‹ Le Danger OxycarbonéChapitre 39 sur 56 · SC IE · texte numérisé non relu

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marquée. Plus encore à 50 %, mais si la situation reste supportable au repos, il ne lui est guère possible de se lever sans aide et à 56 % il éprouve une grande difficulté à se tenir debout et ne peut se déplacer.

Mosso a fait des expériences sur plusieurs étudiants courageux, qui ont bien voulu se prêter à respirer un mélange air plus oxyde de carbone, l’une d'elles a failli coûter la vie à SCRIBANTE dans une expérience célèbre dont les détails ont été rapportés avec précision :

«4 h. 15, SCRIBANTE entre dans la chambre barométrique de Mosso à Turin. Pulsation : 86, respiration 20 à la minute. L’oxyde de carbone est introduit de

façon à obtenir une concentration de 1/2.000 environ :

4 h. 30 : l'introduction d’oxyde de carbone est terminée.

& h. 45 : pulsation 89, respiration 19.

4 h. 50 : SCRIBANTE fait signe que la tête lui tourne.

k h. 55 : P. 96, R. 26. SCRIBANTE va à la fenêtre, compte son pouls sur la montre de Mosso et écrit le résultat.

5 h. 43 : il transporte sa chaise près de la fenêtre, sa main tremble légèrement en se prenant le pouls. ANDENINO, assistant, compte 26 respirations à la minute Mosso attend que ScRIBANTE finisse de compter les pulsa* tions, mais celui-ci tarde à donner le résultat. ANDE- NiINo avertit qu’il ne le voit plus respirer. On ouvre immédiatement la porte : ScriBANTE est immobile en position cataleptique, les muscles non rigides.

La respiration artificielle et l’inhalation d’oxygène permettent le retour rapide à la vie, en une heure sans séquelle. »

D’après Mosso, «plus les doses sont petites, plus

il faut de temps pour que l’empoisonnement soit

USE +": Qi

complet et plus il ‘est facile d'observer le sommeil ; plus lés doses sont fortes, plus il est manifeste d’observer des convulsions et les sens sont abolis violemment sans que le sommeil précède ».

HENDERSON et ses collaboräteurs n’ont ressenti aucun effet nocif du séjour de 45 minutes dans une atmosphère renfermant 1/2.500 d'oxyde de carbone.

SAYERS, MERIWERTHER et YANT, à la station expérimentale du Bureau des Mines de Pittsburg, donnent les chiffres suivants, relatifs au séjour prolongé dans des atmosphères à teneur relativement faible en oxyde de carbone :

rbedrt

de l’atmosphère

respirée Séjour Observations

1/5.000 6h. Très légers symptômes à la fin de l’expérience, non persistants.

Hb CO — 16 à 20 9.

us kb. Hh CO — 22 à 24 Y.

RE 5 h. Symptômes modérés peu persistants.

Hb CO — 26 à 27 #..

4h. Pas de symptômes, sauf à l’exercice.

4/2.500 Hb CO,15,à 4910

2/0: Hb CO.21,à:28 02.

SAYERS et YANT résument comme suit les effets de l’oxyde de carbone et nous complétons en mettant en regard de la concentration en Hb CO, la teneur en oxyde de carbone qu’il serait nécessaire de respirer pendant 1 heure 1/2 à 2 heures pour atteindre cette

saturation :

Teneur approximative de l’atmosphère Hb CO p 100 en oxyde de carbone Symptômes

0 à 10 0à1/10.000 Rien.

10 à 20 1/10.000 à 1/5.000 Légère céphalée, vasodilatation cutanée.

20 à 30 4/5.000 à 1/2.500 Céphalée, battements ‘temporaux.

30 à 40 1/2.500 à 1/1.500 Céphalée sévère, asthénie, vertiges. nausées, vomissements, tendance au collapsus.

40 à 50 1/1.500 à 1/1.000 Même symptomatologie aggravée, possibilité de syncopes et aggravation de la respiration et du pouls.

50 à 60 1/1.000 à 1/700 Collapsus, syncopes, respiration de Cheyne-Stokes,coma alternant avec convulsions.

60 à 70 1/700 à 1/500 Aggravation de la symptomatologie, pouls filiforme, bradypnée, coma.

70 à 80 1/500 à 1/300 Mort.

Il résulte de ces travaux et de l’examen des documents de LEGENDRE (réunis et classés par NicLoux) que tant que la teneur de l’air en oxyde de carbone ne dépasse pas 1/2.500, le séjour, même prolongé pendant plusieurs heures, y est possible sans inconvénients notables ; pour des teneurs entre 1/2.500 et 1/1:000 le séjour est possible pendant 50 à 60 minutes sans troubles marqués ; enfin pour des concentrations de 1/1.000 à 1/500, dès un séjour de 30 minutes on observe de Ia céphalée, de la tachycardie, de l’hyperpnée, la symptomatologie allant en s’aggravant rapidement pour des concentrations plus élevées. C’est la zone dangereuse où la saturation des 2/3 de

l’hémoglobine entraînant la mort fatale serait rapidement obtenue.

Et BarrHazarp et NicLoux sont d'avis que les troubles graves (céphalées, troubles sensoriels, modification du pouls et de la respiration) n'apparaissent que lorsque l'air respiré contient au moins 1/5.000 d'oxyde de carbone et que pour les concentrations inférieures à ce chiffre, la conception d’une anémie progressive est erronée.

Nous-MÊMES, au cours de notre carrière au Laboratoire d'Hygiène, avons-nous subordonné à l’existence de cette teneur de 1/5.000, la nécessité de prendre d'urgence les mesures nécessaires.

Est-ce à dire qu’on puisse soutenir l’inocuité des petites doses et d’une façon générale, des atmosphères renfermant moins de 1/5.000 d’oxyde de carbone ?

Nombreux sont les auteurs qui s’élèvent contre cette opinion et nous partageons cette manière de voir.

Dès 1905, ALBERT LÉVY écrivait : « Lorsque l’on ne ressent aucun malaise immédiat, par un séjour même prolongé dans une atmosphère ne renfermant que des traces d'oxyde de carbone, il se produit une anémie progressive, qui peut enlever à l'individu atteint toute résistance aux contagions microbiennes. »

KOHN-ABREST fait des réserves quant à l’inocuité des petites doses.

MorEL et MourIQUAND, à Lyon, ont signalé que des teneurs de 1/1.000 à 1/10.000 ont pu donner lieu à

des troubles cliniques, dont la nature était signée par la présence de l’oxycarbohémoglobine dans le sang d’un malade, tout au moins, dont la recherche avait pu être faite immédiatement après sa sortie de l’atmosphère incriminée. de

Le BUREAU D'HYGIÈNE DE LA VILLE DE LYON, sous Pimpuision de MOREL, admet comme limite suspecte le taux de 1/50.000.

Nous-MÈMES, au Laboratoire d'Hygiène de la Ville de Paris, tout en estimant que des traces voisines du 1/100.000 sont pratiquement négligeables, avons-nous sans cesse insisté sur la nécessité de tenter de supprimer toute présence d’oxyde de carbone, ayant constaté fréquemment l’aggravation possible d’une situation tout d’abord insuffisante pour provoquer des

troubles sérieux.

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