‹ Le déclin de l'EuropeChapitre 26 sur 59 · TI · texte numérisé non relu

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modèles européens. A la suite des commerçants 1 arrivent les homme» d'afllalres et d'entreprises; | grande société s'est fondée en i9i7àTokio acheter plusieurs sucreries à des capita- I hollandais ; en igiS, des capitaux japonais ndent une à Batavia. Des Journaux hollanont déjà dénoncé ces entreprises comme tnger national et comme le prélude d'amas impérialistes. , m )e&raerB du Sud, le Japon a développé 1 ; manière soudaine ses échangea avec les I nions britanniques de l'Australasie. Sttr narchés que la guerre avait brusquement | a de leurs fournisseurs habituels, les artilapoaais ont fait prime ; les uns, déjà conse sont vendus en quantités croissantes; Litres, encore ignorési ont vite trouvé leur :. Les progrès sont surprenants*. En milliers ires sterling, de 191$ à 1916-1917, leavenu Japon à l'Australie se sont élevées de i 1613 pour les tissus et les vêtements, de 72 pour les métaux manufacturés, de 139 à )our les produits chimiques, de st à 363

FiMÙM françaite en Aaatralie igi8 et en Noavelle-Zihaée Pam, impr. Laliure, 191g.

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pour la faïence et la verrerie, de 19 à 128 pour les articles fantaisie et la bijouterie. De même, de igiS àigiô, les achats de la Nouvelle-Zélande au Japon ont monté (en milliers de livres sterling) de 35 à 126 pour les tissus de soie, de i4 à 63 pour les tissus de «oton^ de o à 12 pour les machines électriques, de 8 à 38 pour les articles fantaisie ; on voit apparaître, dans les envois japonais, des articles que la Nouvelle-Zélande n'avait guère demandés jusqu'alors : boutons^ chapeaux, bonneterie, couvertures^ porcelaine et verrerie, brosserie, boîtes en carton. Les produits japonais slmplantent dans TÂustralasie britannique; vendus à bas prix, présentés par des voyageurs habiles et remuants, ils y resteront.

Sur les territoires russes d'Extrême-Orient, l'influence japonaise devient; prépondérante. L'éloignement du centre de la puissance slave, les obligations de la guerre et de la révolution qui retenaient en Occident toute l'énergie de la Russie, la proximité géographique de l'empire nippon, tout semblait préparer ce déplacement d'influences. 11 ne s'agit pas pour l'instant de la Mandchourie qui dépend de la Chine, mais surtout de la Sibérie orientale. Devenue l'alliée

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de la Russie, le Japon retira de cette alliance des bénéfices d'autant plus considérables qu'il pouvait, seul de toutes les nations de l'Entente, communiquer librement avec la Russie par le Transsibérien; il lui fournit des armes et des approvisionnements pour son armée ; il s'efforça en même temps de conquérir pour ses articles manufacturés le marché russe qui se fermait aux produits allemands. De 9168000 yen en igi3, ses importations en Russie montèrent à laSSiooo en 1914,90048000 en 1915,161179000 enigiô. Chaussures, métaux, étoffes, munitions, grains, il expédia à son alliée tant de marchandises qu'il devint l'un de ses gros créanciers. La puissance russe s'étant effondrée et son unité brisée, le Japon considéra qu'il serait prudent d'acquérir en Sibérie des gages pour garantir ses avances et de collaborer, au même titre que les autres créanciers américains et anglais, à la mise eu valeur du pays. Contre l'anarchie qui menaçait, selon son opinion, l'Extrême- Orient, le Japon s'assura en envoyant des troupes à Vladivostok, en occupant Khabarovsk, Tchita et Blagovetchensk (septembre 1918) et en contrôlant le pays jusqu'au lac Baïkal. Cette

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pénétration économique du Japon dans la Sibérie orientale a pour elle de s'avancer en un pays qui, par ses caractères géographiques, appartient encore à rExtréme-Orient. Quand, arrivant de TOuest, on a dépassé les pays du Baïkal, on aborde le domaine des moussons ; on laisse derrière soi les formes de culture, d'élevage, de peuplement qui viennent d'Europe avec les Slaves;^ on entre dans une région d'affinités extrême-orientales parla puissance de la végétation, par les caractères de la faune, par l'extension de céréales comme le millet et par l'importance des populations sédentaires de race jaune ; depuis longtemps, les Chinois ont poussé leurs pionniers et leurs colons assez loin dans le bassin de l'Amour. La colonisation pacifique de la Sibérie orientale apparaît aux Japonais comme une prolongation du rôle qu'ils ont assumé sur les rivages qui font face à leur archipel. Vladivostok compte une colonie de plusieurs milliers de Japonais ; les boutiques japonaises s'y multiplient ; on y vend des articles japonais, étoffes, tricots, bas, mouchoirs, gants.

Depuis la guerre russo-gaponaise, le Japon

possède des droits de pèche sur les côtes sibé-

riennes des mers de Behring, d'Okhotsk et du Japon; dans ces mers poissonneuses, les pécheurs japonais sont à peu près les seuls à exploiter les eaux ; ils en sont la seule population maritime. Des capitalistes japonais s'intéressent à l'exploitation des forêts de TOussouri et de TAmour. La moitié septentrionale de Tile de Sakhaline, que le traité de Portsmouth avait laissée à la Russie, devient un champ d'exploitation pour les Japonais; ce sont eux qui fournissent le capital et la main-d'œuvre dans les mines, préparent la construction d'une voie ferrée et détiennent par leur agent d'Alexandroysk une autorité de fait sur la zone russe de l'île. La société commerciale • russo-japonaise d'Osaka résumait à la fin de i g 18 ce qu'elle désirait pour les intérêts commerciaux du Japon en Sibérie orientale ; elle demandait que Vladivostok devînt port libre, que la navigation du Soungari et de l'Amour fût ouverte à tous les peuples, que le contrôle des chemins de fer de Sibérie orientale appartînt au Japon, qu'on mît la ligne de Tchang-tchoun à Kharbine au même écartement que le Sud-Mandchourien, qu'on

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étendit les droits de pèche du Japon et que le Japon achetât la partie septentrionale de l'Ile de Sakhaline. Ce serait étendre aux pays de l'Amour et aux mers bordières le contrôle économique du Japon. Aussi l'opinion japonaise s'émeut dé toute initiative étrangère en ces régions tomme d'une menace faite aux intérêts japonais ; elle rappelle avee quelle défiance les Américains soupçonnent toute entreprise étrangère et particulièrement toute démarche japonaise au Mexique, r Si la doctrine de Monroe, écrit M. Kawakami', s'applique au Mexique, pourquoi le Japon ne surveiUerait-ih pas les régions d'Extrême-Orient voisines de ses Ues? »

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