ACTE III, SCÈNE II
davantage. Vous êtes à bout de forces. A la première détente de vos nerfs, vous risquez reffondrement de votre personne physique et morale. J'ai le devoir de vous commander du repos!
MARIANNE
Je sens bien que, malgré moi, il me faut vous obéir. Je ne partirai que demain matin... Mais je n'ai fait aucun courrier aujourd'hui, ayant différé jusqu'à votre visite. Je tiendrais, du moins, à prévenir chez moi de l'heure à laquelle j'arriverai.
MADAME DE POGIS
Il est trop tard pour le télégraphe. Le bureau est fermé.
lE DOCTEUR
Je puis, en rentrant chez moi, poser un mot dans la boîte de la gare. (A Marianne.) Cela parviendra par le train que vous songiez à prendre.
MARIANNE
Dans un instant, j'aurai écrit.
(Elle se met au bureau, consulte l'indicateur, et fait sa lettre.)
LE DOCTEUR, à madame de Pogis.
Ce n'est plus la peine de veiller. Il n'y aurait qu'à regarder dormir l'enfant... Néanmoins, si, par hasard, il ouvrait les yeux et qu'il y eût quelqu'un là, on pourrait lui donner encore une cuillerée de potion.
MADAME DE POGIS
Nous sommes portés aux excès de précautions. Il est convenu, avec Max, de nous relayer tous les deux. Je vais aller faire un petit somme, pendant qu'il s'établira de garde, pour la première moitié de la nuit.
LE DOCTEUR
A merveille.
MADAME DE POGIS
Votre ordonnance est terminée?
LE DOCTEUR
Oui, madame, elle est là.
(Madame de Pogis va prendre connaissance du libellé.)