I. The Amcrhas, airil 1918, p. 3o
LA PUISSANCE INDUSTRIELLE » ^Aq
minerai auprès du charbon, c'estrà-direnon loin de la côte où les navires peuvent ramener. Mais il n'existe pas encore de route pour ce trafic. Le Central Brazil Railway ne possède qu'une faible capacité de transport à cause des fortes pentes de la Serra do Mar et de la Serra da Mantiqueira. 11 existe une autre ligne de communications : c'est la vallée du RioDocequi débouche dans l'Atlantique à 5oo kilomètres au Nord-Est de Rio de Janeiro et qui mène vers l'amont jusqu'au milieu du bassin ferrifère; une voie ferrée part de Victoria (côte d'Espirito Santo) et elle s'avance avec de faibles pentes jusqu'à 4oo kilomètres dans l'intérieur ; il suffirait de la prolonger de i5o kilomètres pour qu'elle atteignît le» mines de fer. Malheureusement les ressources de combustible ne se présentent pas en d'aussi bonnes conditions. Les gisements de houille se rencontrent essentiellement dans les trois États du Sud. Dans le Rio Grande do Sul, on les trouve le long de la vallée du Jacuhy, fleuve qui débouche à Porto Alegre, dans la grande lagune de Patos ; grâce à son faible prix de revient, ce charbon s'exporte en Argentine ; il y coûte moins cher que les charbons anglais
et américains ; chemins de fer et steamers l'emploient; ce bassin peut fournir annuellement 5ooooo tonnes. L'Ëtatde Santa Catarina possède les gisements de Cresciuma et d'Araranguai non loin de la côte ; une voie ferrée les unit à Tiibarao ; un grand syndicat vient de se fonder à Florianopolis pour leur exploitation ; on escompte une production annuelle de 5ooooo tonnes. Enfin, dans le Parana, on connaît le gisement de Curityba dont on espère Sooooo tonnes par an. Cette houille brésilienne forme une précieuse ressource qui permettra bientôt de réduire fortement les importations. Mais elle n'est pas utilisable en métallurgie ; elle ne peut pas donner la quantité de coke, nécessaire aux hauts fourneaux ; pour créer et faire vivre la sidérurgie brésilienne, il faudrait importer des masses énormes de coke. Pour cela, on pense k exporter en Europe le minerai riche de sorte que lea navires rapporteraient, comme fret de retour, du coke métallurgique ; des usines pourraient alors se fonder sur la côte ou bien sur le chemin de fer de Victoria. On peut dire aussi que, lorsque la fusion du minerai dans le four électrique sera une opération commercialement
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pratique, le Brésil trouvera dans Ténergie de' ses chutes d'eau le moyen de traiter son fer. L'avenir nous dira si ces combinaisons économiques sont viables, si les hauts fourneaux que des capitalistes brésiliens et portugais viennent de construire dans le Minas Geraes auront la vie longue et si le Brésil doit être un pays de sidérurgie.
Pour l'industrie textile*, le Brésil a dépassé la période des espérances ; il est en plein développement. La situation se résume en peu de mots: avant 191/*, presque tout le coton produit au Brésil était exporté comme matière première et lui revenait en étoffes: la guerre finie, le Brésil fabriquait 76 pour loo des étoffes qu'il consommait. Jadis grand consommateur de tissus européens, le Brésil a fondé chez lui le tissage mécanique de coton. Le pays a l'avantage naturel de pouvoir produire du coton ; le Nord-Est (Pernambuco, Maranhao, Cerea, Piauhy) donne des variétés à fibre longue ; le Minas et le San-Paulo produisent des variétés à fibre courte. Ce coton, qui jadis s'exportait
