TRADITION ET DE LA PHILOSOPHIE
DANS ma précédente conférence, je crois avoir établi que les objections que certains auteurs avaient cru pouvoir tirer de la Sainte Écriture contre la théorie de l'évolution, ne prouvent rien, même contre la théorie de l'évolution naturelle absolue. Rappelons, à ce propos, que nous nommons théorie de l'évolution naturelle absolue la théorie qui nie toute ifttervention spéciale de Dieu même à l'origine de la vie, et qui attribue ainsi la première origine des êtres vivants à une évolution naturelle de la matière inorganique, dont certaines portions se seraient organisées et seraient devenues vivantes par la simple action des puissances inhérentes à la matière inorganique. Rappelons aussi que cette théorie est plus radicale que celle de Darwin, puisque Darwin pose en principe que la première origine des êtres vivants est due à une intervention spéciale du Créateur, qui a inspiré la vie à une seule, ou à un petit nombre de formes piimitives. Il résulte donc de ce que nous avons exposé dans notre dernière conférence que, non seulement l'Écriture Sainte ne peut être opposée à l'évolutionnisme darwinien, mais qu'elle permet même d'aller plus loin que Darwin dans la voie de l'évolutionnisme. Toutefois ce résultat est purement négatif; et je ne pense pas que l'argument scripturistique puisse donner sur la
question qui nous occupe autre chose qu'un résultat négatif.
Par contre, l'étude de la question à la lumière de l'enseignement des Saints Pères et de la philosophie catholique peut fournir des résultats très positifs en faveur de la théorie de l'évolution naturelle. C'est ce que je me propose de vous montrer au cours de la présente conférence, où nous examinerons successivement le problème de l'évolution naturelle au regard de la tradition catholique et au regard de la philosophie catholique.
.^Comme à la conférence précédente, il reste entendu que nous réservons provisoirement la question spéciale de l'origine de l'homme.