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IV. Les coüches géologiques intermédiaires doivent

CONTENIR DES ESPÈCES INTERMÉDIAIRES. — Puisque la

divergence des caractères s’opère par gradation, il s’ensuit qu’étant donné deux types extrêmes séparés par plusieurs couches géologiques, on doit retrouver dans les couches intermédiaires les représentants organiques qui lient, comme par une suite continue d’anneaux, les deux extrémités de la chaîne spécifique. De là pour le géologue une sorte de méthode très utile dans les déterminations qu’il est appelé à faire. Elle lui permet, en effet, d’estimer relativement l’âge des terrains par l’inspection des différences qui séparent les types d’une même espèce, et réciproquement de prévoir les différences mêmes des types que peuvent recéler les terrains intermédiaires.

1° Si une espèce moderne est identique à une espèce ancienne, on en conclut que celte espèce par-

venue à nous doit se trouver sans modification dans chaque couche géologique. Par exemple, les lingules de l’époque silurienne, existant aujourd’hui dans nos mers, se retrouvent sans variations dans les périodes géologiques intermédiaires.

2“ Si une espèce, origine de plusieurs autres, a péri, elle aura d’autant plus de ressemblances avec ses descendants, et ces derniers entre eux, que les couches géologiques seront plus voisines. Cette conséquence se vérifie à chaque découverte faite en paléontologie aussi bien pour les animaux que pour les coquillages. C’est ainsi que les cératites, mollusques voisins des ammonites, peuplaient le Trias, tandis que les ammonites ont habité le terrain immédiatement supérieur, c’est-à-dire le terrain jurassique.

5° &i d’un tronc commun plusieurs branches sont sorties, qui à leur tour seront ramifiées, il en résulte que les caractères distinctifs iront en divergeant d’autant moins que Les rameaux se rapprochent de plus en plus de leur commune origine. Les périodes géologiques doivent donner et ont donné dans ces deux ordres, au fur et à mesure que l’on remonte la série, des espèces participant davantage à des caractères communs. C’est ainsi que s’est comblée la lacune immense qui existait entre le cochon et le chameau.

V. Dans une contrée isolée, les espèces actuelles doivent descendre des especes fossiles. — Si les espèces proviennent de variations accumulées par sélection,

la conséquence est que les fossiles doivent être les ancêtres des races existantes. Cette prévision est confirmée par des faits nombreux, L'Australie est la grande patrie des marsupiaux. Or, les mammifères fossiles qu’on trouve dans les cavernes australiennes sont des fossiles étroitement alliés à ceux qui vivent aujourd'hui- On sait à quel point les édentés carae^ térisent la faune moderne du Brésil ; ce pays est la patrie des paresseux, des tatous, des fourmiliers. Or c’est aussi dans ce pays qu'on a trouvé les genres éteints si extraordinaires qui tous appartiennent à ce même ofd,re d,es édentés : le mégatdiérium, le myfor, don, le mégalonix, le glypfodpn et plusieurs, autres. L’illustre Ovven a montré que celle foi de sue, cession des types s’appliquait aussi aqx oiseaux gigantesques de la Nouvelle-Zélande. Il a même étendu la généralL sation aux mammifères du vieux monde. C’est là, en effet, qu’on trouve les éléphants, les singes, les lions, etc. ; et si quelques-uns (te ces fossiles ont été découverts dans l’Amérique du Nord, c’est que ces animaux avaient réussi à pénétrer dans l’Amérique par le détroit de Behring alors qu’une élévation de terrain reliait le confinent américain à l’Europe. Cette parenté entre les types fossiles et les espèces présentes, dans fos contrées où l'émigration était difo ficifo ou même impossible, est à la fois une conséTquence et une preuve de la théopie de Darwin.

DEUXIÈME série : Philosophie zoologique.

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