‹ Le dédale, pièce en cinq actes, en prose. Représentée pour la première fois sur la scène du Théatre-Français, le 19 décembre 1903Chapitre 100 sur 130 · ACTE IV, SCÈNE VIII 2O · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VIII 2O

GUILLAUME

Devant votre mine de suppliciée, je m'arrête. Si votre retour a été hâté par quelque goujaterie dont vous répugnez à vous plaindre, ajournons ce sujet... (S'efforçant à sourire.) Le principal, c'est que vous êtes à l'abri des influences, des tentatives même, qui vous auront révolutionnée... Votre nervosité, comme vous dites, n'a plus de raisons d'être... Sinon, quoi? Que voudriez-vous que je

suppose?... (Avec une angoisse qui tâche de plaisanter.) VouS

seriez alors revenue à regret? à contre-cœur? uniquement rappelée auprès de moi par le devoir} Vous seriez inconsolable de ne plus être la châtelaine de là-bas?... Vous ne m'aimeriez plus?

MARIANNE

Mon sentiment pour vous, Guillaume, n'a jamais été si profond qu'en ce moment!

GUILLAUME

Ah! ma chère femme, voilà une assurance qui me fait du bien. Et j'en avais besoin!... Fort de cela, je me charge à présent de dissiper les fan-

tomes que vous auriez encore dans Timagination!... Vos parents s'offraient à prendre soin de vous quelque temps. Mais, pour choyer votre âme, personne ne s'emploiera aussi tendrement que moi, votre mari, moi, votre amoureux...

MARI AN NE, reprise d'une autre épouvante.

Vous n'allez pas m' emmener?

GUILLAUME

Je vais t'emporter chez nous!...

MARIANNE

Oh! Guillaume!

Chez nous ! Devines-tu ce que ces deux mots t'expriment d'impatience dévorée, de dcsi fou!...

MARIANNE, le voyant avancer.

Que voulez-vous?

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