‹ Le déclin de l'EuropeChapitre 39 sur 59 · I. Sw(tw^ Gtogr, Magaiine, 1917, p. 54o-5j · texte numérisé non relu

I. Sw(tw^ Gtogr, Magaiine, 1917, p. 54o-5j

333 LE DÉCLin DE i.'euhope

qu'il en coûtait 35 pour les y transporter de New-York. La raison de cet avantage et qui ue aussi combien sont étroites encordes ins entre l'Amérique du Sud et l'Europe, [u'il existe vraiment entre ces deux pays, se de la différence de leur structure éco- |ue, un courant d'échanges réguliers dans 3UX sens. L'Europe reçoit les produits et demi-ouvrés de l'Amérique du Sud, et tpédie, en retour, des produits manufac- , le Royaume-Uni absorbe à lui seul le lu commerce extérieur de l'Argentine. Ce à des relations commerciales, solidement es, issues de la nature des choses, et dont ats-Unis n'ont guère pu jusqu'ici ébranler adements. Dans l'Amérique du Sud, ils jnt surtout des produits tropicaux (café, Aouc, cacao) de grande valeur, mais de volume. Par contre, ils n'achètent guère, l'ils en produisent eux-mêmes, les prolourds et volumineux tel» que les grains 'iande ; en igiS, tandis que le café exporté *ésil ne représentait que 792000 tonnes, ains et les farines expédiées par l'Argentteignaient 10 millions de tonnes. Grains

l'expansion des ÉTATS-OHIB 233

et viande trouvent un marché en Europe ; ils forment la cargaison des grands steai peuvent ainsi, pour le trajet inverse, i des prix assez faibles. « Quant aux EU ils achètent surtout les produits trop volume relativement faible. Aussi les i faisant ces transports sont plus petits, de retour plus élevés, les relations < ciales moins -développées. Conséquec frets de Hambourg, de Londres et de I pour la Plata sont moindres que ceux < York et de Philadelphie, quoique ces d villes soientun peu favorisées par la dis Il faut ajouter que d'autres difficultés r assez précaires les relations entre b Unis et l'Amérique du Sud ; elles pro delagrandeînexpérience des Yankees ei de commerce extérieur ; ils n'avaient tion de négoce, ni méthodes d'éducï relations personnelles, fruits d'une séculaire sans laquelle l'homme d'aff iDcapable de s'adapter aux mœurs du p veut desservir; c'était une œuvre difSc

t. SeoUUh Geogr. Magazine, 1917, p. 7^9.

a 34 LE DÉCLIN DE l'eUROPE

les États-Unis que de conquérir le marché de TAmérique latine ; avant la guerre, ils n'avaient pu que Fébaucher ; grâce à la guerre, ils ont pu l'avancer.

L'afflux d'or qui se porta vers les États-Unis , y détermina une véritable mobilisation de capitaux vers les affaires sud-américaines. De chaque côté, l'intérêt était patent. D'une part, sur les marchés de l'Amérique latine, la guerre avait

paralysé l'action des bailleurs européens ; pour des pays où la circulation du capital étranger conditionnait le développement économique, ce grand cataclysme lointain pouvait devenir une catastrophe nationale ;. au Brésil, au Chili et dans l'Argentine qui dépendaient du régime financier de l'Europe, on voulut se libérer d'une dangereuse tutelle et l'on se tourna vers les banques de l'Amérique du Nord. D'autre part, il s'agissait pour les États-Unis de trouver un emploi à ces capitaux que la guerre amenait d'Europe ; il s'agissait aussi de profiter des embarras de l'Europe pour s'établir sur ses domaines d'exploitation ; on savait bien que, la guerre terminée, elle ne retrouverait pas aussitôt ses moyens d'action et qu'elle, devrait consacrer

l'eXPAHSIOK des iTATB-UniB

ses ressources d'abord à se refaire e Ce mouvement d'expansion que pr< les circonstances, les États-Unis le c presque comme une croisade national

Les associations commerciales, intense propagande, enseignent à publique la nécessité de cette expan brochure, tirée à 35oooo exemplaires Chattanooga, décrit les belles espér s'ouvrent dans l'Amérique du Sud . côtés, les esprits se pénètrent de cett l'intérêt du pays conseille de bien l'Amérique du Sud ; on apprend son 1 ses langues dans les Universités ; on jeunes Sud-Américains dans les écolt ques de l'Union. Ces tendances des p: trouvent l'appui de la force organisée le département du Commerce de W fait distribuer à dizaines de millier plaires une brochure qui encourage quiers à fournir tous les capitaux n au développement économique de 1' du Sud ; on répète que le gouvernemt géra efficacement, partout-où elle sers œuvre, cette forme de la propriété ai

aSS LE DÉCLIH DE l'eUROPE

.Les livres qui se publient sur l'Amérique du c„j — comptent pardizaines : récits de voyage,

d'histoire, descriptions géographiques, s économiques, guides commerciaux.

