DÉCHIRURE RÉTINIENNE BÉANTE, FERMÉE PAR DEUX THERMOPONCTIONS
A. — Décollement très saillant de la moitié supérieure, datant de treize jours, dans un œil fortement myopique. Dans la région supéro-nasale, déchirure largement béante, par suite du ratatinement de son lambeau. Au-dessous de la papiUe et fort en avant du plan rétinien, se voit une opacité irrégulière en forme d'anneau incomplet et qui doit provenir de l'artère hyaloïde détachée de la papiUe mais restée sohdaire des couches postérieures du corps vitré décollé (voyez page 56 ; Tab. XI, fig. 2 ; Tab. XXXIII et XXXIV).
B. — Une thermoponction, faite à 14 34 nim. du bord cornéen dans une direction légèrement plus verticale que le centre de la déchirure, a fixé le bord temporal de celle-ci à la choroïde ; dix-sept jours plus tard, le décollement se trouve également rapphqué dans la région temporale, mais subsiste avec une saillie accentuée dans la région nasale. On note que la déchirure n'est que partiellement fermée ; son bord inférieur et le lambeau étant attirés vers la cicatrice, sa partie nasale demeure ouverte. A noter que l'opacité rétro-vitréenne ne se voit plus, probablement par le fait que la masse du vitré s'est elle-même rappliquée sur la rétine, à la suite de la thermoponction.
C. — Une seconde thermoponction, faite dix-neuf jours après la première, à la même distance du limbe, mais un peu plus en dedans, a complété l'occlusion de la déchirure, l'espace intermédiaire entre les deux cicatrices montrant une légère pigmentation. Le dessin exécuté douze jours après cette seconde intervention fait voir un reste de coagulum sur le bord périphérique de la cicatrice. La rétine est entièrement rappliquée, avec retour de la coloration normale, à l'exception d'un minime trouble jaunâtre au voisinage des cicatrices.
Notes cliniques. — M. B., 49 ans. O. D. perdu par ancien décollement. Dans l'état illustré par la fig. A, la vision était réduite à la numération des doigts à un mètre. Après un repos de deux jours en position déchve, la poche du décollement s'est un peu déprimée et l'on procède à la première thermoponction. Dans l'état de la fig. B, l'acuité centrale est déjà remontée à 1/3, avec sphér. — 14 D. La seconde thermoponction fut faite le 16 octobre 1931, en présence du D^ Mawas de Paris. En mai 1934, le D'' SchertUn, de Ravensburg, m'écrit que l'opéré va toujours bien.
Remarque. — En présence d'une déchirure de ce genre, la tendance actuelle serait de procéder par électro-coagulation. Je ne crois pas que la guérison en eût été mieux assurée que par le traitement ci-dessus décrit et qui n'exigea, au total, que 33 jours de traitement. Il y avait cependant un écueil à éviter ici : c'était de pénétrer avec le thermocautère au travers de la déchirure sans en intéresser les bords, ce qui m'est arrivé une fois et nécessita de recommencer l'intervention.
J. GONIN
TAB. XXX
TAB. XXXI