‹ Le Décollement De La Rétine Et Son Traitement Par La Méthode De GoninChapitre 31 sur 79 · SUITES OPÉRATOIRES · texte numérisé non relu

SUITES OPÉRATOIRES

L'intervention est indolore et les douleurs pos- : opératoires sont minimes ; le sujet reste couché 8 à 10 jours, la tête est immobilisée de façon à ce que la rétine, suivant les lois de la pesanteur se réapplique (pour le décollement supérieur, la tête sera plus basse que de corps ; pour un décollement inférieur, la position est inverse ; pour un décollement latéral, la tête est inclinée du côté correspondant) (Bib. ,214).

On change le pansement au bout de 48 heures ; lavage des bords palpébraux, instillation d’une goutte d'atropine. On peut vérifier l’état de la lueur pupillaire. L’œil est généralement peu injecté, une fois seulement, nous avons observé une forte rougeur cilaire et sclérale avec un trouble du vitré important ayant régressé ultérieurement complètement. Au bout de 4 à 5 jours, on peut pratiquer un examen ophtalmoscopique. Si la rétine est recollée, le fond d’œil est tout à fait normal, la déchirure est obturée, et à son niveau on voit une tache blanche arrondie bordée de pigment. Les sutures de la conjonctive

sont enlevées au 8 jour et le malade se lève au 9 ou 10 jour. Il est inutile de laisser plus longtemps le sujet en position horizontale, car de deux choses l’une, ou la rétine est recollée d’une façon complète, ou elle n’est que réappliquée et non recollée (les vaisseaux n’ont pas récupéré leur couleur normale), dans ce dernier cas, quelle que soit la durée du séjour au ht, la rétine se soulève à nouveau, dès que le décubitus cesse ; notre conception résulte des observations faites à propos de nombreux malades, traités par d’autres méthodes que le Gonin et soumis sans résultat à un décubitus très prolongé. (observations A. B. C.)

Lorsque le malade est levé, on l’examine attentivement en chambre noire pour vérifier si la déchirure est bien obturée ; la cicatrice opératoire arrondie, blanche, bordée de pigment, a un diamètre variable (1 à 3 D. P.), qui dépend, semble-t-il, du temps de séjour du thermo-cautère. Celui-ci comme nous l’avons déjà dit, donne des cicatrices plus étendues que le galvano. Nous avons souvent observé des hémorragies rétiniennes au pourtour de la cicatrice, et là où siégeait le décollement, parfois on note des plis partant de la région thermo-cautérisée. Si la déchirure a été partiellement oblitérée, il faut attendre, car le travail de sclérose se poursuit et peut aboutir à la fermeture complète de l’orifice.

Si la thermo-cautérisation n’a pas atteint la déchirure par suite d’un repérage défectueux, on réinterviendra 15 jours après la première opération, en tenant compte de la distance séparant la déchirure

RÉNPAMEE

de la cicatrice opératoire visible à l’ophtalmoscope ; le point marqué sur la sclérotique à l’encre de Chine, correspondant à la première opération, est un repère précieux ; chez une de nos malades, c’est à la troisième intervention que nous avons thermo-cautérisé exactement la déchirure ; chez d’autres, après deux interventions, nous avons obtenu le résultat désiré ; chez un malade opéré deux fois et guéri, les thermo-cautérisations ont porté en dehors de la déchirure ; la première était trop périphérique, la deuxième trop postérieure, mais très voisine de la déchirure. Après cette deuxième intervention, les lèvres de la déchirure se sont rapprochées et la déchirure s’est fermée. Il est très important, comme nous l’avons déjà écrit, de thermo-cautériser la lèvre la plus postérieure de la déchirure ; et les meilleurs résultats immédiats sont ceux où, après un repérage exact, le thermo-cautère a oblitéré d’emblée la déchirure.

On est amené à pratiquer des réimterventions, lorsque le repérage a été insuffisant, lorsque la déchirure est trop grande pour pouvoir être oblitérée en une fois, et enfin lorsqu'il existe des déchirures multiples éloignées les unes des autres (obs. n° 3 et 4),

Nous sommes intimement convaincu de la nécessité d’obturer la déchirure pour recoller la rétine ; et nous insistons particulièrement sur l’inocuité des thermoponctions oblitérantes que nous avons pratiquées (Veil et Dollfus).

Gonin a résumé ainsi le résultat de sa longue expérience, en 1929, à Amsterdam :

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