VIII — FÉRONDE OU LE PURÛATOIRB
Au moyen dequoy il s'en retourna à la maison avecque» sa femme, et, remis en la possession de ses biens, l'engrossa (comme il creut); et de fortune il advint que ce fut à temps convenable, selon l'opinion des sotz, qui croyent la femme devoir porter justement un enfant neuf moys. Elle depuis enfanta un filz, lequel fut nommé Benoist Ferondy.
Le retour de Féronde et les parolles qu'il disoit (croyant quasi chacun qu'il Âist resuscité) augmentèrent grandement et sans fin, la renommée de la saincteté de l'Abbé; et Féronde, lequel pour sa jalousie avoit esté bien battu, comme guéry d'icelle, en ensuyvant la promesse que l'Abbé avoit faite à la femme, ne fut de là en avant plus jaloux. Dequoy elle contente vesquit honnestement comme elle souloit avecques luy, et si bien que quand commodément elle pouvoit, elle se retrouvoit très-volontiers avecques le sainct Abbé, lequel Tavoit bien et soigneusement servie en ses plus grands affaires.
FIN
ou TOME SECOND
Tq^'BLE "DES éMo^TIÈQiES