‹ Le dédale, pièce en cinq actes, en prose. Représentée pour la première fois sur la scène du Théatre-Français, le 19 décembre 1903Chapitre 41 sur 130 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

d'en triompher autrement que par le mariage, où il promet sa vie et donne son nom!

PAULETTE

Songe à ce que les réalités de l'amour ont de trop prosaïque... Eh bien! une femme en perd la notion avec ce complice près de qui elle palpite de peur et de témérité, pendant que lui la grise de protestations et de remerciements... Mais un mari!... qui s'attribue de vous avoir conquise, une fois pour toutes !

MARIANNE

Sans ce titre de mari, tout individu qui me voudrait approcher me ferait l'effet d'un fou, d'un satyre... Mais, par la magie de ce mot : mon mari! je sens ne plus avoir, en face d'un être qui s'appelle ainsi, ni restriction, ni personnalité. Je me confonds en lui!

PAULETTE

Je suis, je t'assure, très bonne amie du mien. Mais je ne me résigne pas à ce que les privautés sur ma personnç soient une de ses occupations

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bourgeoises. Et encore de celles qui ne commandent pas d'être aimables!... Non, vois-tu, l'habitude conjugale et ses facilités convenues sont ce qui fait le plus ressembler notre espèce aux bêtes, par l'absence de paroles!

MARIANNE

Ce qui me semble nous ramener vers les animaux, c'est d'ignorer les devoirs, c'est de s'abandonner à des relations plus ou moins passagères, c'est de vouloir être séduite par des compliments et de se donner ainsi pour du sucre!... 11 est clair que nous avons deux façons de sentir. Nous ne pourrons jamais nous entendre.

PAULETTE

Qui sait? Nous sommes femmes. Nous devons être plus pareilles que nous ne le pensons. (Entre

un domestique.) Qu V a-t-il?

LE DOMESTI Q U E , présentant une lettre.

Un valet de pied attend.

PAULETTE

Il me semble connaître cette écriture... (Ayant de-

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