es plus curieux, écrit par E. B. Filainger ,ié en 1917 à New- York, porte le titre de rting to Latin America; a Handbook for tnts, Manufacturera and Ëxporters » ; il , pour les enseigner aux Américains, les les européennes utilisées dans le comde l'Amérique latine; il étudie les lois, lea les du pays, les moyens de voyager, lea

de paiement, les conditions de crédit, les :s, les poids et mesures, les marques de le, la manière de rédiger lea catalogues et oyerla publicité; il note les habitudes de les principales fêtes nationalesdel'Améatine ; il donne des détails sur l'organiconsulaire des États-Unis et des conseils mes gens qui voudraient commercer dans tinent; il énumëre' les articles qu'on a ; de vendre en chaque pays. Un appen- >ntient, pour chaque pays de l'Amérique

un aperçu géographique et économique, bliographie des ouvrages intéressant le

l'expamsio» des états-ums ,a37

pays, la liste des publications du De of Commerce de Washington relative?

rique latine ; il énumère les maisons à des principales villes, les lignes de n et les enseignements des Universit* caines qui intéressent l'Amérique lati presque un plan de conquête économi

L'expanaion nord-américaine en latine s'accomplît surtout par deux d'opérations : d'abord des concours fi ensuite des entreprises économiques étant de plus en plus liés avec les auti

Les énormes capitaux des États-Un premier des instruments de la conque mique de l'Amérique latine. En accord pays jeunes à court d'argent des em des avantages Buanciers, ils permet faire des obligés et des clients. Une coi s'occupait en 1916 de transférer auxÉ les opérations financières concernant Burances contre l'incendie qui s'efi auparavant en Allemagne pour le c

I. Filtio^r(E. B.), Exporiing to Latin Amerias. for Merchantt, Mtawfaelurers and Exporlen. Kew-Y< doD, Appleton ind C", 1917, 8°, xiv -<- 565 pa^a.

LE DÈCUN DE l'eDROFI

tine. On ouvre volontiers les cotes de la de New- York aux titres sud-américains, iquiers nord-américains consentent des IX gouvernements de l'Argentine, de la du Brésil et du Chili. A la suite de ulation des stocks de café dont la guerre mpéché la sortie, le gouvernement de do émit un emprunt pour acheter lui- ; café': des capitalistes de New- York y scrit. Fidèle à sa politique d'expansion re, le gouvernement de Washington a tettre les banques américaines sur un égalité avec les banques européennes :

louvel a American Bank Act » voté au : de la déclaration de guerre aux États- I les autorisa à créer des agences à er. De là, une vécîtable nuée d'agents rs sur l'Amérique latine. La First Natioik, de Boston, fonde une succursale à Aires ; elle y orgaiiise une exposition tiUons pour les maisons américaines :ation; elle installe d'autres succursales 3 Janeiro, à Sao Paulo et à Bahia afin înir des entreprises agricoles. La Newfercantile Bank of America crée des

l'expadsio^ des iTATS-imts 389

filiales à Rio de Janeiro, à Bahia. U de banques des États-Unis prépare la de banques agricoles dans tous le!

Brésil. Des banquiers de Chicago se à fournir du crédit au Mexique. C'est Unis que l'Amérique latine a trouv* voir de capitaux dont l'Europe a] perdu le monopole.

Partout, sous l'impulsion des capi ingénieurs yankees, on voit s'org g^rand la prospection et l'exploil richesses minières : or et pétrole de C pétrole du Mexique ; pétrole du Rio ] en Colombie sous les auspices d'une Pittaburg;au Chili, cuivre aous le con société californienne, nitrate de Toco, borax de Tocoptlla ; en Bolivie, nicli La Paz ; au Pérou, pétrole avec les c la Standard Oil C** ; au Brésil, fer Geraea {,trust Farquhar) et kaolin ; tine, cuivre de Caldero et pétrole de W

Sur ces immenses territoires à pein il s'agit, surtout au Brésil, de pro méthodes de culture intensive et d'e le» productions tropicales, coton.

caoutchouc, canne à sucre. Des spécialistes nord-américains dirigent un enseignement d'arboriculture ; un groupe financier, « The Fruit Company », se propose d'organiser l'exportation des fruits brésiliens, un autre d'acquérir près de Bélem des terrains propres à l'exploitation du caoutchouc. Dans l'État de Spirito-Santo, une société met en coupe réglée les forêts pour faire des traverses de chemin de fer. La Commission Rockefeller a institué au Brésil une étude scientifique des maladies des pays chauds ; sous la direction du docteur Lewis H. Hackett, la lutte contre le « hookworm » se poursuit avec succès ; en une seule année, la Fondation a créé des postes de traitement sur plusieurs points du District FédérsJ et des Etats de Rio de Janeiro et de Sao Paulo ; le plus important fonctionne à Campos, dans l'Etat de Rio de Janeiro, centre de culture du sucre ; au cours de tournées dans le pays, plusieurs milliers de personnes ont été examinées : la science des Américains apporte à ce pays tropical le même intérêt que leur commerce*.

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