ACTE I, SCÈNE V
avec une prédilection visible. D'après tout cela, je ne me serais, sans cloute, rien encore formulé moi-même. Mais le jour où Ton est venu me dire quelque chose...
MARIANNE
Tu ne fais que d'arriver. C'est donc de ta villégiature que tu rapportes un propos contre moi? De qui le tiens-tu?
PAULETTE
Ce n'est point de ton mari... de Max, veux-je dire. Nous n'avons, d'ailleurs, plus aucune relation avec M. de Pogis. Hubert et lui se saluent, lorsqu'ils se croisent; ce qui est inévitable entre gens si voisins...
MARIANNE
Et elle?... Tu l'as rencontrée dernièrement?
PAULETTE
Je l'ai pu dévisager une fois sans qu'elle s'en aperçût. Elle a maigri. Ses yeux se sont creusés, mais ils n'en sont que plus impressionnants...
MARIANNE
Laissons cette gueuse !... Qu'est-ce qui t'a parlé de moi?
PAULETTE
La mère de Max. J'ai continué à la voir. Elle est bien innocente, et je la sais bien malheureuse de ce que son fils a été envers toi.
MARIANNE
Alors, comment se permet-elle sur moi des diffamations?
PAULETTE
Oh! la pauvre femme! Elle se défendait de tout jugement à ton préjudice. Elle me chargeait de te mettre en garde contre la médisance, dans Tintérêt de son petit-fils comme dans le tien. Il n'entrait que de la bonté dans ses recommandations.
MARIANNE
N'importe! Cette démarche contient pour