‹ Le Décaméron de BoccaceChapitre 49 sur 84 · II — LANGE GABRIEL · texte numérisé non relu

II — LANGE GABRIEL

prison, Ion présume que après luy avoir faict endurer une misérable vie, il mourut. Et ainsi cestuy-cy estant réputé homme de bien, et faisant mal sans qu'on le creust, osa bien se faire Fange Gabriel. Et de cecy transformé en homme sauvage, il en fut finablement vitupéré, comme il Tavoit mérité, et sans aucun profit ploura les péchez qu'il avoit commis. Plaise à Dieu qu'il en puisse ainsi advenir à tous les autres.

TlipiS JEUST^ES HOiMiMES

aymantj trois saurs s'enfuyrent en Candie, raisnée desquelles tua par jalousie son amy, à laquelle la seconde, faisant plaisir au Duc dudit Candie, saulva la vie. Puis l'amy ficelle seconde la tua, et s'enfuyt avecques Faisnée : et de sa mort furent charge^ le troisiesme amoureux, avecques la Iroisiesme soeur. Parquoy estant prias prisonniers, le confessèrent. Et craignans de mourir, gaignèrent avecques argent ceux qui les gardoyent : puis s'enfuirent à Rhodes où ilj moururent en pauvreté.

NOUVELLE III

oSeoté par u

Qui monure de quel péri] c roux et dépit de qui ayme,

que le Roy eut ouy que ma Dame Pampinée avoit acheva son compte, il dedire mot, et après luy dist ; ' Il y a eu quelque peu de

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bon et qui m'a pieu vers la fin de vostre nouvelle : mais au commencement il y a trop plus dequoy rire, ce que j'eusse bien voulu n'y estre point. » Puis se tourna vers ma Dame Laurette, et luy dist : t Ma Dame, dites-en une meilleure, s'il est possible. » Et elle en souzriant dist au Roy : — « Vous estes trop cruel envers les amoureux, s'il est ainsi que vous leur souhaittiez mauvaise fin. Toutesfois, pour vous obéir, j'en compteray une de trois qui la firent tous égallement mauvaise, ayans bien peu jouy de leurs amours. » Et cecy dit, commença ainsi :

Tout vice (mes jeunes Dames) redonde (comme vous pouvez congnoistre appertement) au très-grand ennuy et fascherie de celuy qui en use, et encores plusieurs fois d'autruy, et entre autres le vice qui plus nous transporte à bride abbatue dedans les dangers et périlz, il me semble que c'est celuy de la cholère, qui n'est autre chose que une soudaine et inconsidérée émotion, meue de quelque injure receue : laquelle ayant chassé toute raison, et offtisqué de ténèbres les yeux de Fen* tendement, embrase nostre cœur de très- ardente fureur. Et combien que

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