DEBIT RESPIRATOIRE MAXIMUM ET CAPACITÉ VITALE PATHOLOGIQUES
(But de notre Etude - Notre Instrumentation) (Technique de notre Observation)
Un certain nombre d’auteurs ont étudié les modifications de la capacité vitale dans les affections de l’appareil respiratoire, mais ils n’ont pas réussi à faire admettre en clinique cette notion dans un but diagnostique et pronostique d’insuffisance fonctionnelle pulmonaire. |
Déjà, quelques auteurs ont publié leurs travaux sur les variations du débit respiratoire maximum dans divers états pathologiques pulmonaires. À notre tour nous avons procédé, du mois d’octobre 1921 au mois de juillet 1922, à l’hôpital-sanatorium de Saint-Genis- Laval, à de longues et patientes recherches sur les variations du débit respiratoire chez les tuberculeux pulmonaires. À partir du mois d’avril 1922 nous avons, d’autre part, simultanément noté chez ces: mêmes malades les modifications de la capacité vitale.
Le but de notre travail est le suivant: Nous avons
recherché et comparé entre elles les variations que subissent le débit respiratoire maximum et la capacité vitale, spécialement au cours de l’évolution de la tuberculose pulmonaire dans ses diverses formes cliniques, ainsi qu’au cours du traitement par Le pneumothorax artificiel. Nous discuterons les causes de ces variations et nous déduirons quelle valeur séméiologique le phtisiologue doit attribuer aux modifications de l’une et l’autre de ces deux quantités.
Nous avons pris nos mesures de capacité vitale à l’aide d’un pneumatomètre de Bonnet, fondé sur le principe des compteurs à gaz. Monsieur le Professeur Cluzet, de Lyon, a bien voulu nous confier cet appareil. Nous l’en remercions sincèrement.
Pour nos mesures de débit respiratoire nous nous ; sommes servi du masque manométrique de Pech, gradué jusqu’à 2 litres en inspiration et en expiration, celui construit alors que Pech avait fixé à 1 1. 700 à la seconde la moyenne du débit respiratoire maximum chez l’adulte. Nous avons été surpris de constater au début de notre observation, d’abord chez des sujets normaux et même chez des sujets porteurs de lésions pulmonaires indiscutables, un débit respiratoire supérieur à 2 litres aux deux temps de la respiration: l’aiguille indicatrice du débit, dépassait en effet 2 litres et heurtait les parois du manomètre. Nous nous proposions, lors de la publication de ce travail, de signaler ces faits, quand, Pech, dans Ja Clinique, du mois d'Avril 1922, rectifia la moyenne du débit maximum physiologique antérieurement fixée et l’éleva à 3 LL 500 à la seconde. Les sujets
d’après lesquels il avait établi la moyenne 1 1. 700, étaient, dit-il, « cliniquement normaux, mais fonctionnellement déficients au point de vue respiratoire, malgré l’absence de signes permettant de dépister une lésion quelconque ». En conséquence, Pech a sradué son manomètre jusqu’au maximum de 5 litres. Nous avons néanmoins continué de prendre nos mesures avec l’appareil gradué seulement jusqu’à 2 litres, que nous utilisions déjà depuis sept mois. L’insuffisante graduation de l’appareil n’a cependant pas restreint le champ de notre observation dans les proportions que l’on pourrait croire de prime abord. En effet, le débit respiratoire maximum subit chez les tuberculeux, comme nous le montrerons plus loin en détail, une diminution globale, qui le plus souvent abaisse son taux au dessous du chiffre maximum de la graduation du manomètre dont nous avons fait usage.
Notre observation a porté sur le nombre total de 92 malades du sexe masculin, âgés de 20 à 46 ans, hospitalisés dans le service du Professeur Piéry, à
l’Hôpital-Sanatorium de Saint-Genis-Laval. Néanmoins 14 d’entre eux, du fait de l’insuffisance de
notre appareil, ont échappé à notre observation, leur débit respiratoire s’étant maintenu supérieur à 2 litres pendant toute la durée de leur ho$pitalisation. Pour les 38 restants, dans la publication ultérieure des mesures de leur débit, nous avons été obligé de mentionner: débit inspiratoire maximum (DIM) ou débit expiratoire maximum (DEM) est plus grand
(>) que 2 litres, quand, en inspiration ou en expira-
ON
tion, l’aiguille indicatrice des débits était arrêtée par les parois du manomètre. Chez ces derniers malades, que nous avons suivis pendant de longs mois, nous avons effectué nos mesures de débit (DRM) et de éapacité (CV) presque simultanément, à 10 minutes d'intervalle environ, lors de chaque épisode nouveau de leur affection et à l’occasion d’un certain nombre d’insufflations, chez ceux traités par le pneumothorax. Toutes nos mesures ont été prises, le malade étant au lit, ou assis et nu jusqu’à la ceinture, débarrassé de tout ce qui aurait pu gêner ses mouvements respiratoires, n’ayant pas fait effort depuis 10 minutes aû minimum. Nous avons eu l’avantage de pouvoir suivre quatre de nos malades porteurs d’un pyopneumothorax artificiel pendant la période de Juillet 1922 à Juin 1923. Nous exposerons dans un paragraphe spéeial (C bis) les modifications du débit respiratoire et de la capacité vitale tardivement, au cours de la période d’entretien du pneumothorax. Nos mesures de débit ont été prises chez ces malades avec le masque manométrique de Pech, modifié, gradué jusqu’à 9 litres, en inspiration et expiration.