INFÉRIEURE
TAB. XIX
DÉCOLLEMENT SUPÉRIEUR, AVEC PERFORATION RETINIENNE, AYANT FAIT SUITE A UNE
THERMOPONCTION INFÉRIEURE.
(Dessins de M»e H. Dubois.)
A. — Soulèvement de la rétine dans la région inférieure, avec double poche saillante ; sur l'une d'elles, on remarque un nodule blanchâtre un peu en avant de sa surface. Le seul point suspect d'être une déchirure se trouve dans la région inféro-temporale, au centre de replis rétiniens formant une sorte de cratère.
B. — Même cas, 13 jours après une thermoponction sur le point suspect noté dans le rayon de VII h. La cicatrice opératoire, un peu cruentée et avoisinée de petites hémorragies, est entourée d'un anneau de coagulation. Rétine rappUquée dans tout le territoire de l'ancien décollement, à l'exception d'un simple petit repli. Le nodule blanchâtre est encore visible à sa surface. Soulèvement supéro-externe développé depuis deux jours, avec petite perforation ovalaire de la rétine.
Notes cliniques. — M. C, 45 ans. Pas de myopie. Il y a quatre ans, trouble du champ visuel supérieur ; à la suite d'injections sous-conjonctivales, le champ visuel s'est rétabli, mais il a subsisté de la métamorphopsie. Aggravation nouvelle depuis huit jours. Numération des doigts à trois mètres. Une thermoponction, faite à 14 mm. du limbe dans le rayon de VII h., ramène une acuité centrale de 0,4 avec un aspect ophtalmoscopique normal. C'est onze jours après l'opération, c'est-à-dire après la suppression du bandage et la première sortie, que sont apparus des photopsies vers le bas et le décollement supérieur. Une seconde thermoponction, faite au niveau de la perforation, amène à nouveau une rapphcation complète de la rétine, mais encore une fois la vision se trouble au douzième jour, par le fait d'hémorragie diffuse dont le point de départ semble être non point la cicatrice opératoire, mais une région voisine dans la rétine. (Le malade en question avait évidemment une propension particulière aux hémorragies, et le trouble visuel qu'il avait remarqué quatre ans auparavant était peut-être de même nature, ce que semble confirmer la présence du nodule blanchâtre demeuré au-devant de la rétine (caillot de fibrine ?).
On ne peut établir ici avec certitude si l'apparition du décollement supérieur, consécutive à la première thermoponction, avait le caractère d'une récidive ou si elle résultait de la réouverture de la déchirure initiale du décollement. Quoiqu'il en soit, l'action attractive du corps vitré paraît avoir été en cause, puisque le décollement secondaire s'est produit après cicatrisation de la plaie opératoire.
J. GONIN
I,E DECOLLEMENT DE LA KETIME
TAB. XIX
TAB. XX
DÉSINSERTION ÉTENDUE OBTURÉE PAR SIX THERMOPONCTIONS
TAB. XX
DÉSINSERTION INTERESSANT LE TIERS DE LA CIRCONFÉRENCE RÉTINIENNE ; OBTURÉE PAR SIX THERMOPONCTIONS.
A. — Le bord de la rétine désinsérée est un peu retourné en dedans. Le soulèvement dessine une succession de vagues s'étendant jusqu'à la macula qui est légèrement déformée ; au-devant d'elle se voit un anneau grisâtre (déhiscence de la hyaloïde postérieure ?). Dans la région inférieure, groupe d'opacités ressemblant à des pépins de fruits, de la nature de celles qui sont décrites à la page 57 ; leur déplacement parallactique montre qu'elles sont suspendues au sein du corps vitré bien en avant du plan rétinien ; elles s'accompagnent d'un trouble diffus de la masse vitréenne.
B. — Même cas, après six thermoponctions ; la première, dont la cicatrice montre des plis irradiants, a été faite à dessein fortement en arrière, afin de ne pas enfermer entre l'adhérence créée et la raacula un trop grand nombre de plis rétiniens. Les cautérisations subséquentes ont été échelonnées le long du bord de la désinsertion, de façon à y former un barrage complet ; les deux dernières d'entre elles, datant l'une de quinze jours et la supérieure de huit jours, sont encore bordées du coagulum vitréen, tandis que les précédentes ont conflué par la formation d'adhérences chorio-rétiniennes. Les plis de la région maculaire ont disparu ; l'anneau vitréen s'est déplacé un peu vers le bas. La rétine est partout rappbquée sauf dans la région inférieure où elle montre encore un léger soulèvement. Les opacités en forme de pépins sont encore visibles.
Notes cliniques. — D^ M., 25 ans (XXXI, p. 702. Obs. I). Œil gauche perdu depuis quelques années par décollement rétinien. Pas de myopie. Métamorphopsie remarquée à l'œd droit depuis deux mois. Acuité visuelle de 0,1 ; la première thermoponction, en tendant légèrement les replis rétiniens, la ramène à 0,2. Au départ, soit un mois après la dernière thermopontion, V = 0,6. Deux ans plus tard, V = 0,9. Les pUs irradiants se sont effacés. Les cicatrices opératoires forment une bgne d'adhérences continue sur le bord de la désinsertion et la rétine est entièrement rappUquée. L'état se maintient depuis six ans (voir la lettre à page 200).
Ce cas, dont le traitement a été encore comphqué par l'explosion d'un glaucome à l'autre œil, puis par une otite aiguë, a été décrit et démontré en dessins au Congrès d'Amsterdam, en 1929 ; il est un exemple de démarcation opératoire comme Lindner et GuiST en ont pratiqué plus tard avec les cautérisations chimiques, en donnant ce procédé de barrage comme nouveau. II est en outre intéressant parce qu'il démontre que des déchirures secondaires ne font pas nécessairement suite aux phs irradiants, ni à l'attraction de la masse vitréenne vers les cicatrices opératoires, attraction qui s'est manifestée dans le cas présent par le déplacement de l'anneau vitréen.
J. GONIN
LE DECOLLEMEINT DE LA RETINE
TAB. XX