ACTE II, SCÈNE II
HUBERT
Eh non ! Je vous expose un concours de fata lités... Certain jour, ma femme a été informée d'une frasque de ma part, presque involontaire, sans préméditation ni lendemain. Là-dessus, je n'ai pas été admis à pallier mon tort, à faire amende honorable. Paulette a poussé au tragique un épisode de vaudeville. Elle s'est jetée sur le motif que je lui avais fourni. Et, aussitôt, elle m'a signifié qu'elle établissait entre nous un éloignement du genre le plus regrettable!... Je suis absolument navré... Si j'étais fat, je goûterais peut-être une flatterie à ce que ma femme, dans un ménage qui ne date pas d'hier, me prouve, de la sorte, par ses nerfs, combien elle est demeurée amoureuse de moi...
MARIANNE, avec bonhomie.
En effet, elle vous donne une preuve...
HUBERT, simplement, sincèrement.
Oui, mais je n'ai pas de fatuité!
yO LE DÉDALE
MARIANNE
Mon pauvre ami, que puis-je faire à ce qui est?
HUBERT
Paulette attache beaucoup de prix à votre jugement. Assurez-la que je ne suis pas impardonnable. Vous savez bien qu'au fond de moi, sous le parisien frivole et désœuvré, il y a un homme qui se dévouerait, au premier signe, pour sa femme, pour son enfant... Quand je sors d'ici, j'y laisse, je vous jure, tout mon cceurl... C'est à force d'être trop heureux chez soi que l'on veut parfois, au dehors, poursuivre l'amusement, qui est le superflu du bonheur...
MARIANNE
N'insistez plus. J'ai compris : pour de longs mois, vous allez être à cinq heures, en express, de tout superflu. Un sage parle aujourd'hui par votre bouche, ne demandant plus aux dieux que le nécessaire!