très défectueux (tuyau débouchant de 0 m. 20 dans une courette de faibles dimensions) : 1/150, après dix minutes de fonctionnement.

c) En 1925, 70 % des chauffe-bains examinés: ac-

cusent une proportion notable d’oxyde de carbone après dix minutes d’allumage.

o) En septembre, rue L. : 1/1.000 (conditions défectueuses ; long tuyau dans la salle de bains, obturé en partie par de l’oxyde de fer et court dégagement extérieur).

En octobre, après que le chauffe-bains eût été rapproché de la fenêtre et que lallongement de la tuyauterie extérieure eût été effectué, le tirage se montra très satisfaisant :

oxyde de carbone : 0.

£) En novembre, rue de la $S. : 1/2.009.

d) En 1926 : 1/800.

e) En 1931 :

#) En octobre, rue S. H. : 1/1.000, alors que cette cause était complètement méconnue par le plaignant qui incriminait un fonctionnement défectueux d’un calorifère à air chaud, dont Pair soufflé par la bouche de chaleur ne contenait aucune trace d’oxyde de carbone. |

8) En novembre, rue L. : même proportion d'oxyde de carbone (1/1.000) au chauffe-bains et même absence de ce gaz dans l’air souffté par la bouche de chaleur du calorifère à air

chaud incriminé.

Nous arrêterons là cette énumération, aussi bien les dangers imputables au fonctionnement défectueux des chauffe-bains ne sont-ils plus contestés. Dans len-

semble, la défectuosité du tirage tient à ce que, con-

MAD pu

trairement aux prescriptions sanitaires qui imposent un tuyau de dégagement surélevé jusqu’au faîte de l'immeuble, trop souvent encore les dimensions de ce tuyau ne dépassent guère 0 m. 25 à 0 m. 40, dans des courettes parfois exiguës, risquant par ailleurs l’accès de l’oxyde de carbone aux étages supérieurs. Le tirage est en outre contrarié par suite d’une obturation plus ou moins marquée du tuyau par de l’oxyde de fer résultant de l’attaque des tuyaux de tôle par la vapeur d’eau qui accompagne les gaz de la combustion. Le remède paraît résider d’abord dans l’observation des prescriptions sanitaires, peut-être aussi dans la substitution aux tuyaux de tôle, de tuyaux de cuivre calorifugés de manière à éviter les déperditions thermiques qui s’opposent à un bon tirage. Mieux encore, on pourrait envisager une gaîne en poterie s’élevant jusqu’au faîtage, intérieure ou extérieure, mais individuelle pour chaque appareil. Dans l’état actuel, il semble que les chauffe-bains individuels devraient être soumis à une surveillance régulière comme les appareils à vapeur, de façon à s’assurer de leur bon fonctionnement et en attendant que toutes les salles de baïns et cabinets de toilette soient alimentés en eau chaude par les soins du calorifère de l’immeuble, on devrait tendre à remplacer les chauffes-bains et chauffe-eau alimentés au gaz par des appareils élec-

triques.

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