ASPHYXIE AIGUË
De la pathogénie, sur laquelle nous avons longuement insisté, il est facile de déduire une thérapeutique et, a priori, nous sommes en droit d’escompter de véritables résurrections, à condition toutefois d’agir vite, les minutes comptent en effet, et c’est un traitement d'urgence qui doit être institué.
Comme dans toute intoxication, il faut amener la victime à l’air libre et la réchauffer.
Si elle n’a pas perdu entièrement connaissance, il
faut éviter tout besoin superflu d'oxygène, tout travail musculaire, donc assurer l’immobilisation.
Il faut alors déplacer l’oxyde de carbone par un excès d'oxygène. Pratiquement, on amènera celui-ci au contact du sang, dans les alvéoles pulmonaires, par inhalation d'oxygène, au moyen d’un masque à soupape, type Legendre et Nicloux, séparant à chaque mouvement respiratoire les gaz inspirés de l'oxygène inspiré.
Si l'individu est syncopal, il faut en outre pratiquer la respiration artificielle à la main (méthode Sylvester ou Schafer) ou avec un appareil spécial (Pulmotor Draeger, appareil Jean Camus-Piketty).
HENDERSON et HAGGARD ont préconisé l'emploi au lieu d'oxygène pur, d’un mélange de 95 parties d’oxygène pour 5 d’acide carbonique connu sous le nom de « carbogène ». L’élimination de l’oxyde de carbone est ainsi plus rapide du fait même de l’augmentation de la ventilation pulmonaire, due à la présence d'acide carbonique connu depuis longtemps comme un excitant des centres respiratoires.
Il existe des nécessaires à oxygénothérapie permettant l’administration de ce mélange gazeux, enfermé à lavance dans des bouteilles de fer ou préparé extemporairement.
Même chez un intoxiqué en état de mort apparente, il faut pratiquer la respiration artificielle et l’inhalation du mélange O + CO*, tant que les signes cadavériques certains ne sont pas constatés et l’on a pu
assister ainsi à de véritables résurrections.
Niccoux, NERSON, STaHL, WELL ont expérimenté Les
injections sous-cutanées d'oxygène : leur efficacité est
réelle, plus considérable qu’on aurait pu le supposer.
Mais seule la respiration de l'oxygène pur peut provoquer l'élimination rapide de l’oxyde de carbone et faire qu’en une heure par exemple celle-ci soit pra-
tiquement complète.
Autrefois, on préconisait la saignée : une telle pratique n’est plus conseillée, ni pratiquée, car elle est en contradiction flagrante avec tout ce que nous savons de lélimination de l’oxyde de carbone, réalisée si simplement par l’inhalation d'oxygène, et il importe de garder le plus de sang possible. Tout au contraire, la éransfusion du sang peut se soutenir du point de vue théorique, mais dans la pratique, elle présente
de telles difficultés qu’elle n’est pas utilisée.
En même temps que l’inhalation d'oxygène et la respiration artificielle, on pratique de la révulsion cutanée au gant de crin, et on administre des toni-
cardiaques, la cardomine de préférence.
Les résultats sont le plus souvent excellents, parfois au-dessus de toute espérance, surtout lorsque lasphyxie a été rapide et que sans arriver au coefficient d’empoisonnement mortel de 0,66, il a atteint 0,60 par exemple en peu de temps.
Le rappel à la vie est plus difficile lorsque ce taux n’est atteint que lentement en 24 heures et plus ; dans ces conditions les cellules musculaires et les cellules
du cerveau sont atteintes et, dans ces cas excepticn-
nels, une saignée peut être pratiquée de facon à combattre tn œdème aigu du poumon possible.
Disons encore qu'après la réanimation, les soins ultérieurs ont une grande importance : les intoxiqués par l’oxyde de carbone présentant facilement des complications pulmonaires, comme nous l'avons vu. Il importera donc de prendre toutes précautions : pour leur réchauffement, leur isolement, la désinfec-
tion de leurs voies respiratoires.
Tout récemment, dans une note parue dans le Bruxelles médical du 21 février 1937, LANGELEZ, Inspecteur général, Chef du Service Médical du Travail, préconise l’emploi d’injections intraveineuses de bleu de méthylène — à l’instar de la thérapeutique utilisée dans les intoxications par les cyanures — en combinant d’ailleurs avec la respiration artificielle. GEIGER (de San Francisco) recommande des injections intraveineuses de 50 cmc. d’une solution à 1 % de bleu de méthylène, dans du sérum physiologique, à répéter,
si nécessaire, 15 à 30 minutes plus tard.
OXYCARBONISME CHRONIQUE.
Avant tout, il faut soustraire l'individu au milieu suspect et le soumettre à une cure d’air.
L'école lyonnaise, qui voit dans les sujets atteints d’oxycarbonisme chronique des polysensibilisés, institue une thérapeutique désensibilisatrice, à pour-
suivre plusieurs mois, et rejetant l’autohémothérapie,
préconise des injections sous-cutanées d’hyposulfite de soude. f
À ce traitement de fond, il est recommandé d’adjoindre suivant les cas particuliers, d’autres agents thérapeutiques visant à combattre l’anémie, les troubles digestifs, les troubles du métabolisme des
graisses, etc...
: VEN | 0 \ PL : mn
) ; Ù ar ein RAP AM A Tsa tn tr LA * 1 f | 4looe se
M2 [UT ITEL 4 Ld LR #7 Lt 1n6 tue mul ét ‘Hinata
ditirstaih" ratio
+, entiers