THÉORIE DE LA DÉGÉNÉRESCENCE VITRÉENNE
C’est également l’opinion de Vogt : Dans le décollement associé à la myopie, il y a un délabrement de la charpente vitréenne qui se traduit par des lambeaux lâches, effrangés, se déplaçant à tort et à travers lors des mouvements des yeux. Normalement, la même partie revient au même endroit par suite de la consolidation périphérique de la trame du corps vitré. Mais lors que celle-ci se trouve délabrée par suite de graves lésions myopiques, les différentes parties de l’échaffaudage vitréen ne reviennent jamais à la même place : ceci est bien la preuve d’une véritable destruction du corps vitré qui n’est plus fixé à des endroits définis (voir page 18). (75)
La théorie vitréenne trouva des partisans en Siegrost et Schreiller ; Uhthoff et Heine l’approuvèrent en partie, mais la thèse de Gonin se heurta à de nombreux contradicteurs et parmi eux, surtout Jocqs et Sourdille.
Sans dénier la fréquence des déchirures, ce dernier ne lui attribue aucun rôle prépondérant dans
Nous reparlerons plus loin de la déchirure rétinienne, à laquelle nous consacrerons un chapitre spécial.
THÉORIE DE L'HYPOTENSION.
À la théorie de la rétraction que nous venons de décrire se joint tout naturellement un symptôme clinique sur lequel Kummel, un des premiers, a insisté : la pression oculaire.
Samelsohn, Schnabel et Mauthner avaient déjà noté sa chute et Lauber en a reparlé plus tard. Pour Schnabel, l’abaissement de la tension est la cause principale du décollement sous laquelle se groupent les autres symptômes, de même que dans le glaucome, l'hypertension domine le tableau clinique.
Alors qu'avant la découverte de la tonométrie, on considérait souvent la tension comme normale, on a découvert, dans les cas récents, un abaissement plus ou moins considérable de la tension.
Kummel, parmi 52 cas, a trouvé 45 fois une diminution de tension ; seize cas récents (au 14€ jour) avaient de l’hypotension ; vingt autres cas ont montré 16 fois de l’hypotension, parmi lesquels il s’agissait de six cas récents. Une fois seulement on n’a trouvé que 2 millimètres de différence de pression : la plupart du temps, la différence était beaucoup plus sensible ; il y avait presque toujours hypotonie complète des globes oculaires. Les quatre cas qui ne montraient pas d’hypotension concernaient (à
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l'exception d’un cas datant de quatre semaines) des cas de décollement ancien.
(Le procédé de Lagrange se base sur les modifications de la tension puisque son but est de relever la tension abaissée.) Schreiber n’a toutefois pas pu relever d’hypotension au cours de ses observations. Mais Magitot et Alibert dans une toute récente staüistique l’ont trouvé onze fois sur 17 cas (199).
Comme on savait que les yeux myopes avaient tendance au décollement rétinien, on a été amené à mesurer la pression chez les malades atteints de ce défaut de réfraction. Hanssen confirme l’hypothèse de Kummel, car dans un tiers des cas environ il a noté une légère hypotension. S'il s'agissait de deux yeux à réfraction différente, Hanssen a trouvé une hypotension bien plus considérable du côté de l'œil le plus myope. (221) |
Meessmann fait remarquer que le degré de l'hypotonie va de pair avec le degré de la dégénérescence du corps vitré. On comprend alors qu’il y ait abaissement de la tension dans la myopie intense si la pression intra-oculaire dépend de l’état du corps vitré. Kummel en rapporte trois observations (entretemps s’en est ajoutée une quatrième) et Vogt et Hageney rapportent également chacun un cas. Le tableau est, le plus souvent, typique : les auteurs ont remarqué une chambre antérieure profonde, par éloignement de l'iris refoulé très en arrière ; une modification de transparence des milieux liquides et une décoloration intense de l'iris comme dans l’iritis
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avec dilatation pupillaire. Souvent, l’hypotonie peut se produire avant le décollement ; dans les cas cités, en effet, le décollement, malgré un examen minutieux ne fut diagnostiqué que quelques jours plus tard. Le Docteur Coutela a été également à même de suivre un malade semblable.
Quelques auteurs on trouvé de l'hypertension dans le décollement : particulièrement Fuchs qui, dans un ouvrage assez important, conclut à une évolution hypertensive. D’après lui, il peut se produire d’abord une hypertension qui peut persister dans la suite en dépit d’un décollement — alors qu’il est de règle que la pression s’abaisse dans ce cas.
Récemment le Dr Terson a traité avec succès par le thermo-ponction, un décollement de la rétine compliqué de glaucome absolu (229).
Maggiore a également traité quelques cas semblables, ainsi que Seible. Mais il reste certain que si l’on consulte à peu près toutes les productions et ouvrages ophtalmologiques concernant le décollement, on doit conclure, avec Kummel, que l’hypotonie est le symptôme capital, hypertension étant un fait très rare, sortant du cadre des modifications habituelles.