II. — Danger oxycarboné en temps de guerrè
Actuellement, l'emploi de l’oxyde de carbone par les belligérants, sur une grande échelle, comme gaz de combat, n’est pas réalisable.
Ce n’est que d’une façon locale, accidentelle, spo-
radique que le danger oxycarboné peut se produire :
— soit du fait du combattant et pour lui-même dans les abris, casemates pour mitrailleuses, les galeries souterraines creusées au cours de la guerre de sapes, les tanks de combat, les tourelles blindées sur les navires, les avions de chasse à carlingue réduite : la protection est facile, grâce aux appareils producteurs d’oxygène, Draeger, Fenzy, notamment ;
— soit du fait de l’ennemi, par suite de l’énorme quantité d’oxyde de carbone qui accompagne la déflagration des explosifs organiques nitrés, la tolite particulièrement, utilisés pour le chargement des projectiles.
Mais lorsqu'une bombe-torpille d’aviation, par exemple, vient, par un coup au but, à exploser dans un abri ou une galerie, plus importants encore que le
danger oxycarboné sont, pour les occupants, les dom-
mages résultant de la projection des éclats de la bombe et du souffle produit.
Le véritable danger oxycarboné, aussi bien pour les troupes belligérantes que pour les populations civiles occupant dans les villes des abris souterrains aménagés en vue de la défense passive, est plutôt celui qui se produit, souvent à grande distance, à travers les fissures et ouvertures provoquées par l’ébranlement dû à la détonation de l’explosif. Quels que soient les progrès récemment accomplis dans les procédés de détection et de mesure d’oxyde de carbone, ceux-ci sont encore d’un maniement délicat et sont insuffisamment répandus, pour que les occupants soient efficacement protégés contre l’oxyde de carbone dont rien ne vient leur révéler la présence. Mais ce ne sont là que des faits isolés et, bien qu’il importe de poursuivre les recherches pour limiter le plus possible le danger oxycarboné, celui-ci, même dans les circonstances actuelles, ne saurait justifier des ap-
préhensions exagérées.
Vu : le Président de la thèse, L. TANON.
Vu : le Doyen, TIFFENEAU.
Vu et permis d'imprimer :
le Recteur de l’Académie de Paris,