QUATRE LIGNES DE DESCENDANCE ISSUES D UN PROGÉNITEUR COMMUN
Epoque
actuelle
Hyæna
maculata
d’Afrique
Hyæna lusca Hyæna d’Afrique striata du sud ; de l’Asie
et du nord de l’Afrique
Quaternaire
Hyæna maculata de San Teodoro (Sicile)
Hyæna
spelæa
de
Kirkdale
Hyæna
prisca
de Lunel-Viel
Plcistocène
Pliocène
Hyæna Hyæna brevirostris intermedia de Sainzelles de Sainzelles
Hyæna
Perrieri
Hyæna
arvernensis
Miocène
supérieur
Hyæna eximia de Pikermi
Hyænictis græca de Pikermi
Explication du tableau. — Dans le terrain miocène supérieur, le hyœnictis grœca donne naissance à. Yhyœna eximia.
De Yhyœna eximia sortent quatre lignes de descendance, dont trois seulement sont parvenues jusqu’à nous. Celle qui porte le n° 2 s’est éteinte probablement dans le terrain pleistocène. Le dernier représentant de cette espèce est Yhyœna brevirostris de Sainzelles.
La branche n° 1 a une grande lacune dans le terrain pleistocène, par suite d'insuffisance dans les documents géologiques. Entre le hyœna perrieri du terrain pliocène et le hyœna spelœa du terrain quaternaire, il manque des intermédiaires pour relier étroitement ces deux types. D'après la théorie de Darwin, on doit trouver ces intermédiaires dans le terrain pleistocène. C'est ce que l'avenir et le bonheur de nouvelles découvertes feront connaître.
Pour la branche n° 3, lacunes dans les terrains quaternaire et pliocène.
Pour la branche n° 4, lacunes dans le terrain pleistocène.
Comme on le voit, les plus grandes difficultés pour la vérification expérimentale de la théorie de descendance modifiée proviennent de l'insuffisance des documents géologiques.
A l’aide des connaissances acquises et des découvertes faites jusqu’ici, M. Albert Gaudry a dressé des tableaux analogues, d’après la théorie de descendance modifiée, pour les éléphants et mastodontes, pour
les rhinocéros, pour les chevaux et hipparions. C’est le résumé le plus clair et le plus instructif do l’état présent de la science sur ccs matières zoologiques.
Conclusion de Darwin. — Jusqu’où la théorie de sélection peut-elle s’étendre ? La question est difficile à résoudre... toutefois je ne puis douter que la théorie de descendance ne comprenne tous les membres d’une meme classe (embranchement). Je pense que tout le règne animal est descendu de quatre ou cinq types primitifs tout au plus, et le règne végétal d’un nombre égal ou moindre. L’analogie me conduirait meme un peu plus loin, c’est-à-dire à la croyance que tous les animaux et toutes les plantes descendent d'un seul prototype, mais l’analogie peut être un guide trompeur.
Quel intérêt ne trouve-t-on pas à contempler un rivage luxuriant, couvert de nombreuses plantes appartenant à de nombreuses especes, avec des oiseaux chantant dans les buissons, des insectes variés voltigeant à l’entour, des lombrics rampant à travers le sol humide, si l’on songe en même temps que toutes ces formes élaborées avec tant de soin, de patience, d’habileté, et dépendantes les unes des autres par une série de rapports si compliqués, ont toutes été produites par des lois qui agissent continuellement autour de nous LC’est la loi de croissance et de reproduction, la loi d’hérédité, la loi de variabilité sous l’action directe ou indirecte des conditions extérieures delà vie et de l’usage ou du défaut d’exercice
des organes ; e’cst la loi de multiplication des espèces en raison géométrique, qui a pour conséquence la concurrence vitale et la sélection naturelle, d’où suivent la divergence des caractères et l’extinction des formes inférieures.
C’est ainsi que de la guerre naturelle, de la famine et de la mort résulte directement l’effet le plus admirable que nous puissions concevoir : la formation lente des êtres supérieurs. Il y a de la grandeur dans une telle manière d’envisager la vio et ses diverses puissances, lesquelles animent à l’origine quelques formes ou une forme unique sous un souffle du Créateur. Et tandis que notre planète a continué de décrire ses cycles perpétuels d’après les lois fixes de la gravitation, ces quelques formes se sont développées innombrables, et, déplus en plus belles, déplus en plus merveilleuses, se développeront par une évolution sans fin.