TAB. XXIII ET XXIV
OBTURATION INCOMPLETE DE DECHIRURES RETINIENNES
TAB. XXIII
Grande déchirure, fermée par extension de la cicatrice d'une thermoponction.
A. — Soulèvement peu saillant, mais avec plis nombreux, de la moitié inférieure de la rétine. Déchirure en fer à cheval avec lambeau proéminent. A la périphérie inférieure, entre une ligne de pigmentation et l'ora serrata, adhérence intime de la rétine à la choroïde, simulant un peu une désinsertion rétinienne (peut-être ancienne désinsertion avec démarcation spontanément formée ; cet aspect n'est au reste pas rare dans les yeux fortement myopiques : voyez aussi Tab. XXXVI et XXXVII).
B. — Même cas, 9 jours après la thermoponction. La cautérisation a porté en plein sur le lambeau de la déchirure, mais celle-ci demeure ouverte. Le coagulum vitréen se voit sur le bord périphérique de la cicatrice. Quelques hémorragies dans le voisinage. Rétine rappUquée, sauf à proximité immédiate de la déchirure.
Notes cliniques. — M^e G., 46 ans (XVIII, Obs. 1). Famille de forts myopes ; le père, un frère et un oncle maternel ont eu le décollement rétinien. Le trouble visuel date de quinze jours. Numération des doigts à 1 % m. La dimension de la déchirure donne à penser qu'elle ne pourra pas être fermée d'une fois et qu'il faudra deux thermocautérisations. Le résultat opératoire fait craindre que le coup trop bien centré nécessitera encore plus d'une intervention, mais la malade ayant prolongé son immobihsation quinze jours de plus, on voit que la cicatrice s'étend et englobe graduellement le bord resté libre de la déchirure. V = 0,1, avec un peu de métamorphopsie. Un mois plus tard, l'ouverture est entièrement obturée. La figure 2, tab. XXV, montre l'aspect de la cicatrice neuf mois après l'opération. La guérison se maintient actuellement depuis sept ans.
TAB. XXIV
Rechute causée par obturation incomplète d'une grande déchirure.
A. — Décollement saillant de la moitié supérieure de la rétine. Du côté nasal, grande déchirure en équerre. La Ugne en pointillé montre le territoire sur lequel a été dirigée une thermoponction qui a intéressé les deux lèvres de la déchirure, dans sa partie centrale.
B. — Même cas, 17 jours après la thermoponction. On voit la cicatrice entourée d'un bourrelet de coagulum et d'une zone d'adhérence chorio-rétinienne en voie de pigmentation, avec quelques rehquats hémorragiques. Cette zone de réaction semble avoir englobé l'un des prolongements de la déchirure, mais l'extrémité de la corne supérieure, qui avait paru fermée, était en réalité restée libre. Un soulèvement nouveau de la rétine, peu saillant et sans repbs, vient de se former dans la région supérieure, qui les jours précédents apparaissait entièrement rapphquée. Cette rechute a nettement son point de départ au niveau de l'extrémité non obturée de la déchirure ; à noter qu'elle ne tend pas à reproduire dans toute son étendue le premier décollement, mais semble éviter le territoire voisin de la cicatrice opératoire. Cette rechute a été conjurée par une seconde thermoponction, faite 3 mm. au-dessus de la précédente.
(Dans un cas analogue, la rechute, partie également du prolongement non obturé d'une déchirure siégeant dans la région supéro-nasale, s'est manifestée par un soulèvement qui a envahi graduellement la zone périphérique supérieure, puis la périphérie temporale et inféro-temporale, de façon à constituer un décollement semi-circulaire autour des régions précédemment décollées (voyez à la page 224).
,T. GONIN
TAB. XXIII
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J. GONIN
LE DECOLLEMENT DE LA RKTINE
TAB. XXIV
TAB. XXV
CICATRICES OPERATOIRES
TAB. XXV
Aspect ophtalmoscopique de diverses cicatrices opératoires.
