‹ Le dédale, pièce en cinq actes, en prose. Représentée pour la première fois sur la scène du Théatre-Français, le 19 décembre 1903Chapitre 56 sur 130 · ACTE II, SCÈNE IX II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IX II

MARIANNE

Sans doute!... Il serait ravi d'être transporté près de la Charmeraye, que son petit cousin aura gagnée ce soir... Mais il me faudrait avoir prévu cette séparation d'avec lui! J'aurais besoin de m'accoutumer, longtemps d'avance, à pareil temps de tristesse pour moi et d'anxiétés perpétuelles...

MADAME DE POGIS

A côté de son père et de moi, que voudriezvous qu'il lui arrivât?

MARIANNE

Eh! que sais-je! N'ayant jamais quitté cet enfant, je ne pourrai pas le voir, une première fois, partir sans tomber dans toutes les exagérations, sans imaginer que je le perds...

MAX

Il VOUS sera rendu avec des sentiments pour vous plus attachés encore. Je ne machine pas de

substituer près de lui mon influence à la vôtre... Quand je prends son front dans mes mains, je m'applique à déchiffrer le peu qu'il a de moi : le menton, les pommettes, les quelques duretés du visage. Et puis je lis tout ce qu'il a de vous, pour sa coquetterie future : le reflet changeant des prunelles, la finesse bouclée des cheveux, les narines cambrées, l'arc de votre bouche...

MARIANNE

De grâce!...

MAX

C'était pour vous dire que je rêve de l'élever à notre ressemblance, à vous et à moi, dans la proportion où chacun de nous lui a marqué ses traits.

MARIANNE

Puissions-nous ne point lui avoir transmis le signe dos bonheurs qui ne se gardent pas!

MAX

Écoutez. Pendant les courtes heures où, jusqu'à

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