ET L EVEIL DES PEUPLES
jours daD9 les masses populaires ; paysans s'endettent toujours; que l'In chaque année un énorme tribut à la mél que les récoltes ne mûrissent pas chaqi et qu'on meurt toujours de la famint que l'Inde exporte annuellement pour lions de livres sterling de denrées alime plusieurs dizaines de millions de ses h sont encore au xx* siècle menacés par la Ce que réclament les Hindous patriote en vertu même des idées occidental* tiennent de leur éducation britanniqu* associés au gouvernement de leur pays:
gérer eux-mêmes les affaires et d'en d les intérêts. A plusieurs reprises, depi de petites réformes avaient créé une oi représentation indigène, mais sans auto tique, ni responsabilité; les indigènes t admis ni à exercer de hautes fonctioi contrôler les fonctionnaires britannique exclusion laissait la même amertume Hindous.que chez les Musulmans ; elle peu l'union de tous les indigènes éclairé le régime britannique.
C'est à partir de igo5 que le moi
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nationaliste dans l'Inde devint assez puissant pour inquiéter la Grande-Bretagne. Chose remarquable, Tesprit de révolte s'empara d'abord des province» qu'on aurait pu considérer comme les moins impatientes du régime. Au mois d'octobre 1905, tout le Bengale» province historique, proteste contre la décision qui le divise en deux provinces au mépris de son antique unité ; on boycotte les marchandises britanniques ; on demande la fondation d'une université nationale du Bengale, indépendante du contrôle britannique, où la première place serait donnée aux langues indigènes, la seconde à l'anglais ; des journaux nationalistes fomentent l'esprit de résistance et exaltent la mémoire des héros des nationalismes européens, Cavour, Mazzini, Kossuth, Parnell ; le gouvernement de rinde croit barrer la route à l'esprit nouveau en interdisant l'enseignement de l'histoire de l'Europe moderne dans les universités indiennes. Mais le mouvement gagne de proche en proche; des révoltes éclatent, suivies de rigoureuses répressions qui ne découragent pas les patriotes. On applaudit avec enthousiasme aux succès du Japon contre la Russie. On surveille la con-
l'europe et l'£teil des peuples iudioèhes 387
duîte de l'Europe partout où elle ae trouve aux
prise» avec dea races indigènes ; les '"
nations chrétiennes de la Méditer les Turcs froissent les sentiments 1 Musulmans; fait décisif, elle gagn nationalistes la minorité musulma dans laquelle le gouvernement del tout son espoir ; jusqu'alors elle a\ mouvement « swadeshi », reçu pour ses écoles, accepté des titres neurs ; dès lors, on voit cet espri les Musulmans se rallier à l'idée n:
Avec la guerre surgit une occa qui permit au sentiment indigène fester librement. Des congrès S' Lucknow (décembre 1916), à Cale bre 1917), à Bombay (août-septem Musulmans et Hindou^ombèrent( demander le self government sous etnon sous la domination de l'Ai^gl le Self Government à l'intérieur de satisfaire le peuple indien, lui ] prendre sa place de nation libre < monwealth britannique et de renfc liens entre la Grande-Bretagne et
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demande des droits égaux pour tous les sujets britanniques ; on réclame pour Tlnde l'autonomie financière ; on veut qu'elle soit traitée comme une grande puissance civilisée et non comme un champ d'exploitation par les Européens.
Enchaînée sur tant de points du. monde par une lutte tragique, la Grande-Bretagne ne se méprit pas sur la gravité du moment ; elle se décida pour un régime qui doit graduellement faire de l'Inde l'égale des dominions britanniques. Le secrétaire d'État pour l'Inde partait pour étudier sur place le problème hindou de concert avec le vice-roi ; au début de juillet 1918, il publiait un rapport qui conseillait l'adoption d'un programme hardi d'autonomie pour l'Inde ; en décembre 19 19, la Chambre des Communes votait en troisième lecture la réforme du gouvernement de l'Inde, c'est-à-dire le changement le plus important qui ait été accompli depuis la suppression de la Compagnie des Indes. La réforme ne touche pas au gouvernement central qui demeure toujours dans les mains du vice-roi et du Parlement impérial.
Mais elle résout, dans le sens d'une véritable
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autonomie, le gouvernement des ne qui possèdent des assemblées. Un ' bre de questions demeurent sou assemblées provinciales tant qu'el pas acquis une pleine expérience Mais on leur réserve certains dépi leur compétence et leur contrô s'exercer : taxation provinciale, ac rurale et urbaine, instruction publîij travaux publics d'ordre secondaire seront du ressort d'un ministère d< bras devront être choisis par les élu blée et posséder leur conGance. Si réussit pour ces attributions limité* aboutir au self-government complet et s'élabore la solution d'une Inde i Tandis que la Grande- Bretagi dans la vie provinciale de l'Inde d'un système représentatif qu'e étendre dans l'avenir à la vie n mouvements populaires éclataient, esprit de révolte grandissant. To gènes, Hindous et Musulmani ensemble aujourd'hui. Au mois i 1918, la Ligue musulmane de l'In Deuakceon.
contre l'occupation de Jérusalem par l'armée britannique ; elle demandait que la ville fût restituée à une puissance musulmane. Au mois de mars 191g la rébellion éclatait violemment dans le Pendjab ; les cultivateurs protestaient contre l'obligation où les mettait le gouvernement d'acheter leur eau d'irrigation ; à Amritsar et à Labore, les émeutiers incendiaient des banques, des gares de chemin de fer, des stocks de vivres réunis en prévision de la famine. Ailleurs, dans la Présidence de Bombay, les indigènes cultivés encourageaient au début de igiS les paysans à refuser l'impôt ; en ' raison du déflcit de la récolte d'automne, les autorités britanniques avaient décidé de suspendre la levée de l'impôt partout où le rendement serait inférieur au quart du rendement d'une année normale; la Ligue du s Home Rùle » Ht contester un peu partout les estimations administratives et conseiller aux villageois de déclarer une récolte inférieure au quart du rendement ordinaire. Sur ce terrain déjà bien
des émeutes éclataient en mars 1919, des troubles du Pendjab et d'autres
. à Calcutta.
l'hUKOPB et t'ÈVBlL DES PEUPLES IHDtOimiS 3Qt
On assiste dans l'Inde au lent travail qui prépare une solidarité nationale en face de la domination européenne. La sagesse britannique, qui s'aveugle rarement sur les faits, ne s'y trompe pas; elle sait qu'il est temps d'agir, mais elle veut agir sans hâte aiin de créer dans l'ordre. Ce qui caractérise la société hindoue, c'est le contraste entre . une élite d'hommes d'étude, ardente, intellectuelle, inhabile encore aux affaires et une masse engourdie de plus de deux cents millions de paysans illettrés ; ces conditions sociales font penser à la société russe. Avant de confier les affaires aux uns et d'appeler les autres à contrôler ces affaires, il faut une pause, un stage de patience' et d'évolution. Mais quelle que soit l'échéance de la pleine autonomie, le principe qui inspire le mouvement compromet l'avenir de la domination européenne ; car, en dirigeant leurs propres aÛaires, les Hindous travailleront dans. l'intérêt de leur propre paya, et non dans l'intérêt de la Grande- Bretagne.