ACTE II, SCÈNE IX
jets, dans les petits raisonnements de mon fils. Je ne veux plus que cette cervelle encore si malléable soit librement pétrie par un étranger, un amateur, qui s'adonne au pouvoir paternel comm.e à un art d'agrément!
MADAME DE POGIS
Oh! Max!
MARIANNE
La malveillance vous égare. Votre grief ne se fonde là sur rien d'exact.
MAX
Je n'ai jamais cherché à savoir quoi que ce soit de ce qui se passe chez vous. J'ai détourné les bavardages de l'enfant chaque fois qu'il allait me faire entrevoir le tête-à-tête de votre table, auquel il s'ajoute en troisième, ingénument, gaiement, légalement. C'est malgré moi, l'autre jour, que, par une brusque phrase, il m'a jeté une angoisse dans l'esprit. Il m'a entraîné à des questions. Et, de cet instant-là, mon parti d'intervenir a été pris.
Il6 LE DÉDALE
MADAME DE POGI S, à Marianne.
Je vous ai dit qu'il y avait eu quelque incident ignoré de moi.
MARIANNE
Les choses qui m'entourent sont aujourd'hui ce qu'elles étaient hier. De quelle fausse interprétation avons-nous à souffrir? Qu'avez-vous supposé? Quoi?
MAX
Notre fils va sur ses treize ans. Quelqu'un lui a suggéré que, dès la quinzième année, l'École de marine s'ouvre aux jeunes gens. Et on lui a mis en tête de s'y préparer.
Marin!... Avec sa frêle poitrine!...
MADAME DE POGIS
Le pauvre mignon !