‹ Le Darwinisme (volume 2)Chapitre 10 sur 65 · GÉOLOGIQUES · texte numérisé non relu

GÉOLOGIQUES

I. — Image du groupement et de la filiation des êtres organisés, d'après la théorie de sélection naturelle. — « On a quelquefois représenté les affinités des êtres de même classe sous la figure d'un grand arbre : cette comparaison est exacte. Les rameaux et les bourgeons représentent les espèces vivantes ; ceux qui ont végété et fleiœi pendant les années précédentes représentent la succession des espèces éteintes. A chaque saison de croissance, tous les rameaux se sont efforcés de se ramifier encore de tous côtés et de vaincre jusqu'à extermination les branches et rameaux voisins, de la même manière que les espèces et groupes d'espèces se sont efforcés de vaincre d'autres espèces dans la grande

batailla de la vie« Les bifurcations du tronc divisées en grosses branches, et celles-ci en branches de moins en moins grosses, ont été elles-mêmes, un jour, lorsque l'arbre était jeune, de simples bourgeons ; et cette connexion entre les bourgeons passés et présents, au moyen de branches ramifiées, représente parfaitement la classification de toutes les espèces vivantes et éteintes en groupes subordonnés à d'autres groupes. Parmi les tlômbi^ôui bout-geons qui florissaient lorsque l'arbre n'était qu'un arbuste, deux ou trois seulement, devenus maintenant de grandes branches^, ont survécu et portent aujourd'hui encore toutes les autres brancheâ; De même, parmi les espèces qui vécurent à des époques géologiques très reculées, un bien petit nombre ont encore aujourd'hui des descendants modifiés. Dès la première phase du développement de l'arbre, plusieurs des rameaux qui auraient pu devenir plus tard des bran* ches principales se sont desséchés et sont tombés ; et ces branches perdues, de grandeurs diverses^ peuvent représenter ces ordres entiers, ces familles, ces genres qui n'ont aujourd'hui aucun représentant vivant, et qui ne nous sont connus qu'à l'état fossile. De mênie que l'on voit ici et là un jet fragile et mince s'élancer d'im des nœuds inférieurs d'un arbre et arriver plein de vie jusqu'au sommet lorsque des chances heureuses ïe favorisent ; de même nous voyons de rares animaux, tels que l'ornithorhynque et le lépidosirène qui, à quelques égards, rattachent l'un à l'autre par leurs affinités deux embranchements principaux

dtf rofgatiiftationi arriver jusqu'à notre époquo» apparMitaenl tM)tt«trails aux fatalités do la concurrence par la BÎtuation protectrice de leur station» De inôme que les bourgeons en se développant donnent naissance à de nouveaux bourgeons ; et comme ceux-ci, lorsqu'ils sont vigoureux, végètent avec force et dé* passent de tous côtés beaucoup de branches plus fai« blés I ainsi^ par une suite de générations non interrompues^ il en a été du grand Arire de te vie qui remj^it le sol de la Terre des débris de ses branches mortes et rompues, et qui en couvre la surface de ses ramifications toujours nouvelles et toujours brillantesk » (Darwin.)

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