ET DE LA CAPACITÉ VITALE
Quelle sera donc en clinique la valeur diagnostique, pronostique et thérapeutique que le phtisiologue devra attribuer aux mesures du débit respiratoire maximum et de la capacité vitale ?
A) Valeur Diagnostique
1° Dégrr CHER. RARES MAXIMUM
En premier lieu, étant donné le parallélisme certain existant entre l’apparition d’une poussée évolutive au cours de la tuberculose pulmonaire et la chute du
débit, il y a lieu de penser que celle-ci pourra fournir un élément de plus à l’appui du diagnostic d’évolution. Il est à remarquer en phtisiologie journalière, que le praticien n’attache pas une importance suffisante à la notion capitale d’évolution, peut-être à cause de la difficulté qu’il y a souvent de l’étabhir. L'appareil de Pecx lui sera en l’occurence un aide précieux : il pourra surtout lui confirmer l’évolution des lésions de son malade dans le cas fréquent où le tableau clinique n’en sera pas au complet ; il arrive en effet, que certains signes stéthoscopiques, fonctionnels ou généraux, n’apparaissent pas nettement ou restent stationnaires, malgré l’évolution de la maladie. Parfois aussi, certaines poussées latentes pourront être dépistées grâce à un abaissement constaté du débit. De même l’accroissement du débit à la
fin des poussées évolutives, contribuera à renseigner et à assurer le praticien des réactions humorales de l’organisme et fonctionnelles des poumons de son malade.
Il va sans dire néanmoins que dans les cas d’évolution cliniquement typique de lésions bacillaires, la connaissance des variations du débit n’aura qu’un intérêt pratique secondaire.
Dans les tuberculoses pulmonaires fibreuses, de même que dans la phtisie commune, l’abaissement assez brusque du débit respiratoire sera en rapport avec la survenue d’un épisode aigu, en l’espèce d’une poussée de broncho-alvéolite ou de congestion pulmonaire.
Dans le diagnostic des formes bacillaires, comme
d’ailleurs en général dans celui des affections pulmonaires tuberculeuses avec celles d’autre nature, l’utilté de l’étude des modifications du débit a peu d’importance ; la clinique seule permet le diagnostic différentiel.
À propos de la valeur diagnostique des mesures de débit, nous croyons devoir insister sur ce fait, contenu implicitement dans l’esprit de ce travail: que, seules, les variations du débit ont une valeur par elles-mêmes ; en d’autres termes, qu’un chiffre de débit n’a aucune valeur absolue, mais simplement une valeur relative à d’autres chiffres précédemment notés. Tout dépend en effet du chiffre initial à partir duquel les variations se sont effectuées dans l’un ou l’autre sens : pour un épisode évolutif en cours de l’affection, il dépend du cours antérieur de la maladie ; pour une poussée initiale, il est représenté par le chiffre de débit respiratoire physiologique, qui varie suivant la taille, le volume de la cage thoracique des sujets. PECH n’est pas de cet avis ; pourtant, il fixe une moyenne de débit physiologique, reconnaissant par là, que, suivant les individus, le débit normal peut être supérieur ou inférieur au chiffre de 3 1. 500. Nous pensons que le praticien ne doit pas se laisser influencer par cette moyenne devant servir de point de repère dans les variations du débit. Nous rappelons à l’appui de notre opinion, que sur les cinquante-deux malades que nous avons observés, quatorze, du fait de l’insuffisante graduation du manomètre dont nous nous sommes longtemps servi, ont échappés à notre observation. Parmi ces
be
malades, sépt d’entre eux, jeunes, de taille moyenne et au-dessus, de musculature encore bien conservée, s'étant antérieurement livrés aux sports et aux exercices physiques, avaient un débit qui n’est jamais descendu au-dessous de 2 litres, malgré la sévérité de l’évolution des lésions tuberculeuses dont ils étaient porteurs ; l’un d’entre eux notamment, était atteint de tuberculose pneumonique caséifiante, étendue à tout le lobe supérieur d’un poumon et a dû être traité par le pneumothorax artificiel.
