II. — Loi d'atâTiame ou de réTeraioni— Il est en
physiologie un fait très-surprenant, mais parfaitement établi c c'est la tendance qu'ont les descendants modifiés à reprendre un ou plusieurs caractères de la souche primitive. Cette tendance s'appelle Yatavùme ou loi de réversion. Toutes les races de pigeon descendent du biset {celumba livia)^ lequel a une robe d'un bleu d'ardoise, deux barres noires sur les ailes, une barre noire sur la queue, et les plumes caudales extérieures bordées de blanc vers le côté externe de leur base. Or, il arrive fréquemment que dans les variétés qui s'éloignent le plus du biset, la couleur bleu-ardoise réapparaisse ainsi que l'une des marques caractéristiques du plumage.
Les observations faites sur l'atavisme ont abouti à ces deux faits ;
4* fiacêf croisées, — Lorsqu'une race a été croisée seulement une fois ayec une autre, leur postérité mutuelle montre une tendance à revenir aux caractères de la race étrangère pendant plusieurs générations, et même, selon quelques-uns, pendant une douzaine ou une vingtaine de générations. Après douze générations la proportion du sang mêlé entre les deux lignes d'ancêtres est seulement de i à 2048; et cependant l'on admet généralement, et l'on a constaté qu'il suffit de cette goutte de sang étranger pour qu'il se manifeste encore des tendances de réversion.
2" liaces non croisées. — Au contraire, chez une race qui n'a pas été croisée, mais chez laquelle les deux parents ont perdu, par sélection ou autrement, quelque caractère possédé par un ancêtre commun, la tendance forte ou faible à reproduire le caractère perdu peut se transmettre pendant un nombre de générations presque indéfini.
De la loi de réversion, dans ses rapports avec la ihéorie de descendance modifiée par sélection, découlent deux conséquences presque contradictoires :
l'* Elle fait obstacle à la sélection puisqu'elle tend à détruire les effets des variations progressives en ramenant chez les descendants les caractères primitifs du progéniteur commun.
2® Elle est une preuve de la vérité de la théorie de sélection puisque, en ramenant les caractères primitifs du progéniteur commun, elle prouve ainsi que malgré leur diversité et leurs dissemblances le»
espèces descendent d'une souche commune. Exemple : le zèbre a des raies sur le corps et les jambes ; le couagga seulement sur le corps ; Tâne a la zébniro scapulaire, souvent aussi des raies transversales sur les jambes. Les chevaux, en Europe, surtout les poulains, ont généralement la raie dorsale ; quelques-uns ont deux et même trois raies parallèles sur chaque épaule. Au nord-ouest de l'Inde, la race des chevaux kattywar a toujours la raie dorsale ; la raie scapulaire est très-commune et quelquefois double ou môme triple. En présence de cette réapparition fréquente d'un caractère identique, la loi de réversion permet de conclure à un progéniteur commun d'où seraient issues deux familles. La première comprendrait le zèbre et le couagga, dont le pelage rayé indiquerait des croisements moins nombreux ; la seconde, plus déviée du prototype, serait composée de l'hémione, de l'âne et du cheval, chez qui, dans des circonstances favorables mais inconnues pour nous, réapparaîtrait la rayure caractéristique de leur commune origine.
lU. — Théories géologiques et théories de Torigine des espèces. — Deux doctrines géologiques sont en présence pour expliquer les changements subis par le globe terrestre :
l** Celle des catastrophes subites et universelles, exposée parCuvier;
2° Celle de l'action lente des causes actuelles, soutenue par sir Charles Lyell.
§ 1". CATASTROPHES SUBITES. — La théorie des ca-
tâstrophes explique les changements survenus à la surface terrestre par des soulèvements et des affaissements subits, universels, qui chaque fois ont détruit • tous les êtres contemporains. De sorte que, à chaque révolution, Dieu était obligé de recommencer son œuvre, selon l'expression sarcastique d'Etienne Geoffroy-Saint-Hilaire, et de fabriquer des espèces nouvelles, pour peupler un globe soudainement bouleversé. A cette théorie, nul besoin d'une longue durée; aussi afflrme-t-elle que la dernière catastrophe est de date relativement récente.
Fixité des espèces. — A cette doctrine géologique correspond la théorie de la fixité des espèces, et par conséquent la singularité de leur origine. Puisque à chaque révolution toutes les espèces étaient détruites, il résulte que les espèces suivantes, créées de toutes pièces, dérivent chacune d'une souche particulière. D'autre part, comme la dernière révolution est, par hypothèse ) relativement récente, les espèces n'ont pu varier, parce qu'elles n'en ont pas eu le temps. Pour ces deux raisons, les espèces sont fixes et descendent chacune d'un progéniteur distinct. Ce qui caractérise ce système, c'est l'intervention multipliée d'u Créateur qui, à la manière du dieu de Platon, modèle les êtres d'après un type idéal, et perfectionne ses œuvres à chaque nouvelle édition.
§ 2. ACTION LENTE DES CAUSES ACTUELLES. — D'après
la théorie des causes actuelles, aujourd'hui communément adoptée, les changements survenus dans les temps préhistoriques ont été l'œuvre des mêmes
causes lentes et multiples qui aujourd'hui, sous nos yeux, modifient la surface de la terre. Que ces causes aient agi à certains moments avec plus d'énergie, c'est vraisemblable ; mais ce sont elles, eUes seules, qui ont agi en modifiant l'ccorce terrestre à la longue et graduellement, si bien qu'entre les époques antérieures et l'époque moderne il n'y a jamais eu de solution de continuité, A l'action des causes actuelles, une seule condition suffît, celle d'un nombre immense d'années. Cette théorie a l'avantage, non^seulemeni de supprimer le merveilleux, mais encore d'expliquer /'in^^iw du passé p^r le otMiti du présent : ce qui e$t h vraie iQéthodp scipptifique,
VwrMilité i$$ eMpècet* — I^ théorie 4e sélection •splique l'origiae û^ e^ièces p^r la divergence des earactèree, au moyen de vgriatiops continues* Une couditioa lui est nécessaire : nm lougup ^rie de ttèfiles* Elle a cet avantage d'expliquer des t^\U uu^ tuMls par des causes neturelles, eu éparUiut tout^ spéculation théûlogique, cette peste de I4 i»cienc(3. Car la science n'est pa^ autre chose que l'éliiiiin^tion du surnaturel dans rexpUcation dee choses fu^tur^H^^i