I. Ps. XVIII (Hébr. XIX), vv. 4 et
Ce n'est pas un langage, ce ne sont pas des paroles
Dont la voix ne soit pas entendue.
Leur son parcourt toute la terre.
Leurs accents vont jusqu'aux extrémités du monde.
Ce texte ne se rapporte directement qu'au langage des deux; mais il est clair qu'il est applicable a pari à toute l'œuvre de la nature. Dans bien d'autres passages, l'Écriture Sainte nous dépeint d'ailleurs les diverses parties de l'univers comme élevant un concert de louanges vers leur Créateur. — Ailleurs elle enseigne, sous une forme plus doctrinale, que la nature nous révèle avec certitude l'existence et les perfections du Créateur, et que ceux qui ne veulent pas comprendre cet enseignement
Mais, qu'est-ce, ce que nous savons, à côté de ce que nous ne savons pas? et les progrès de la science ne servent-ils pas surtout à nous faire mieux sentir combien grande encore est notre ignorance, et combien nous sommes encore loin de connaître, dans
sont inexcusables. Nous traduisons ci-dessous deux textes de ce genre.
Le premier se rencontre au chapitre xiii du Livre de la Sagesse s
« Ils ne savent pas faire usage de leur nature (de leurs facultés naturelles), tous les hommes chez qui existe l'ignorance de Dieu (MàTat.01 ptèv yàp TràvTî; àv9po)7io'. cojgî!. oIç Tcapîjv 0£OU àyvcoaia) et qui, par les choses qu'ils voient bonnes, n'ont pas su parvenir à la connaissance de CELUI QUI EST; et qui, considérant les œuvres, n'ont pas reconnu l'artisan, mais ont cru que, soit le feu, soit le vent, soit l'air subtil, soit le circuit des astres, soit l'eau impétueuse, soit les flambeaux du ciel, sont des dieux qui gouvernent le monde. — Si, charmés de la beauté de ces choses, ils les ont crues des dieux, qu'ils sachent combien Celui qui les gouverne est plus excellent; car c'est l'auteur de la beauté qui les a formées. Ou, s'ils admirent leur puissance ou leurs effets, qu'ils comprennent de là combien est plus puissant Celui qui les a composées. Car c'est à proportion de la grandeur et de la beauté des œuvres qu'on apprécie leur auteur... Ils font des recherches exactes et détaillées sur ses œuvres, et jugent, d'après ce qu'ils observent, que le monde visible est beau. Cependant, eux non plus ne sont pas excusables. Car, s'ils ont poussé leurs connaissances jusqu'à pouvoir bien connaître le monde, comment n'ont-ils pas découvert plus tôt Celui qui le dirige. »
Le second est de saint Paul (Rom., I, 18-20) :
« Dieu révèle du haut du ciel sa colère contre l'impiété et l'injustice des hommes qui tiennent coupablement la vérité captive (tcov t7]V àXyjOstav èv àSixia xaxsxovTCOV. c'est-àdire, l'empêchent de se manifester librement à leur esprit). Car la connaissance de Dieu est clairement proposée à leur conscience. Dieu la leur ayant manifestée. En effet, par suite de la création du monde. Dieu, quoique invisible, se faisant connaître à l'intelligence par ses œuvres, est devenu perceptible, ainsi que sa puissance étemelle et sa divinité; de sorte qu'ils sont inexcusables. »
leur profondeur et leur variété, les secrets de l'art divin?
!' Et, quand même nous connaîtrions tous les secrets de la nature, quand même nous aurions scruté les merveilles de la sagesse divine qui s'y manifestent, il resterait toujours entre la sagesse qui se révèle dans les œuvres de Dieu, et la Sagesse divine telle quelle est en elle-tnème, la distance qui sépare le fini de l'infini. Car Dieu seul peut scruter les profondeurs de sa propre Sagesse, comme Dieu seul est capable de prononcer son propre nom :
Savez-vous son nom? La nature Réunit en vain ses cent voix.
L'étoile à l'étoile murmure :
Quel Dieu nos imposa nos lois ?
La vague à la vague demande :
Quel est celui qui nous gourmande?
La foudre dit à l'aquilon :
Sais-tu comment ton Dieu se nomme?
Mais les astres, la terre et l'homme Ne peuvent achever son nom ^.