‹ Le dédale, pièce en cinq actes, en prose. Représentée pour la première fois sur la scène du Théatre-Français, le 19 décembre 1903Chapitre 4 sur 130 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

liberté, personne n'eut plus ici à rêver de son retour. Il s'est remarié, depuis plusieurs mois déjà, donnant ainsi à sa maîtresse le nom sous lequel Marianne a continué de vivre chez nous... Mais, laissons cela. Je ne suis entré dans ces détails que pour vous expliquer comme quoi ma femme, à aucune époque, n'a transigé sur la question du divorce. Et je doute qu'elle transige jamais... Vous savez, d'ailleurs, que par sa naissance elle est d'une autre race que moi. Elle a reçu, au couvent, l'éducation des filles nobles. Tout semblait même incompatible entre nous : elle était pauvre; moi j'étais roturier. Mais l'amour vint et se chargea de nous assortir.

GUILLAUME

Cependant, vous n'avez pas abdiqué vos idées personnelles? Vous, n'est-ce pas, le divorce ne vous choque en rien ?

Oh ! moi, j'ai employé ma carrière de magistrat à commander le respect de la loi. J'ai tou-

jours traité en bons citoyens ceux qui l'observaient. J'ai condamné les autres. Aujourd'hui qu'il s'agit, à mon foyer, d'un moyen que la loi consacre, je désavouerais ma vie, je me renierais moi-même, si je disais à ma fille : ce Le divorce est légal; mais la loi de ton pays ne signifie rien! »

GUILLAUME

Par conséquent, je peux compter sur vous pour faire sentir auprès de votre fille, auprès de votre femme, le poids de votre conseil et de votre autorité?

VILARD-DUVAL

Oui! Je m'inquiète d'assurer, pour l'avenir, à Marianne, un compagnon de votre sûreté. Quand ma femme et moi, les vieux, nous nous serons en allés, je veux penser que notre fille ne se trouvera pas seule au monde, avec un garçon qui, peut-être, aura la mauvaise tête du père... Marianne, sans être encore intervenue, connaît par moi l'insuccès de mon effort d'hier soir. Vous

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