Fig. 1. — Cicatrice de thermoponction au paquelin, dix semaines après obturation d'une longue déchirure à lambeau (voyez Tab. XIII, fig. 6). La partie centrale de la cicatrice est légèrement excavée. Le trajet des vaisseaux rétiniens paraît quelque peu modifié. (Aquarelle de Iseli, obligeamment communiquée par le Prof. Siegrist.)
Fig. 2. — Cicatrice neuf mois après la fermeture graduelle de la déchirure représentée sur la planche XXIII, à la suite d'une thermo-cautérisation ayant porté uniquement sur le lambeau rétinien. Cette cicatrice est traversée par un vaisseau néoformé. Quatre ans plus tard, son aspect n'avait pas changé.
Fig. 3. — Cicatrice rétinienne de thermoponction, vue au travers d'une fenêtre qui s'est produite dans une couche de vitré densifié et opacifié ; le bord de cette fenêtre est marqué par un coagulum vitréen ; il accusait, par rapport au plan profond, un déplacement paraUactique bien marqué. L'absence de vaisseaux montre bien que le champ grisâtre appartient au corps vitré et non pas à la rétine.
Fig. 4. — Cicatrices de deux thermocautérisations au paquelin, ayant porté sur la lèvre d'une désinsertion rétinienne qui durait depuis plusieurs mois. La cicatrice de droite date de quatre semaines et s'accompagne de pbs irradiants ; celle de gauche date de huit jours et montre un anneau de coagulum ; sur son bord postérieur, déchirure secondaire qui vient de se former. (Si cette déchirure résultait d'une nécrose de la rétine consécutive à la thermocautérisation, elle serait évidemment circulaire à l'escharre opératoire.)
Fig. 5. — Foyers d'électro-coagulation produits par les électrodes de Weve représentées par la fig. 67, au sein d'une rétine à peine soidevée.
A. — Moitié de gauche : la grande plaque légèrement surélevée, avec petites hémorragies, résulte d'une application de l'électrode en boule à la surface de la sclérotique (200 m. a.). Les deux petits foyers marqués d'un point noirâtre en leur centre résultent de piqûres endothermiques à l'aide de l'aiguille.
B. — Moitié de droite : trois semaines après l'application diathermique, la grande plaque de coagulation s'est transformée en une aire finement pigmentée et les deux piqûres ont laissé des cicatrices pareilles à de petits foyers d'atrophie choroïdienne. Peu de jours après, on a vu se former un nouveau soulèvement rétinien et l'on note une perforation rétinienne fraîche au voisinage de l'une des cicatrices. Comme la déchirure de la figure précédente, cette perforation secondaire n'est vraisemblablement pas l'eifet d'une nécrose, puisqu'elle ne confine pas exactement à la cicatrice laissée par la piqûre endothermique.
Fig. 6. — A. — Dessin supérieur : bande de diathermo-coagulation avec quelques hémorragies produites par une série d'applications avec l'électrode en forme de boule, et trois microponctions faites avec les aiguilles courtes de Weve. Dessiné cinq jours après l'intervention.
B. — Dessin inférieur : même cas, dessiné cinq semaines plus tard. La série des diathermo-coagulations s'est transformée en une bande de pigmentation avec reliquats hémorragiques et les trois microponctions en autant de cicatrices pareilles à de petits foyers atrophiques.
Fig. 7. — Cicatrices d'applications diathermiques et endothermiques sur le bord d'une large déchirure de la rétine, dessinées un mois après l'intervention. Ces cicatrices ont été produites : 1° en haut à gauche, par trois électrodes libres ou« clous» de Safar : 2" à droite en haut, par quatre piqûres avec les aiguUles courtes de Weve (0,75 mm.) ; 3° à gauche, par les cinq pointes d'un « râteau » de Safar ; 4^^ à droite, par une électrode en forme de boule selon Weve.
J. GONIN
LE DECOLLEMENT DE LA KETINE
TAB. XXV
Fig. 7.
TAB. XXVI