‹ Le déclin de l'EuropeChapitre 14 sur 59 · Discours de Pitlsburjli le ïg janyier igi6 (Président · texte numérisé non relu

Discours de Pitlsburjli le ïg janyier igi6 (Président

« ...Il est temps de reconquérir notre indépendance commerciale sur les mers... Nous n'avons pas à nous le nombre de navires suffisant. Nous ne sommes pas en état d'administrer nos propres affaires sur les mers. Notre indépendance est limitée à notre territoire, au continent; elle finit à nos frontières. Il ne nous paraît même pas permis d'employer les navires des autres nations dans les cas où nous ferions concurrence aux marchands de ces nations et nous n'avons aucun moyen d'étendre notre commerce même quand les débouchés sont largement ouverts et que nos marchandises sont demandées. Cette situation est intolérable. Il est essentiel non seulement que les États-Unis assurent eux-mêmes le transport de leurs produits sur les mers et jouissent de l'indépendance économique que seule leur garantira une marine dig^e de sa tâche, mais il faut encore que l'hémisphère américain, considéré comme formant un tout, jouisse d'une indépendance analogue et se sufiîse pareillement Nous ne saurions

W. Wilson. Messages, discours, documents diplomatiques.,. Traduction par Désiré Roustan, éditions Boss&rd. Paris, 19 19, tome I, p. 59).

lOO LE DÉCUN DE l'

poursuivre avec succès une américaine si nous n'avon nous, non point des navires de guerre, mais des navires de paix, qui transporteront les marchandises et bien davantage, créeront des relations amicales, et rendront des services indispensables, de toute nature, sur cette rive de l'Océan. Il faut qu'ils aillent et viennent sans trêve entre les deux Amériques. Eux seuls seront la navette qui fabriquera ce fin tissu, fait de sympathie, de compréhension, de confiance, de dépendance nlutuelle, dont nous voulons parer notre œuvre résumée en cette formule: l'Amérique aux Américains', a

LA rr^TTE DU J\PON

En Extrême-Orient, le Japon se trouvait en plein essor économique lorsque la guerre éclata. Les dernières années du xix' siècle et les premières du xx' avaient été pour lui une

I. Discours aQDuel au CoQ^rès, 7 décembre iQlS (Président WilsoD. DUeoart... TroductioD D, Roustan, [ome I, p. i^-iT).

LA PDISSA^ICE MARITIME Io3

site qu'elles n'avaient jamais connue. Leur production en steamers a passé de 490( (moyenne de 191 o-i 9 1 j) à 80 000 e 200D00 en 1916, Saoooo en 1917, ij 1918, prenant ainsi le troisième ran^ monde ; le programme de 1919 co 180 navires de 1000 tonnes et au-des un tonnage total brut de 1 190000 toi établissements comme les chantiers '.

à Kobé, Mitsubishi à Nagasaki,* Asan< hama, Mitsui à Okayama et comme c Osaka ont pris durant la guerre ur développement; la mer intérieure avec calmes, ses criques profondes, son do et ses rivages semés de cités popule^ sède l'un des plus puissants groupes de japonais. Les chantiers Kawasaki, de] accepté une commande de l'Angleterre nantà elle seule i4 cargo-beats de 900 tonnes* ; ayant terminé un navire de g g en 37 jours, ils ont battu le record c de la construction américaine; leur

I. A. W. Honod el M. Dewavrin. La mariDC ni Japon, fleutte de Para, i" octobre 1917.

a. Hangras, Ounr. eiti, p. 3i3.

I04 LE DÉCUn DE l'EtBOPE

prospèrent à tel point qu'au début de l'année imn ils nnt i^écïdé Une augmentation de capital i de yen; la distribution d'un boni I de yen aux actionnaires, la réparlillions de yen entre directeurs et fondation d'une école d'apprentis lion d'une compagnie de naviga- 1 de ao millions de yen. L'outillage

ait incomplet si des ateliers de i s'ajoutaient pas aux ateliers de

une société prépare la construc-

bassins de radoub dans l'île de ce d'Itosak, préfecture de Hiros-

bords de la mer intérieure.

