ACTE II, SCÈNE IX W
MAX
Je ne puis éviter pourtant le fond même de la question. Vous allez me comprendre : quelle que fût ma misère d'être à peu près privé d'un fils qu'aujourd'hui j'adore, il était possible que j'acceptasse toujours en silence cette expiation. Mais il vous fallait, pour cela, me dominer de très haut par le caractère. J'aurais peut-être indéfiniment agenouillé mon remords devant votre image, à condition de me la représenter dans sa rancune farouche, dans son mépris inaccessible. Il ne fallait pas me faire vous apercevoir, telle que vous êtes à présent, associée à un autre homme !
MADAME DE POGIS
Mon fils, ne continue pas ainsi!
MARIANNE
Au nom de quel sentiment me parlez-vous?
MADAME DE POGIS, suppliante.
Marianne!
lO.
MARIANNE
Quelle est donc votre tyrannie? Ai-je blessé votre orgueil et me poursuivez-vous de votre haine?
MAX
Non, je ne vous hais pas!
MARIANNE
Que venez-vous de m'attester pourtant? C'est la vengeance qui vous fait me disputer mon enfant?
MAX
>y Je ne le dispute pas à vous, mais à votre second
mari que, lui, je hais!
MARIANNE, bouleversée de ce grondement de jalousie.
Ah!
MAX
Celui-là, je ne veux pas retrouver sa trace de tous les instants dans les propos, dans les pro-