ACTE II, SCÈNE IX II
MARIANNE
Sans doute!... Il serait ravi d'être transporté près de la Charmeraye, que son petit cousin aura gagnée ce soir... Mais il me faudrait avoir prévu cette séparation d'avec lui! J'aurais besoin de m'accoutumer, longtemps d'avance, à pareil temps de tristesse pour moi et d'anxiétés perpétuelles...
MADAME DE POGIS
A côté de son père et de moi, que voudriezvous qu'il lui arrivât?
MARIANNE
Eh! que sais-je! N'ayant jamais quitté cet enfant, je ne pourrai pas le voir, une première fois, partir sans tomber dans toutes les exagérations, sans imaginer que je le perds...
MAX
Il VOUS sera rendu avec des sentiments pour vous plus attachés encore. Je ne machine pas de
substituer près de lui mon influence à la vôtre... Quand je prends son front dans mes mains, je m'applique à déchiffrer le peu qu'il a de moi : le menton, les pommettes, les quelques duretés du visage. Et puis je lis tout ce qu'il a de vous, pour sa coquetterie future : le reflet changeant des prunelles, la finesse bouclée des cheveux, les narines cambrées, l'arc de votre bouche...
MARIANNE
De grâce!...
MAX
C'était pour vous dire que je rêve de l'élever à notre ressemblance, à vous et à moi, dans la proportion où chacun de nous lui a marqué ses traits.
MARIANNE
Puissions-nous ne point lui avoir transmis le signe dos bonheurs qui ne se gardent pas!
MAX
Écoutez. Pendant les courtes heures où, jusqu'à