Enfin, au point de vue de leur valeur diagnostique en phtisiologie courante, les mesures du débit respiratoire gagneraient énormément à être prises avec beaucoup de précision. Dans ce but, il y aurait d’abord à modifier le masque monométrique de PECH, car la lecture des chiffres des débits reste difficile malgré l’entraînement que l’on peut acquérir à la pratique répétée de cet exereice. En effet, l’are que parcourt la pointe de l’aiguille est relativement court, et, bien que chaque litre soit divisé par quatre traits délimitant entre eux le débit de 0 1. 250, il n’est pas facile, étant donnée en plus la mobilité de l’aiguille, d'évaluer immédiatement et exactement les fractions de litre-seconde. D’autre part, il ne serait pas superflu, croyons-nous, d’exercer une bonne fois le malade en traitement dans un service hospitalier à donner dès les deux ou trois premiers mouvements respiratoires, son débit maximum. Si l’on se contente de lui dire au préalable « de respirer dans le masque aussi vite et aussi fort qu’il le peut $, il arrive souvent, lors des premières mesures, qu’il ne se rend pas très
bien compte de ce qu’on réclame de lui : on lit au manomètre des débits Sensiblement inégaux, supérieurs Où inférieurs en inspiration ou en expiration, ou Imégaux dans leur ensemble ; on est alors obligé de le faire respirer parfois huit, dix fois de suite dans le masque, pour calculer une moyenne approximative des débits qu’il a successivement atteints ; alors il se fatigue à ces efforts respiratoires répétés et marque des débits de plus en plus faibles ; de ce fait, la moyenne des débits, qu’on a calculée déjà approximativement, a toujours tendance à être nntée inférieure à son chiffre véritable. Enfin, nous avons remarqué que nombreux sont les tuberculeux, préalablement instruits des efforts respiratoires qu’ils doivent accomplir dans le masque, qui, avant d’inserire au manomètre leur plus haut débit, ont à vaincre une sorte d’appréhension inconsciente à donner un surcroît de travail à leurs poumons qu’ils savent malades. Il faut donc se garder chez les pusillanismes d'interpréter, en l’absence d’une amélioration des signes cliniques, dans le sens d’un relèvement de leur état, une augmentation de leur débit que l’on aura pu constater aux premières mesures.
2° CAPACITÉ VITALE Üne diminution assez rapide de la capacité vitale au cours d’une tuberculose pulmonaire fibro-caséeuse commune devra comme la diminution du débit respiratoire, et surtout si ces deux mesures donnent des chiffres simultanément abaissés, faire rechercher une poussée évolutive. De même, le retour progressif de
la capacité vitale à son chiffre antérieur à la poussée, indiquera la fin de celle-ci, puis le début de la phase ‘de rémission interéalaire. . |
Rappelons que la capacité vitale souligne par sa diminution l’apparition d’une broncho-alvéolite intercurrente, au cours d’une bacillose fibreuse avec emphysème. Enfin, au cours d’un pneumothorax artificiel, un abaissement brusquement accusé de la capacité vitale fera songer à un épanchement pleural intercurrent, dont on pourra vérifier la présence à la radioscopie.
De même qu’à propos du débit respiratoire, nous ajoutons qu’il ne faut pas oublier que les chiffres de capacité vitale n’ont pas de valeur absolue et que la capacité physiologique varie suivant la taille des sujets, la morphologie et le volume de leur cage thoraeique, somme l’ont bien montré Pescner et Hass- LER.
B) Valeur Pronostique
Ni l’étude du débit respiratoire, ni celle de la capacité vitale ne peuvent nous fixer, pas plus qu'aucun procédé séméiologique isolé, sur le pronostic général, c’est-à-dire sur la gravité même d’un cas de tuberculose pulmonaire considéré.
L'un et l’autre procédés, mais surtout l’étude du débit respiratoire maximum, nous fixent cependant, nous l’avons vu, sur l’acuité de la poussée évolutive et, partant, sur sa gravité. Et lorsque la poussée observée est, par sa gravité, toute la maladie, la chute
du débit respiratoire devient davantage encore un élément essentiel dans l’appréciation de la gravité de la tuberculose considérée. I1 en est de même de l’étude de la capacité vitale, qui en plus est capable de nous indiquer secondairement l'étendue des lésions.
C’est ainsi, au surplus, qu’une diminution marquée et continue du débit resfiratoire, comme de la capacité vitale peuvent au cours d’une phtisie commune, faire pressentir une issue fatale plus ou moins pro-
chaine.
C) Valeur Thérapeutique
Débit respiratoire maximum et capacité vitale peuvent-ils servir de guide pour la pratique du pneumothorax thérapeutique ?
L’accroissement du débit respiratoire et la réduetion de la capacité vitale sont de nature (en dehors par exemple d’examens radioscopiques possibles) à fixer le phtisiothérapeute sur la progression du collapsus pulmonaire au cours de la constitution d’un « Forlanini ».
Durant l’entretien du pneumothorax, une augmeniation du chiffre de la capacité vitale sur le chiffre précédemment constaté avant la dernière insufflation deviendra également l’indication d’une nouvelle insufflation nécessaire. Cette dernière indication paraîtra toutefois moins nette à une période suffisamment éloignée de la constitution du pneumothorax, c’est-à-dire à partir du moment où s’opérera de
taçon nette l’expansion thoracique secondaire, que l’on pourra apprécier en mesurant le périmètre thoracique du malade. L’ascension de la capacité perdra dans la suite sa valeur thérapeutique antérieure,