XX. — Me Berthe Cos, 37 ans. O. D. : myope
39 juillet 1931. — Est adressée au DT Veil par le Dr Gautrand parce que depuis deux jours tous les objets perçus par l’œil droit sont dans un brouillard. V. 0. D. : Voit la main à 10 centimètres. Antécédents : rien à signaler. Bon état général. B. W. négatif. Urines normales.
V. O. G. : 1. — Examen O. D. : Myopie forte. Cet œil a toujours été amblyope. Cornée, chambre antérieure, cristallin normaux. Décollement rétinien survenu il y a trois. jours, flottant, surtout supérieur, effleurant la papille. Quelques corps flottants. Quelques plis dans la rétine inférieure.
Déchirure supéro-interne dans le méridien de {I heures, petite, avec clapet dans le vitré, comprise entre deux vaisseaux, à 4 D. P. de l’ora. Champ visuel absent sauf dans la partie nasale.
80 juillet 1931 : Thermo-ponction oblitérante à 14 millimètres du limbe (Paquelin). Pas d’incidents.
11 août 1931 : La malade a parfaitement supporté l’intervention. Pas trace de réaction. Fond d’œæil : rétine complètement recollée. Déchirure oblitérée et comprise dans le tissu cicatriciel de la thermo-ponction. Champ visuel normal. V. O. D. : — 12 : 0,2.
12 octobre 1931. — V.O. D. : — 12 :3/10 ; pas de complica-
tions ni de récidives.
3 février 1932. — Même état. V. O. D. : — 12 : 3/10.
En résumé : Oeil amblyope et myope, atteint d’un vaste décollement récent de deux jours, supérieur, avec déchirure sapéro-interne oblitérée par une seule thermo-ponction.
La guérison complète se maintient depuis sept mois.
XXI. — Mme Marie N.., 67 ans. O G : myope. — Vient consulter à l’Hôtel-Dieu le 3 août 1931 : décollement de la rétine de l’œ1il gauche.
L’œil droit ne voit rien : il est atteint d’un ancien décollement. L’œil gauche ne distingue plus que les mouvements de la main dans un petit secteur du champ visuel en haut et en dehors.
Le C. V. est impossible à prendre.
Le début du décollement semble remonter à 10 jours environ.
L’examen du fond d’œil montre : quelques corps flottants, une poche temporale de décollement recouvrant complètement la papille et ne permettant pas d’avoir une base précise pour mesurer le parallèle.
Il existe en effet une déchirure sur le méridien de IIT heures, sa distance à l’ora est estimée de 5 à 6 D. P.
Ses lèvres sont flottantes et un clapet le recouvre en partie.
4 août 1931. — Thermo-ponction oblitérante : méridien de IIT heures, à 17 millimètres du limbe. ; 7 août. — La malade supporte bien l'intervention, mais
cependant on constate une réaction conjonctivale assez forte avec secrétion abondante. La chambre antérieure est très profonde.
Malgré cela très bonne lueur pupillaire.
10 août. — Œil calme : bonne lueur pupillaire. 11 août. — La malade est assise dans son lit. 13 août. — La malade se lève. Très bonne lueur pupil-
laire : la rétine semble réappliquée partout, mais les détails du fond d’œil sont difliciles à observer à cause de l’opacité
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cristalidienne ; la cicatrice opératoire parait englober la déchirure qui n’est plus visible.
Le C. V. est normal, sauf en haut et en dehors où il est un peu limité. V. O. G.: — 4: 1/15.
17 septembre. — V. O. G.: — 4: 1/8; C. V. limité en dehors.
24 septembre. — La rétine présente encore de gros plis
en dedans et en haut ; la cautérisation a bien porté sur la déchirure, mais celle-ci n’est que très incomplètement obturée. V, O. G. : — 4 : 1/8. |
2 octobre. — Même état rétinien. Le malade aurait eu quelque obnubilations visuelles. V. O. G. : 1/8 sans verres.
16 octobre. — Le décollement s’est reformé presque partout, le champ visuel est très réduit. V. O. D. : compte les doigts à 0,50 seulement.
21 janvier 1932. — NV. O. D. : perception lumineuse seulement, pas de changement depuis cette date.
En résumé : Malade présentant un double décollement : ancien de l’œil gauche et récent de l’œil droit. La thermoponction oblitérante n'ayant pas bouché entièrement la déchirure, le décollement après quelques jours d’amélioration, s’est entièrement reproduit.
XXII. — Mme Joséphine Wak..., 44 ans. O. D. : myope. Vient consulter à l’Hôtel-Dieu, le 6 octobre 1931 pour un décollement de la rétine de l’œil droit, remontant à 2 mois (fin juillet) et survenu au moment des règles. Myope des deux yeux (— 9 diopt. O. D.), la malade a une acuité visuelle de 4/10 (avec — 9) de l’œil gauche. L’œil décollé compte à peine les doigts à 0 m. 50. Cet œil n’a jamais bien vu. Il semble que l’on soit en présence d’une ambliopie de VO. G. Le champ visuel est conservé seulement dans sa partie supérieure.
6 octobre 1931.— L'examen de l’œil sain dénote de nombreuses plaques de choroïdite périphérique. L’œil malade
présente des corps flottants du vitré, un décollement inférieur diffus, externe et interne et postérieur cachant en partie la papille et complètement la macula. Il est strié de plis surajoutés partant en éventail d’une large déchirure inférieure. Cette déchirure située sur le méridien de VIT heures est de forme triangulaire. Sa largeur de base est de 3 D. P... Elle correspond à l’ora entre V h. 1/2 et VI h. 1/2. Sa pointe extrême regarde le pôle postérieur et se trouve environ à 3 D. P. de l’ora. Cette malade est très déprimée. Son état général est mauvais ainsi que son psychisme. B. W. négatif. Urines normales.
Cependant, on institue un traitement par CyHg intraveineux.
24 octobre 1931. — Après quelques jours de décubitus on ne remarque aucun changement du fond d’œ1l. Mème champ visuel : seulement la partie supérieure est conservée, pas de vision centrale. La déchirure et le décollement sont tellement étendus que l’on hésite à intervenir.
27 octobre 1931: — Thermo-ponction oblitérante. Méridien de VI h.- XII h. à 11 mm. 5, du limbe de façon à tomber sur la pointe de la déchirure.
TI novembre 1931. — La malade a bien supporté l’intervention : les milieux sont clairs ; pas de changement de la lueur pupillaire.
5 novembre 1931.— La malade est levée ; l'examen du fond d’œil ne dénote aucun changement du décollement, la déchirure persiste moins étendue, sa base est moins large. La cicatrice opératoire se voit sur la lèvre externe de la déchirure : elle prend l’aspect d’une zone grise d’une surface de 1. D. P. On remarque les mêmes plis, le même décollement maculaire : seule la partie supérieure de la rétine est normale. Pas de vision centrale. Champ visuel inchangé.
10 novembre 1931. — La malade est très fatiguée, son état psychique n’est pas bon. Elle refuse toute nouvelle