1 théâtre de la guerre, n'ayant

rs de ces cinq années du fait des

i383i9 tonnes, ayant accru régu-

flotte par des constructions nouon a vu ses bateaux recherchés 1 vendit beaucoup à la Grande- : États-Unis, à la France ; sur sa le 1917-1918, il céda plus de

aux Alliés ; à la fin de 1918, l'Anhetait i5S 000 tonnes et la France, 1 songeait avant tout à grossir sa

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propre flotte de commerce; dès 1917, le gouvernement de Tokio élabora un règlement qui prohibait le transport, l'affrètement ou la mise en hypothèque, sans autorisation, des navires enregistrés au Japon et qui interdisait aux chantiers de conclure librement des contrats avec l'étranger. A la fin de 1918, la flotte japonaise prenait le troisième rang dans le monde, dépassant celles de l'Allemagne, de la Norwège et de la France ; son tonnage total dépassait 3 millions de tonnes; elle possédait 599 steamers de 1 000 tonnes et au-dessus, jaugeant en tout i83oooo tonnes, en augmentation sur 19 17 de i55 steamers et de 4ooooo tonnes.

Construction navale ou transport maritime, la flotte océanique représente pour le Japon une rare fortune ; en cinq années (19 14-19 18) elle fit entrer dans le pays 196028 185 yen pour la vente des navires, 243628800 yen pour les affrètements par l'étranger, 644 4oo 000 yen pour le transport des marchandises étrangères, ce qui porte à plus d'un milliard de yen les revenus de la flotte pendant la guerre; en 191 7, les revenus de l'affrètement ont presque égalé la valeur de la soie exportée du Japon.

Les relations maritimes. — Disposant d'une flotte nombreuse au moment où la flotte européenne disparaissait de certaines régions du monde, les armateurs japonais ont pu étendre leurs opérations jusque sur des mers où l'Europe avait gardé jusqu'alors la suprématie.

Durant la guerre, le manque de fret obligea les Alliés à demander au Japon la collaboration de ses moyens de transport ; toute une flotte nipponne coopéra au transport des approvisionnements et du charbon entre l'Angleterre et la France, entre les Etats-Unis et l'Europe. La France dut demander à des compagnies japonaises de desservir ses colonies de l'Océan Indien. Les États-Unis, une fois entrés en guerre et avant la mise en train de leurs chantiers, eurent besoin d'un énorme tonnage ; en échange de l'acier qu'ils fournirent à la métallurgie japonaise, ils reçurent du tonnage japonais à partir du début de 191S; des bateaux japonais travaillèrent pour le compte de l'Amérique à importer des nitrates du Chili et à expédier des munitions en Europe. Vers le milieu de 1918, le Japon entretenait ainsi à l'extérieur une flotte de i43 bateaux et 729000 tonnes.

LA PUISSANCE HARtTIME

S'il fit une belle carrière sur l'At'o' c'est particulièrement dans le Pacific assura sa fortune. Taudis que le tonnt péen du Pacifique s'affaissait brusquf tonnage japonais y passait de g55a4 t igii à 22o334 en 1917, c'est-à-dire à deux tiers du tonnage total \ On consta le mois de juin 1917 que les navires représentaient 65 pour 100 de ceux qu quitté San-Francisco et 85 pour 100 qui étaient partis du Puget Sound, i de 1919, la masse des relations entre l les Philippines était entre les mains d'à japonais. Si l'on néglige Hong-Kongpc les statistiques manquent, ce sont c japonais qui, pour la valeur des marcl tiennent la tête dans le Pacifique : Y et Kobé distancent Shanghaï, Si Sydney, San-Francisco et Seattle'. Ce tion exceptionnelle résulte, pour ur partie, de la guerre ; elle devra ré; retour de la flotte britannique et de la marine américaine ; mais elle a

. Alla. 1317, p. 470.

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