ACTE III, SCÈNE II I3I
VOUS un motif que vous ne me faites pas connaître?
MARIANNE
Non. Je n'en dissimule aucun... Lequel?
MADAME DE POGIS
Peut-être refusez-vous d'occuper la chambre où nous sommes, parce qu'elle a jadis été la vôtre?
MARIANNE
Pourquoi rappeler cela?
MADAME DE POGIS
Pour VOUS dire qu'en la faisant aménager comme la plus voisine de notre petit malade, je le pouvais sans profanation à votre égard. Personne, vous entendez, personne n'a jamais habité cette pièce, depuis la date où vous en êtes sorde. On l'avait fermée aux gens. Elle n'appartenait plus qu'au silence, à la solitude, aux objets laissés.
MARIANNE
Il suffit, madame!... Veuillez croire que je m'arrangerais aussi bien de rester ici qu'ailleurs, si je restais... Mais je n'ai plus de raison pour ne pas reprendre ma place où elle est : chez mon
mari. (Elle a une défaillance.)
MADAME DE P O G I S , lui donnant aide.
Ah! Seigneur! Elle s'évanouit!...
LE DOCTEUR, prêtant main-forte.
Elle se soutient encore... Faites-lui respirer ce
flacon de sels... (Madame de Pogis va quérir l'objet sur
un guéridon.) Ça ne va être rien, pour cette fois.
MADAME DE POGIS, au docteur.
Comprenez-vous qu'elle voulait partir, ce soii même!
LE DOCTEUR, â Marianne qui s'est ranimée.
Madame, vous constatez vous-même qu'il serait insensé, immédiatement, de vous surmener