ACTE IV, SCÈNE VIII 20f
GUILLAUME, avec violence.
Ah!... L'idée de ces choses m'avait déjà traversé l'esprit, tandis que vous étiez abandonnée à vous-même dans des conditions si anormales!... Oh! saisissez bien : vous êtes de celles dont on ne suspecte pas les actions !... Mais je vous voyais, — quelle que fût la dignité de manières qui vous enveloppât, — je vous voyais subir ce regard que jettent les hommes sur les femmes qui ont été à eux... Tenez : il y a six ou sept mois, un soir, au théâtre, — vous ne vous en êtes pas aperçue, — M. de Pogis était dans une baignoire. Mes yeux rencontrèrent les siens, quand il venait de les promener sur vous. Je ne peux pas exprimer la sensation que j'éprouvai!... Sachez seulement que, bien des fois depuis deux semaines, je me suis représenté les mêmes yeux de l'individu se posant de nouveau sur votre personne, avec la connaissance qu'ils en ont gardée. Et mes jalousies de votre premier mariage me remontant au cerveau, je voyais... Je voyais rouge!...
MARIANNE, épouvantée.
Ah! oui!
GUILLAUME
Au fait, vous êtes partie de là-bas plus tôt que vous ne l'aviez annoncé. Pourquoi cette précipitation? Était-ce pour vous soustraire à de trop graves importunités?
MARIANNE
Je n'ai pas dit cela!
GUILLAUME
Vous avez promis de répondre à tout.
MARIANNE, à bout de forces.
J'ai trop répondu. Vous poussez l'interrogatoire jusqu'à un point où c'est de la torture... Oh! voyons! N'interprétez pas mal ce que je veux dire!... Cela signifie que je suis femme, que j'ai un excès de nervosité. Il me prend des frémissements, une révolte, à vous sentir fouiller ainsi mes impressions les plus secrètes et vouloir les mettre à nu!... Ne me questionnez pas davantage. Finissez-en!... Laissez-moi!