THÉORIE DE LA RÉTRACTION
Léber dans son œuvre classique Les affections de la rétine (1916) nous donne son opinion sur l’origine du décollement spontané idiopathique.
Il attribue le décollement au tiraillement de la rétine par le corps vitré à la suite d’un état de rétraction, de tension qui provoque la déchirure : le liquide vitréen dégénéré s'échappe ainsi derrière la rétine qu’il soulève. Deux faits viennent prouver cette
théorie :
19 Avant la production du décollement une partie du corps vitré est trouvée liquéfiée ;
20 Il y a toujours une déchirure rétinienne.
lei apparaît donc, pour l’auteur, « le rôle de l’état fibrillaire du corps vitré, adhérent à la rétine par de fins tractus organisés en pont sur le fond rétinien».
C'est en 1908 que Léber montra l'existence de formations cellulo-épithéliales à la surface interne de la rétine, opérant leur traction, d’une part sur la rétine, d’autre part sur le corps vitré. Ces formations épithéliales émanent, sans doute, nous dit l’auteur « de la partie ciliaire de la rétine et de l’épithélium pigmentaire ; la condensation du corps vitré est probablement passive ».
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Ces hypothèses ont trouvé bien des contradicteurs dans la suite, mais parmi les partisans de ce point de vue, nous devons citer Gonin.
Dans de nombreux travaux, particulièrement dans un rapport au Congrès français d’ophtalmologie (1920), cet auteur plaide chaudement en faveur de la théorie de Léber tout en y apportant quelques petites modifications.
Pour Gonin, le corps vitré joue le rôle principal en ce qui concerne la déchirure et le décollement, rôle favorisé par des adhérences déjà existantes du corps vitré avec la rétine. Cette rétraction du vitré est due — comme le disait Léber — à des troubles de nutrition dans le voisinage du corps ciliaire. Sa condensation est produite par l’incursion dàns sa masse de cellules d’origine épithéhale pigmentaires ou non, qui s'organisent en € tractus épithéhaux » et opérent une traction nette sur la rétine, là où ils sont
en contact avec elle. Ceci se constate surtout au niveau des bords de la déchirure. Il est donc presque indiscutable qu’elle en soit le résultat direct.
Le tissu du corps vitré sert de trame à cette incursion d'éléments étrangers et acquiert, de ce fait, une propriété attractive qu’il ne possède pas de lui-même. D'autre part, de simples tractions épithéliales à la surface de la rétine ne Sont pas suffisantes ; les déchirures se produisent aux endroit où se trouvent déjà des adhérences, c’est-à-dire au siège d’un foyer chroïdique. L’exsudation de la tunique vasculaire est un phénomène secondaire.
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La cause initiale de toutes ces altérations est donc une inflammation équatoriale de cette tunique. Elles sont dues également à des troubles chroniques és, d’une part à l’âge, à des inflammations de l’uvée et le plus souvent à la myopie.