‹ Le décollement de la rétineChapitre 27 sur 81 · C. 3 mois à un an · texte numérisé non relu

C. 3 mois à un an

Ce tableau ne révèle pas de différences bien grandes selon l'ancienneté du décollement. Il ne vient donc à l'appui ni de l'affirmation de SouRDiLLE (86) que les déchirures deviennent plus rares dans les cas anciens parce qu'elles se fermeraient spontanément, ni de l'opinion opposée selon laquelle ces déchirures se produiraient secondairement au décollement par des effets de macération du tissu rétinien (Lœwenstein 58). Il faut se rappeler toutefois que, dans les cas anciens, la recherche des déchirures est plus laborieuse et qu'elles échappent plus facilement à l'observation.

D. Fréquence relative des différents types de déchirures.

Dans 68 % des cas, le décollement paraît être résulté d'une déchirure à lambeau ; 22 fois sur 100 je n'ai trouvé que des perforations sans lambeau visible et 10 fois, une ou plusieurs désinsertions. En quelques occasions deux de ces types se trouvaient coïncider, mais l'on pouvait reconnaître avec quelque vraisemblance quelle avait été la déchirure initiale. Ainsi, dans

l'observation représentée par la fig. 5, Tab. XI, la déchirure à lambeau devait avoir précédé l'apparition d'une série de petites perforations du reste en partie incertaines et dans celle de la pi. XV, la désinsertion avait certainement joué un rôle plus important que les deux perforations voisines. Il est probable d'ailleurs que plusieurs des déchirures notées comme perforations résultaient de l'arrachement de leur opercule ou lambeau (fig. 4, Tab. XI) et non pas d'un processus simplement atrophique ; la distinction en est parfois difficile.

Shapland (165 et 234), en deux statistiques successives dont ne sont pas exclus les cas trauuiatiques, donne pour ]es désinsertions la forte proportion de 31 "/î,, les déchirures à lambeau représentant le 25 % (ou le 35 % si on y comprend les déchirures de type irrégulier) ; et les perforations sans lambeau 34 %. Il y a prédominance marquée des déchirures irrégulières ou à lambeau dans la myopie forte et des perforations sans lambeau dans la myopie quel que soit son degré, tandis que la proportion des désinsertions est surtout élevée dans les veux non mvopiques conformément à mes propres observations (XXV. p. 326).

Il est rare qu'en un même cas on note plus de deux ou trois déchirures à lambeau. Les perforations en revanche sont fréquemment multiples jusqu'à dépasser le nombre de dix ou douze dans une même rétine. Quant aux désinsertions, on les voit tantôt simples, tantôt se succédant par deux ou trois comme une série de festons.

Quand le décollement rétinien est bilatéral, les déchirures sont habituellement du même type aux deux yeux (voir Tab. XVII, 2 A et B).

E. Localisation des déchirures.

NoRDENSON (11 p. 203) avait signalé la prédominance des déchirures rétiniennes dans le secteur supéro-externe de l'œil et je pus confirmer en 1920, dans ma propre statistique, qu'elles étaient environ deux fois plus fréquentes dans la moitié supérieure que dans la moitié inférieure, à l'exception toutefois des désinsertions qui se voyaient presque exclusivement dans les régions inférieures (vi p. 14 et 15). En 1928, sur la base de 75 observations nouvelles, je représentai graphiquement la localisation des trois types de déchirures (fig. 43). Cette comparaison, étendue plus récemment à 225 cas, m'a confirmé dans ses grandes bgnes ce graphique, mais pour ne pas le surcharger je l'ai laissé tel qu'il était et le compléterai seulement par une moyenne calculée pour 100 cas :

a) Abstraction faite des déchirures occupant le méridien horizontal, 68 % siégeaient dans la moitié supérieure de la rétine et 27 (y compris 9 désinsertions) dans la moitié inférieure.

b) Abstraction faite des déchirures occupant le méridien vertical, 67 % se voyaient dans la moitié temporale de l'œil et 28 dans la moitié nasale.

PATHOGENIE

c) La prédominance des déchirures dans le secteur supéro-temporal de l'œil s'affirmait par 43 % du total, tandis que la proportion en était de 22 % dans le secteur supéro-nasal, de 20 % dans le secteur inféro-temporal et de 6 % seulement dans le secteur inféro-nasal, les autres déchirures occupant les méridiens vertical ou horizontal.

Ces chiffres sont presque identiques à ceux que donne Arruga (178).

Fig. 43. — Distribution schématique de 75 déchirures rétiniennes.

T = côté temporal ; N = côté nasal ; S = côté supérieur ; I = côté inférieur. Le cercle extérieur correspond à Tora serrata ; les autres cercles indiquent les zones rétiniennes sises à 2, 4, 6, 8 diamètres papillaires de l'ora. Les traits — signifient les désinsertions de la rétine. Les figures angulaires V signifient les déchirures à lambeau. Les points 9 indiquent les perforations ou déchirures sans lambeau visible.

Il est surtout instructif au point de vue pathogénique de comparer la locahsation des trois types de déchirures :

1° Les désinsertions intéressent presque sans exception la région inférieure ou temporale. Hormis les cas traumatiques, je n'en ai noté sur plus de 400 observations qu'une seule paraissant avoir débuté en haut : il s'agissait d'un arrachement de la rétine sur toute sa demi-circonférence supérieure, semblable à ceux qu'ont décrits entre autres Ballantyne (129) et NÈGRE (224), la moitié supérieure de la rétine se trouvant rabattue par devant la papille sur la moitié inférieure.

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