‹ Le dédale, pièce en cinq actes, en prose. Représentée pour la première fois sur la scène du Théatre-Français, le 19 décembre 1903Chapitre 54 sur 130 · ACTE II, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IX

jets, dans les petits raisonnements de mon fils. Je ne veux plus que cette cervelle encore si malléable soit librement pétrie par un étranger, un amateur, qui s'adonne au pouvoir paternel comm.e à un art d'agrément!

MADAME DE POGIS

Oh! Max!

MARIANNE

La malveillance vous égare. Votre grief ne se fonde là sur rien d'exact.

MAX

Je n'ai jamais cherché à savoir quoi que ce soit de ce qui se passe chez vous. J'ai détourné les bavardages de l'enfant chaque fois qu'il allait me faire entrevoir le tête-à-tête de votre table, auquel il s'ajoute en troisième, ingénument, gaiement, légalement. C'est malgré moi, l'autre jour, que, par une brusque phrase, il m'a jeté une angoisse dans l'esprit. Il m'a entraîné à des questions. Et, de cet instant-là, mon parti d'intervenir a été pris.

Il6 LE DÉDALE

MADAME DE POGI S, à Marianne.

Je vous ai dit qu'il y avait eu quelque incident ignoré de moi.

MARIANNE

Les choses qui m'entourent sont aujourd'hui ce qu'elles étaient hier. De quelle fausse interprétation avons-nous à souffrir? Qu'avez-vous supposé? Quoi?

MAX

Notre fils va sur ses treize ans. Quelqu'un lui a suggéré que, dès la quinzième année, l'École de marine s'ouvre aux jeunes gens. Et on lui a mis en tête de s'y préparer.

Marin!... Avec sa frêle poitrine!...

MADAME DE POGIS

Le pauvre mignon !

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