I. Lafond, Omr. cité, p. 356-357; — The Americàs, mai et juillet 19 18, février 19 19.
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vers les manufactures d'Europe, reste maintenant sur place pour alimenter les usines; on n'en exportait plus que ôg/io tonnes eh 1917 contre 37000 tonnes en igiS. L'industrie cotonnière en consomme des quantités de plus en plus grandes. En 1917, on comptait 260 usines, i4642i8broches, 49600 métiers, 72 960 ouvriers ; la production totale s'élevait à 80 millions de dollars. Beaucoup de ces usines possèdent un équipement moderne ; quelques unes fonctionnent à l'électricité; leurs étoffes peuvent se comparer aux meilleures de la Nouvelle Angleterre et du Lancashire. Aussi elles ont déjà trouvé le chemin de l'étranger ; l'exposition de Buenos- Aires en 19 18 les fit apprécier sur le marché argentin; dans toute l'Amérique latine, elles se vendent en concurrence avec les tissus britanniques et nord-américains; en 1917, la France en a reçu. Au début de la guerre, cette industrie souffrit beaucoup du manque de matières colorantes ; on s'ingénia dans le Sao Paulo, dans le Minas Geraes et dans le Parahyba à fabriquer des teintures végétales qui remplaceraient l'aniline allemande ; on réussit à fonder des usines dont la production suffit presque à
la consommatiomiationale etquiontdéjà leurs couleurs en Argentine et même en
De tous les côtés, sur tous les domaii peut observer au Brésil des projets qui s rent et des énergies qui s'appliquent. ' en prospectant ie sous-sol, on décou-' pétrole dans le Sao Paulo, le Rio Grand Spirito Santo; de l'or dans le Minas Géra de Bello Horizonte; du kaolin, du nicl mica. Tantôt la crise du papier prov Campoâ la création d'une grosse papete truv'aille des fibres végétales. Ailleurs i pare l'installation d'usines de soude, de de cbaussures. Ailleurs enfin on étudie duction de l'énergte électrique pour les e de fer par l'aménagement des chutes d'i
Dans les autres pays de l'Amérique d les mêmes tendances entrent en action ; industrielle germe. En Argentine, on vei s'affranchir de l'étranger; on ihetenexpb les mines de bouille de Mendoza et surt nappes pétroUfères de Comodoro Rivada développe le tissage de la laine et la fabi des sacs pour les grains de la récolte. A] les affairés de nitrate ont connu une pro
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sans précédent ; le pays s'enrichit ; il rembourse à l'Angleterre une partie de sa dette ; pour réaliser l'indépendance économique, on veut s'outiller afin de produire des articles manufacturés, des étoffes, du papier, des produits chimiques ; à la On de 1918, se fondait, à Santiago la première aciérie chilienne, de capacité bien modeste encore, mais de haute signilîcation pourrorientation de l'écoDomie nationale. Au Pérou, les marchés européens ont demandé du sucre, du coton, du cuivre, des laines, des peaux; à l'aide des capitaux ainsi formés, on aspire déjà à l'industrialisation du pays par la mise en exploitation des mines de houille, par la coastruction de voies ferrées et par la création de tissages. Tous ces pays jeunes fermentent d'espérances et de velléités ; l'avenir précisera leurs destinées. Quant aux résultats positifs, ils sont encore rares, sauf au Brésil qui est de tous le pays le plus avancé dans la voie de l'indépendance économique.
Maintenant que la guerre est terminée, il s'agit de savoir si l'Europe retrouvera ses anciens débouchés. Parmi les pays neufs qui s'équipent, le retour de la concurrence aura raison des
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phîque, facilité de communications, communauté de civilisation générale, dififérenciation de structure économique, ce sont là des faits naturels et humains qui contribuent à le rendre robuste et prospère. Des influences de cette nature ont assigné comme domaine à Texpansion japonaise les pays riverains du Pacifique. Nation insulaire devenue une puissance mari*time, le Japon oriente ses rapports commerciaux vers tous les points de ce grand océan où pénètrent, chaque jour davantage, les courants de la vie universelle. Communauté de race jaune, les Japonais se tournent naturellement vers leurs frères de race qui peuplent TAsie Orientale et ses archipels ; ces sociétés humaines, moins évoluées que lui, attendent de lui les services, les fournitures, les inspirations d'une civilisation plus avancée. Dès que l'empire du Soleil Levant eut conscience de sa force de rayonnement, il la dirigea d'abord vers les îles, les archipels et les presqu'îles du continent asiatique ; puis, une fois certain de sa puissance et confiant en elle, il s'étendit vers des parages plus lointains. La guerre lui fournit une chance admirable de progresser dans l'Océan Paci-
s opérations <le guerre se limitèrent au 3 : c'est là que s« trouvaient ses buts "8 avoués. Sa position insulaire l'oblige [1er les chemins de l'Océtn; elle lui e politique de points d'appui eompa- :elle de la Grande-Bretagne. Aussi, de ue l'Australasîe britannique s'assurait ssion des archipels allemands du Paciitral, le Japon s'établissait dans les lies s, Marshall et Ladrones, situées au l'jjlquateur ; par elles, il prend pied sur K qui commandent les approches orienrindonésie et de la Mélanésie; par s'avance au loin dans les pays des tro- ' Par la force des choses, la flotte japoissée seule dans le Pacifique, y demeura oute la guerre la maltresse, la souveur le continent asiatique, la chute de eou, la base allemande de l'Extrémemet le Japon, non plus seulement à Formose et en Mandchourie aux ie la Chine, mais au cœur même leDse empire; quel que soit le statut ! du Chan-toung et quel que soit le it on afTiible la situation, c'est au Japon
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qu'appartient le contrôle économique du pays. Les vraies et solides conquêtes du Japon dans l'Océan Pacifique se sont faites sur le terrain commercial. Sur les martjiés que désertait l'Europe, le négoce japonais a poussé une large offensive ; les uns sont «nvahis, les autres menacés. La masse des échanges du Japon avec les pays du Pacifique s'accroît toujours ; la proportion de ses relations européennes baisse ; l'Asie devient le grand champ de son expansion ; le rôle des États-Unis grandit aussi ; bien des pays, que le Japon avait jusqu'alors paru ignorer, apparaissent maintenant dans le cercle de ses affaires. Pour concevoir l'ampleur de cette évolution, il est nécessaire de consulter une brève analyse du commerce extérieur japonais faite pour les années igo^, 191^ et 1917.