PES
a) Dans tous les cas de décollement récent, où l’obturation des déchirures a été obtenue avec certitude, la guérison a été immédiate et complète, sans l'intervention d'aucun autre traitement. ;
b) Dans tous les cas où le décollement persistart, une recherche attentive a montré que la déchirure visée n'avait pas été obturée, ou qu'il existait une autre déchirure non reconnue auparavant ;
c) Dans les cas où il s’est produit une récidive elle a trouvé son explication dans la formation d’une nouvelle déchirure.
Tous ces faits semblent bien prouver que la déchirure est la base fondamentale du décollement de Ja rétine.
Si l’on remet l'intervention, le pronostic s'aggrave : done si l’on désire obtenir de bons résultats, on rejettera le traitement par piqûres ou tout traitement temporisateur.
Dans les décollements récents (datant de moins de trois semaines), on obtient trois guérisons sur cinq. Dans les décollements de trois semaines à trois mois : deux guérisons sur cinq. — Enfin, dans ceux de plus de trois mois, une guérison sur cinq.
Les raisons anatomiques en sont données par Kummel (221) (Speciale cirincione).
S’occupant de la question des rapports qu’il y a entre les propriétés de la rétine et les modifications anatomiques, 1l nous donne l’explication suivante : « [se produit d’abord une disparition du bout distal des bâtonnets et des cônes, ce qui permet à une masse
légèrement granuleuse et informe de les séparer de l’épithélium pigmentaire. Celui-ci se trouve ainsi isolé des couches avoisinantes. — Puis, les bâtonnets et les cônes montrent par endroit un léger renflement et une disposition un peu irrégulière. Si cet état persiste, la disposition des parties externes des cellules visuelles devient très irrégulière. Celles-ci sont soudées par une masse granuleuse qui s’immisce dans tous les espaces décollés. |
Si la dégénérescence s’accentue et continue son évolution il ne reste plus qu’une faible sensibilité à la lumière. Puis, le remplacement des bâtonnets et des cônes par des faisceaux et des cellules de néoformations où par une dégénérescence eystoïde, finit par supprimer toute sensibilité. »
Cependant, ceci n’est pas toujours exact, nous en avons la preuve dans les trois cas publiés par Vogt (Klin. M. B. L. D. Augen, 1929),et qui donnent une éloquente réplique à ceux qui doutent des résultats de Gonin dans le traitement de décollements anciens : |
« Dans un cas, 1l s’agissait d’un décollement datant de deux ans avec grande déchirure nasale. Une seule cautérisation oblitérante à entraîné la guérison qui persiste depuis plus d’un an et demi.
Un second décollement avec déchirure temporale a été traité au bout de cinq mois de la même façon, la déchirure fut oblitérée entraînant une guérison qui persiste depuis un an et demi avec acuité vi-
suelle de 0,7.
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Dans le troisième cas, on a cautérisé six mois après l'apparition du décollement et on a obtenu une guérison qui persiste depuis plus d’un an et demi avec acuité visuelle de 0,6. »
Ainsi, on ne doit pas conclure que seuls les cas récents sont opérables, mais si l’état de la rétine et du vitré semblent le permettre, il ne faut pas hésiter à tenter l'intervention.