RARES
D. Les rechutes.
Quand un décollement a été traité, qu’il semble guéri, et que malgré cela il se reproduit au même endroit, soit parce que la déchirure n’a pas été entièrement atteinte et bouchée, soit parce qu’il y a plusieurs déchirures, il s’agit là d’une rechute : le décollement se reproduit sur place.
Les rechutes qui se reproduisent dans ces conditions ne doivent pas surprendre l’opérateur, « il peut même les prévoir en bien des cas et garder son malade sous surveillance ; au reste, ce temps d’observation nécessaire ne dépasse guère 15 jours ou 3 semaines, car il est exceptionnel qu’un décollement rétinien guéri par thermo-ponction se reproduise après
ce délai» (205).
E. Les recidives.
Tout autres sont les cas guéris par thermo-ponction et chez lesquels se produit un nouveau décollement parce qu'il est survenu une nouvelle déchirure. C’est ce qui arrive pour les rétines friables présentant de la chorio-rétinite, qui se déchirent après une réapplication et souvent après un temps assez long de guérison (10 mois).
Jeandelize et Beaudot ont eu l’occasion de constater le fait six fois sur 24 opérations, soit dans 25 % des cas et cela 3, 5, 6, 9, et 10 mois après la guéri-
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son. Des cas de ce genre ne peuvent certes pas être considérés comme des rechutes et par conséquent comme des insuecès, ce sont des récidives.
Les plus décevantes sont celles qui se succèdent dans des secteurs différents de la rétine ; elles se voient surtout après l’opération d’un décollement de date déjà ancienne et sont probablement l'indice d’une rétraction générale du corps vitré. Elles ne comportent cependant pas toujours une situation désespérée comme en font preuve les 3 observations citées par Gonin dans le n° de juillet 1931 des Archives d’'Ophtalmologie. Une nouvelle opération faite dans chacun de ces cas a provoqué en effet, une réapplication complète qui a persisté par la suite.
Une intervention qui serait suivie fréquemment de rechutes, nous dit Gonin, prouverait que la recherche préalable d’une déchirure n’a pas été suffisamment exacte pour les déceler toutes ou apprécier leur dimension réelle ou bien que les moyens employés pour en fixer les bords étaient impuissants à créer une adhérence durable. |
Des récidives précoces se produisant régulièrement au point opposé de l’œil indiqueraient que l’inter-
vention a été trop brutale, soit par la rapidité de l'évacuation du liquide, soit par le déplacement exa-
géré du corps vitré vers la plaie opératoire.
En revanche, les rédicives tardives ne sont pas vraisemblablement en relation avec le procédé par lequel un premier décollement a été réappliqué, et sous ce
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rapport la cicatrice laissée par une cautérisation n'offre pas les dangers que l’on s’est plu à lui attribuer. S'il en était, comme on l’a supposé, la thermoponction multiple serait presque infailliblement suivie d’une récidive. Or, dans un cas opéré par thermoponction unique, en date du 16 octobre 1916, soit il y a près de 15 ans, et dans quelques autres cas semblables que Gonin suit depuis plus de 8 ans : au-
cune récidive n’a été signalée.
Telles sont les complications et les causes d’échec du traitement de Gonin. Mais, la grosse raison vient surtout de ce que la thermo-ponction oblitérante est une méthode chirurgicale qui n’atteint pas, comme d’ailleurs les autres procédés chirurgicaux, la cause profonde de la maladie. Il faut, comme le préconise Sourdille, y ajouter un traitement d'ordre général qui pourra améliorer l’état de la rétine et du corps vitré. «Mais ceci ne doit pas nous empêcher de réduire au minimum les risques de rechute par une obhtération aussi exacte que possible des déchirures rétiniennes, et nous devons nous féliciter de ce que les récidives ne viennent que dans une petite minorité de cas remettre en question la guérison obtenue. »
Gonin.
L'EXAMEN OPHTALMOSCOPIQUE