‹ Le Danger OxycarbonéChapitre 40 sur 56 · Etude clinique · texte numérisé non relu

Etude clinique

Comment, en effet, l’oxycarbonisme chronique peutil se traduire cliniquement ?

La multiplicité des troubles fonctionnels et leur banalité habituelle, aucun n’étant pathognomonique, font qu’il ne saurait être question que d’arguments de présomption et expliquent que nombre d’auteurs nient l’existence de l’oxycarbonisme chronique.

Nous passerons rapidement en revue les troubles

signalés par les partisans de cette affection :

— anémie Oxycarbonée : sans caractère de gravité et de toutes façons dépourvue de symptômes

M. Bouyssy 7

de l’anémie pernicieuse, caractérisée surtout par une diminution marquée de l’hémoglobine ;

— troubles respiratoires : manifestations bronchiques ;

— troubles nerveux : sphère mentale (« ivresse oxycarbonée »), système nerveux central (syndrome pallido-strié, rappelant la maladie de Parkinson); système sensitivo-moteur (névrites, paralysies, névralgies oxycarbonées) ;

— troubles digestifs : anorexie, vomissements, épigastralgie ;

— troubles généraux : lassitude, hyposthénie, somnolence suivie soit d’insomnie, soit de sommeil pénible, entrecoupé de cauchemars. Modification du caractère (irritabilité, instabilité psychique, anxiété, amnésie), dyspnée d’effort, algies (céphalées), altération du tissu cellulaire obésité fréquente ou simple empâtement, œdèmes localisés du type Quinke, œdèmes généralisés parfois, et surtout du membre inférieur, œdème blanc, mou, ne gardant qu’exception-

nellement le godet.

On a décrit comme appartenant plus particulièrement en propre à l’oxycarbonisme chronique, une série de symptômes : céphalée, vomissements, vertiges, troubles sensoriels, anémie, manifestation dyspeptiques, asthénie, névralgie, etc. qui ne prennent d'importance que du fait de leur association.

On ne saurait affirmer le rôle unique de l’oxyde de

carbone dans la genèse des divers syndromes observés, l’état antérieur intervenant sans aucun doute dans le déterminisme des troubles.

A côté des stigmates cliniques représentant des arguments de probabilité, il y a lieu d’examiner les circonstances étiologiques apportant des présomptions, mais seule peut constituer un élément de certitude la mise en évidence de l’oxyde de carbone dans l’air respiré par le malade et plus encore dans son sang, lorsqu'il est encore sous l’influence de la source oxycarbonée, car dès que le sujet est extrait de l’atmosphère incriminée depuis 10 à 20 heures environ, son sang ne renferme plus d’oxyde de carbone en quantité anormale, du fait de la réversibilité de la réaction.

Notons encore que des partisans convaincus de l’oxycarbonisme chronique, Professeur Pavior (de Lyon), JARRICOT, WEIGERT (Thèse Lyon, 1934), le font entrer dans le cadre pathogénique des états dits, avec PASTEUR VALLÉRY-RADOT, d’hypersensibilité, admettant

ainsi l’existence d’une susceptibilité individuelle.

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