‹ Le dédale, pièce en cinq actes, en prose. Représentée pour la première fois sur la scène du Théatre-Français, le 19 décembre 1903Chapitre 57 sur 130 · ACTE II, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IX

ce jour, il m'a été confié, je me suis souvenu, chaque fois, d'un désir que vous aviez exprimé à l'époque où il balbutiait encore. Et c'est pour donner suite à cette ancienne pensée de vous que j'ai guidé son jeune esprit, tour à tour, vers les musées, les concerts, les spectacles de poésie... Vous ne vous rappellerez peut-être pas ce dont je veux parler: nous faisions de la musique ensemble. Vous chantiez. Notre fils s'est dressé sur des coussins. Les sons de Tharmonie faisaient tant jaser son inconscience, un tel enchantement éclaira son regard si vague encore, qu'alors, comme un souhait de fée, vous décidâtes que l nous le rendrions artiste à nous deux...

MARIANNE

Oui, je revois...

MAX

C'était il y a longtemps, dans ce même château de Nérange, où je vous demande à présent de pouvoir un peu le ramener...

MARIANNE

Eh bien! il sera fait selon votre vœu... L'enfant est ici... Je vais vous l'envoyer. Vous lui annoncerez vous-même son prochain voyage.

MADAME DE POGIS

Merci, Marianne!

(Cette dernière va pour sortir.)

MAX, l'arrêtant.

Encore un instant : dites-moi qu'en me cédant vous n'avez plus l'impression qu'à cette heure il vous soit fait en rien violence.

MARIANNE

J'ai un bien-être du consentement que je vous laisse. Je vous quitte, soulagée dans l'opinion que j'avais de vous. Vous êtes, à mes yeux, redevenu vraiment le père de notre fils.

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