‹ Le DarwinismeChapitre 25 sur 42 · HT · texte numérisé non relu

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substantif species (ce qu’on voit),, les espèces.! Plus tard, le mot latin species, espèces; a ipris: ta sens de objets de mobilier, objets utiles; puis enfin, i ta sens d e> aromates, \ les objets utiles. à, la santé. Du mot latin species est né le français espèces f lequel;! entre» au*-' très acceptions, a celle d'aromates médicinaux (espècesamères, espèces anthelmintiques.) En Italie, l’apothicaires qui vend ces -espèces, s’appelle spezkde; sa.boutique est une spezieria < Le mot français épices, fils'im-> médiat de species et, par conséquent, frère de espèces , a toujours signifié les ^ aromates, poivre, gingembre; cannelle, etc. Celui qui vend ces aromates est ['épicier. C’est ainsi que V épicier i rameau français, se rattache à l’arbre sanscrit spas par l'embranchement i la tin (species, specio s spéculum).

C. Évêque. Le radical spec est devenu en grec scep par l’interversion fréquente d'une deüfcren Ainsi, en français, au lieu de 'dire sang aller (du. latiiiui singultai'e), nous disons sangloter. Ainsi, en espagnol J au lieu de dire crocodilo (du latin crocodilus), on dit cocodrilo.

Du grec scep to mai, voir, examiner, dérivent scopos et son composé épi-scopos,\ celui qui, examine ou inspecte. Le christianisme, en passant des Grecs del’Asie Mineure aux Latins de Rome, a 'donné au mot grec une terminaison latine* épi&copus. L’accent tonique était sur l’iy c’est-à-dire que la, voix appuyait fortement sur pisc , et glissait légèrement sur les deux dernières syllabes . En passant par la bouche barbare des Francs,

épiscopus , en vertu des lois de contraction syllabique régies par l’accent tonique, est devenu épisc.

Le changement du p en v est une règle générale du latin passant en français. Exemples : rapa , rave; recipere, recevoir; sapere , savoir; aprilis, avril, etc. On a donc èvisc.

Le changement de Vi en e était en usage dans la classe populaire à Rome. Exemple : aresta , pour arista; vertus , pour virtus ; mettere, pourmittere, etc. C’est de cette forme populaire que sont venus en français arête , vertu, mettre, etc. On a donc évesc , orthographe de la langue d’oc, où évesque, orthographe de la langue d’oui. Avec la contraction normale de l’a, on a finalement évêque . — Le mot initial se retrouve dans la dignité d’évêque, V épiscopat, et dans le palais qu’habite l’évêque, le palais épiscopal.

Voilà comment la chaîne des affinités rétablie par les linguistes a montré que le sang du même père coulait dans les veines de l’espion, de l’évêque et de l’épicier.

Deuxième exemple tiré du latin : Dans l’exemple précédent nous sommes partis de la souche pour descendre au rameau terminal ; ici, nous suivrons la méthode inverse : nous partirons du rameau pour remonter à la souche.

Jour, journée, étaient autre fois jor et j ornée, lesquels dérivaient de jornus bas latin pour djurnus ou diurnus (italien giorno , qu’on prononce djorno ). Diurnus est l’adjectif de dies; donc jour vient dédiés.

Troisième exemple tiré du latin : Celui-ci est d’une étrangeté qui fait inpression : Je vient du latin Ego.

Au neuvième siècle, Ego est devenu eo par la suppression fréquente du g. Exemples : Li(g)o, je lie; Ne (g) o , je nie; Ni (g) ella, la nielle, etc.

Au dixième siècle, eo est devenu io par le changement fréquent de Ve en i. Exemples : neo, je nie; sex , six; cera, [cire, etc. Nous avons vu dans le premier exemple que le changement de Ti en e était non moins fréquent : cela prouve que ces deux lettres étaient regardées à peu près comme équivalentes. Les mœurs locales ont décidé de l’emploi prédominant de l’une ou de l’autre.

Au douzième siècle io est devenu jo par le changement régulier de l’i en j. Exemples : Dibionem , Dibjonem, Dijon; Gobionem, gobjonem , goujon; Ra biem, rabjem , rage; Diluvium , diluvjum , déluge, etc.

A partir du treizième siècle jo est devenu je par une modification de son facile à comprendre.

Le naturaliste qui nie la communauté d’origine de l’éléphant el du mastodonte, quoique les membres de ces animaux soient presque semblables et que les découvertes modernes aient intercalé entre eux plus de vingt-six espèces, doit être singulièrement étonné de la hardiesse du philologue. Quoi! Je serait le petitfils da ego! Ils n’ont pas une lettre commune. — Qu'importe ! grâce à la chaîne serrée des transformations nulle filiation n’est plus certaine. On pourrait appliquer textuellement à ces deux mois ce que Dar-

win dit de quelques espèces naturelles: «Il y a des crustacés aux deux extrémités de la série qui ont à peine un caractère commun ; et cependant les espèces les plus extrêmes des deux bouts de la chaîne étant évidemment alliées à celles qui leur sont voi-r sines, celle.-ci encore à d’autres et ainsi de suite, toutes sont aisément reconnues comme appartenant, sans doute possible, à cette classe particulière des Articulés et non aux autres. »

Conclus ion. — A toutes ces similitudes, à ces analogies, vient se joindre une dernière analogie, une dernière similitude : la manière dont se présente le problème de l’origine. Les Langues dérivent-elles d’une ou de plusieurs Langues ? Les Espèces sontelles issues d’un ou de. plusieurs couples ? C’est ce que l’on ne sait pas, ce que l’on ne saura jamais. 11 en est dé, toute origine comme de tout idéal: chaque effort rapproche de lui sans qu’on puisse jamais l'atteindre. La science par ses découvertes graduelles restreindra le nombre des espèces génératrices, comme la philologie et la linguistique celui des langues mères; mais l’unité primordiale fuira sans cesse devant elles. Elles la concevront, cette unité, comme le type suprême; elles l’établiront comme le couronnement de leurs démonstrations; mais impuissantes à en prouver expérimentalement l'existence, elles ne pourront pas s’écrier : L’Unité est une réalité! Elles diront seulement : C’est un idéal ! Et la certitude de leurs inductions n’en sera pas ébranlée ; car, fondées

sur les faits et l’observation exacte, d-es choses, elles peuvent braver les colères mystiques ouïes critiques attardées. Fortes, invincibles., comme la Vérité, elles attendent avec sécurité le jugqmeut de, l’incorruptible avenir.

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