I. In II Sent., Dist. xn, q. i, a 2 fCota/. ibid., a
vaux qu'il lui a consacrés ont fait décorer par l'Église du titre de Doctor Maximus. » Or, si l'autorité de saint Augustin pour l'interprétation du sens de la parole divine est proclamée ici en termes généraux, cette autorité devient bien plus prépondérante encore lorsqu'il s'agit des premiers chapitres de la Genèse, dont saint Augustin s'est préoccupé pendant toute sa vie. — Ajoutons qu'en tête des Pères orientaux, Léon XIII place Origine.
Mais un point de l'enseignement du Souverain Pontife qu'il convient de souligner, c'est que certaines interprétations des Pères et des Docteurs, sur des passages de l'Écriture touchant aux choses de la nature, peuvent dépendre simplement des opinions régnant à leur époque; auquel cas, il peut se faire que ces opinions ne se justifient plus aujourd'hui.
En faut-il conclure qu'en pareil cas, nous soyons absolument libres d'interpréter l'Écriture Sainte comme bon nous semble? Je ne le pense pas : Léon XIII lui-même ne croit-il pas devoir s'appuyer sur l'enseignement des Pères et des Docteurs, pour nous tracer la voie à suivre, quand une nouvelle difficulté d'interprétation se présente? C'est que, s'il y a lieu parfois d'abandonner une interprétation ancienne qui ne se justifie plus, les Saints Pères demeurent cependant toujours nos modèles, et c'est animés de leur esprit que nous devons aborder la solution de ces problèmes. Je dirai plus : si, sur les questions sans rapport direct avec la doctrine chrétienne, nous devons parfois abandonner l'interprétation des Pères, c'est parce que, en voulant conserver la lettre de leur enseignement, nous devrions abandonner leur esprit, qui est l'esprit traditionnel du christianisme.