LE JAPON ST L\ CHINE
C'est la Chine avec ses immenses ressources et son énorme population que vise surtout l'ambition japonaise ; c'est là aussi qu'elle rencontre plus forte et plus décidée la compé-
I . Rawnktmi, K. K. Jofian and World Ptacf. New-York, Mec bÎIIri, 191g, p. 90-1.
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tition des grandes nations commerçantes du monde. L'Allemagne paraît évincée pour longtemps; les entreprises allemandes du Chantoung fonctionnent maintenant au profit des Japonais. Malgré l'alliance britannique, les intérêts anglais et les intérêts japonais en Chine se heurtent souvent ; des frictions nombreuses échauffent les esprits, particulièrement à cause de la vallée du Yangtsé qui joue, par l'appât de ses abondantes ressources, le rôle d'une Terre promise ; les Japonais se plaignent de toujours rencontrer comme rivaux des Anglais pour les concessions de voies ferrées, de mines, d'usines électriques. En Chine, le Japon trouve encore sur son chemin les entreprises américaines ; il partage avec les Etats-Unis le rôle de banquier du Céleste Empire ; il doit admettre leur coopération. Cependant sa situation géographique lui donne de tels avantages qu'il a pu prendre pied solidement sur la terre chinoise et conquérir dans les affaires dû pays une position dominante. Une revue américaine, « Asia », fondée pour l'étude des questions d'Asie, dénonce les ambitions du Japon sur le Chantoung comme l'expression de la politique
t. EXPAHSlOrf DU JAPON
qui annexa la Corée, qui japoniâ chourie, qui fait la police dans elle résume à ses lecteurs le pro!
trême-Orient en ce dilemme : « Ch or nation? — Japan : conqueror the Orient'. »
Les formes de rexpatision japona — Dans le domaine économique considère la Chine comme un rése tières premières et comme un mari manutacturés ; il la conçoit, telle ses portes, comme une immense < ploitation dont l'indépendance polit peu, à condition qu'on puisse tirer dépendance commerciale. « Pour 1 forte population, le Japon doit àe\ industriel et, pour cela, posséder bon, bases de l'industrie moderne de se suffire en fer; quant au ch exporte, mais il en possède peu qu à la fabrication du coke. La Chine auquel le Japon doit logiquement
I, Atia, mars 191g, p- 309.
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l8a LE DECLIN DE L^EUROPE
ment faire appel pour avoir du minerai de fer et du charbon à coke. Voilà pourquoi il veut s'assurer des concessions minières en Chine avant que mines et charbonnages chinois soient tous hypothéqués par les nations de rOccident*. » En face d'une production de 324 ooo tonnes de minerai correspondant à 160000 tonnes de fonte, le Japon a consommé, en 1917, iSooooo tonnes d'acier et de fonte.
Ces chiffres montrent les dangers qui attendent la métallurgie japonaise si elle est réduite à toujours dépendre de l'étranger pour le fer.
Déjà ce sont des capitaux japonais, fournis par la Yokohama Specie Bank, qui contrôlent les mines de fer de Tayeh, sur Yangtsé ; d'après un récent contrat, la compagnie chinoise qui possède et exploite ces mines ainsi que les établissements métallurgiques de Hanyang doit fournir aux mines japonaises de Wakanjiatsu 8 millions de tonnes dé fonte et i5 millions de tonnes de minerai en quarante livraisons annuelles à partir de 191 4. La livraison de 1916 s'éleva à 1 10 000 tonnes de fonte et aBoooo tonnes